1850 Trois grandes figures victorieuses (1)
Embarquement de Napoléon 1er sur le Bellerophon devant l'Île-d'Aix 15 juillet 1815
Lors de l’époque victorienne trois joueurs symbolisaient les valeurs de la première puissance mondiale; l’esprit d’aventure (Evans), l’audace (Cochrane) et le génie inventif (Buckle). Par Georges Bertola.

1850 TROIS GRANDES FIGURES VICTORIEUSES (1)

Lors de l’époque victorienne, qui correspond au sommet de la puissance britannique, trois grands joueurs symbolisaient les valeurs de la première puissance mondiale et ceci non seulement sur le plan échiquéen; l’esprit d’aventure (le capitaine Evans), l’audace (Cochrane) et le génie inventif (Buckle).

Le Capitaine Evans dans le British Chess Magazine 1928

LE CAPITAINE WILLIAM DAVIES EVANS 1790-1872

C’est à un officier de marine gallois que l’on doit une des découvertes les plus importantes de la théorie des ouvertures au XIX siècle.

C’est par une belle journée de 1824, alors qu’il naviguait quelque peu libéré du commandement de son navire qui assurait le service postal entre le port de Milford Haven et la ville irlandaise de Waterford, que le capitaine Evans put s’adonner à l’étude de son jeu favori et qu’il imagina un gambit révolutionnaire. L’idée lui vint alors qu’il consultait le nouveau traité de J.H. Sarratt, publié peu après la mort de son auteur en 1821. Absorbé par l’étude du Giuoco Piano, il approfondit quelques variantes en sacrifiant un pion pour conquérir le centre et accélérer le développement avec une mobilisation rapide des pièces.

Londres 1850
Les quais de Waterford en Irlande

Il put expérimenter avec succès cette idée géniale, peu après, contre un des plus forts joueurs de l’époque, l’Ecossais Alexander Mac Donnell (1798-1835). La date exacte de cette partie fait toujours l’objet d’un débat mais l’une des références est « Eminent Victorian Chess Players Ten Biographies » (McFarland 2011) de Tim Harding qui la situe en 1825. C’est en septembre 1825 que le capitaine Evans se rendit à Londres et il est fort probable qu’il était impatient d’essayer cette idée contre un expert renommé de la capitale.

Evans,William Davies - McDonnell,Alexander
London, 1826
Gambit Evans [C52]

 

1.e4 e5 2.f3 c6 3.c4 c5 4.0–0 d6 5.b4!?

Cette partie fut publiée la première fois dans le traité de Lewis « Fifty Games at Chess » en 1832 (la 34ème partie mais les noms des joueurs n’apparaissent pas)]

 

5...xb4 6.c3 a5 7.d4 g4
Une position retenue par la théorie à l’aube du 21ème siècle.

 

8.b3 d7?
Après 8…Fxf3! les noirs ont des ressources.

 

9.g5
Intéressant 9.Fxf7! Dxf7 10.Dxb7 regagnant le matériel.

 

9...d8?
9…Ch6!? était meilleur.

 

10.dxe5 dxe5 11.a3 h6?! 12.f3 b6+ 13.h1 h5?
« Assez incompréhensible de la part d’un joueur de la force de MacDonnell. » selon Bird qui proposait 13...e6 mais c’était aussi insuffisant après 14.d1 xc4 15.xd7 xb3 16.e7+ f8 17.xf7+ e8 18.e7+ f8 19.xe5++–

 

14.d1 c8

15.xd8+
Plus expéditif était 15.b5+ c6 (15...c6 16.xe5+) 16.d5+–

 

15...xd8
Si 15...xd8 16.e6+!+–

 

16.xf7! h4??
Impératif était 16...f6! 17.a4+ c6 18.d6+ d7 19.xb7 xf3 20.d2 xg2+ 21.xg2 g4 (Harding) avec une situation incertaine.

 

17.b5+ c6 18.xe5+ d7 19.e6+ c7 20.d6# 1–0

Partie publiée la première fois dans le traité de Lewis « Fifty Games at Chess » en 1832.

Au XIX siècle l’information et les idées nouvelles se répandaient à un rythme sans comparaison avec ce que nous vivons aujourd’hui. Il fallut près d’une dizaine d’années pour que le gambit Evans devienne une arme reconnue au plus haut niveau. En 1834, les protagonistes du match La Bourdonnais-Mac Donnell en firent usage à 22 reprises!

Les premières analyses parurent dans un traité publié par William Lewis (1787-1870) en 1832 « A Second Series of Lessons on the Game of Chess » basées sur des notes du capitaine Evans. Ce dernier était considéré comme un bon joueur mais nettement au-dessous de Lewis ou Mac Donnell.

En 1828, le capitaine Evans joua trois parties contre Mac Donnell qui lui rendait le cavalier dame en conduisant les blancs, dont un gambit Evans, mais l’Ecossais s’était surestimé car il les perdit toutes.

La notoriété du capitaine allait croissante et, pendant l’été 1838, il eut l’opportunité de faire de nombreuses parties contre Staunton au Westminster Chess Club :

« Durant la semaine dernière un long match, qui opposait le secrétaire du club, M. Staunton au capitaine Evans, le célèbre inventeur du brillant gambit, a provoqué un intérêt considérable. » (Source : Bell’s Life in London juin 1838)

Malheureusement, il ne reste rien ou presque de cette rencontre si ce n’est une partie supposée avoir été jouée par les deux hommes car mentionnée sans aucun nom, une habitude à cette époque ! (Source : Eminent Victorian Chess Players Ten Biographies, T. Harding, McFarland 2011)

Evans,William - Staunton,Howard
Londres, 1838

Gambit Evans [C52]

 

1.e4 e5 2.f3 c6 3.c4 c5 4.b4 xb4 5.c3 a5 6.0–0 f6 7.d4 0–0 8.a3 e7?!
La théorie recommande 8…d6


9.dxe5 xe4 10.d4 d5 11.xe7 xe7 12.xd5 c5 13.d4 e6 14.bd2 ad8 15.f4 xc3 16.ad1 xd2 17.xd2 xc4 18.xd8 xd8 19.xc4 d3 20.d1 b2 21.xd8+ xd8 22.c1 d1+ 23.xd1 xd1 24.d4 c3 25.a3 f8 26.f1 c5

27.e2? xe2 28.xe2 e7
Les noirs ont une position totalement gagnante.

 

29.d3 e6 30.f4 b5 31.e4 f5+?
Compromet le gain comme pointé par Walker en facilitant la création d’un pion passé.

 

32.d3 d5 33.c3 a5 34.d3 b4 35.axb4 axb4 36.c2 c4 37.b2 c5 38.c2 b3+ 39.b2 b4 40.e6 c3+ 41.c1 a3 42.e7 b2+ et la nulle fut conclue.  ½–½ 


L’année suivante, le capitaine Evans affronta au Westminster Club un joueur très solide, Frederick Lokes Slous (1802-1892) et 5 parties furent publiées, toutes perdues par Evans. Le voici confronté à son propre gambit :
 

Slous,Frederick Lokes - Evans,William
Londres, 1939

Gambit Evans [C52]

 

1.e4 e5 2.f3 c6 3.c4 c5 4.b4 xb4 5.0–0 d6 6.c3 c5 7.d4 exd4 8.cxd4 b6 9.b2 g4 10.b5!?

Recommandé est 10.d5 e5 11.b5+ f8 12.bd2 avec un léger avantage blanc.

10...d7?
A considérer 10…a6 ou 10…Rf8.

 

11.d5 e5 12.xd7+ xd7 13.xe5
Très fort était 13.xe5 dxe5 14.xe5 suivi de 15.Da4.

 

13...dxe5 14.xe5 f6 15.g3 e7 16.c3 0–0 17.a4 a6? 18.d6!
Décisif car si 18…cxd6 19.Db3 +–

 

18...g6 19.d5 e5 20.a5 c5 21.dxc7 h8 22.h1 ac8 23.f4 c6 24.c2 d6 25.fd1 d4 26.c4 b5 27.ab1 xc7 28.xc7 xc7 29.f5 c6

30.f4?
30.bc1 gagnait facilement.

 

30...c8?
30...a3 permettait de revenir dans la partie.

 

31.bc1 h6 32.f7 f8 33.b3 c8 34.e3 b6 35.axb6 xb6 36.xc5 xc5 37.xc5 xc5 38.d8+ h7 39.g8# 1–0

Saint-Amant

La place du capitaine Evans dans l’histoire des échecs est due principalement à son gambit car son jeu ou ses résultats sont ceux « d’un fort joueur bien qu’il n’ait jamais atteint les sommets de la hiérarchie » disait de lui Mongrédien. Sa force était toutefois assez difficile à juger car il n’a jamais participé à des compétitions officielles. Il faut noter, à son crédit, que Staunton le tenait en haute estime et le sollicita pour le seconder dans son match contre St-Amant en 1843 mais le capitaine déclina l’invitation.

Voici, l’une de ses victoires les plus prestigieuses.

 

Evans,William - Saint-Amant,Pierre Charles
Londres, 1843
Ouverture Lopez

 

1.e4 e5 2.c3 c5 3.f3 c6 4.c4 f6 5.d4 cxd4 6.g5 d5 7.exd5 xd5

8.xf7
Un sacrifice aventureux similaire à celui de la défense des deux cavaliers dans le Giuoco Piano.

8...xf7 9.f3+ e6 10.0–0 a5 11.g5 d6?
Meilleur 11…Dd7 pour laisser la case d6 disponible pour le roi.

12.g4

12...d7
Plus fort 12...c6! 13.d3 f6–+

13.d3 f7 14.f5+ d6 15.cxd4 xf5 16.dxe5+ xe5??
16...e6! 17.d1 b4 avec des complications favorables aux noirs.

17.gxf5 c6 18.e1+ d6 19.e6+ c5? 20.e3+ xe3 21.xe3+ b5 22.d3+ b6 23.b3+ c7 24.xc6+ 1-0


Son legs vis-à-vis de la postérité est son gambit que la plupart des meilleurs joueurs du XIX siècle ; Morphy, Anderssen, Steinitz, Zukertort et Tchigorine ont adopté.

« Il y a des Maîtres qui ont dépensé plus de temps et de travail sur le Gambit Evans qu’il ne faut pour entrer à l’Ecole polytechnique. C’est tout un monde de combinaisons. » La Stratégie 1873

Au XXème siècle, plus sporadiquement, Kasparov, Morozevich, Shirov et Short l’ont utilisé avec succès comme arme surprise.

Ce sacrifice de pion reste intéressant et, malgré la puissance des ordinateurs, à ce jour il n’existe aucune véritable réfutation car, contrairement aux apparences, il est fondé sur des critères essentiellement positionnels.

Pour conclure, une miniature impressionnante du XI champion du monde face à un des meilleurs Américains de la première moitié du XX siècle.


Fischer,Robert James - Fine,Reuben
New York, 1963

Gambit Evans [C52]

1.e4 e5 2.f3 c6 3.c4 c5 4.b4 xb4 5.c3 a5 6.d4 exd4 7.0–0 dxc3 8.b3 e7 9.xc3 f6?
A la fin du XIXème siècle, la théorie recommandait 9...b4 10.xf7+ d8 11.g5+ ge7

10.d5! xd5 11.exd5 e5 12.xe5 xe5 13.b2 g5 14.h4! xh4 15.xg7 g8 16.fe1+ d8 17.g3! 1–0

JOHN COCHRANE 1798-1878

John Cochrane était originaire d’une vieille famille de l’aristocratie écossaise. Elle comptait parmi ses membres le Comte de Dundonald, Thomas Cochrane, dixième du nom, célèbre pour ses hauts faits d’armes dans la marine britannique et ses aventures militaires en Amérique du Sud.

A son tour le jeune Cochrane, sans doute fasciné par les exploits de son oncle, servit comme aspirant sur le « Bellerophon », un navire de guerre équipé de 74 canons qui conduisit Napoléon Bonaparte en exil sur l’île de Sainte Hélène, ce qui devait être sa dernière demeure.

La guerre terminée Cochrane entreprit des études de droit et devint membre du barreau. C’est à peu près à cette époque qu’il commença à s’adonner avec passion aux échecs. En 1821, il se rendit à Paris en compagnie de Lewis où il se mesura sans trop de succès aux héros parisiens, Deschapelles et La Bourdonnais.

Voici une de ses rares victoires qui illustre que l’attaque de mat était son principal objectif et son style allait rapidement symboliser celui de l’époque romantique, peu avare en gambit ou autres sacrifices de pièces. C’est aussi une des seules parties publiées de Deschapelles jouée sans handicap, soit généralement le trait et le pion f7.

 

Cochrane,James - Deschapelles,Alexandre
Paris, 1821
Gambit Ecossais
[C44]

 

1.e4 e5 2.f3 c6 3.d4 exd4 4.c4 c5 5.g5? e5? 6.xf7+ xf7 7.xf7 b4+ 8.c3 dxc3 9.bxc3 xc3+? 10.xc3 xf7 11.d5+ f8 12.a3+ d6 13.e5 g5 14.exd6 xd5 15.dxc7+ f7 16.xd5 d7 17.0–0 c8 18.d6 e6 19.g3 c6 20.ad1 xd5 21.fe1+ f6 22.xd5

22...h6 23.a5?! f5 24.c5 xg3 25.hxg3 f7 26.d1 he8 27.d6 e7 28.f5+ e8 29.d8+ xd8 30.f8+! xf8 31.cxd8+ 1–0
 

Une des raisons de Deschapelles de ne jouer que des parties à avantages, généralement de céder le trait et le pion f7, ou même deux coups et le pion f7, est qu’il avait étudié spécialement ce genre d’ouverture. Sa connaissance compensait largement le pion et le trait au début du XIX siècle lorsqu’il était généralement confronté à des joueurs à la technique encore balbutiante. Cochrane était par contre un adversaire d’une autre trempe !

En 1822, Cochrane publia « A Treatise on the Game of Chess », largement inspiré du « Traité des Amateurs » et de Lolli avec quelques contributions personnelles.

Plusieurs chapitres sont consacrés aux parties avec handicap et, lorsqu’il traite des parties à égalité de matériel, il se réfère à celles jouées par l’Anonyme de Modène, tirées de l’ouvrage de Lolli. Elles sont présentées sans autres commentaires pour que le lecteur puisse se faire une opinion sur la compétence de ce joueur par rapport à Philidor. « Pour ma part, je n’ai aucune hésitation à dire que la brillance et la précision dans le calcul qui se présentent dans les parties de l’Anonyme de Modène n’ont certainement jamais été dépassées, peut-être jamais été égalées. »

Le jeu positionnel, basé sur l’usage des pions au service des pièces, a été totalement ignoré par Cochrane. Il ne croyait qu’aux vertus de l’attaque conduite par les pièces et non aux possibilités de la contrer basées sur l’étude d’un jeu défensif construit sur une solide structure de pions.

Paris Opéra, Théâtre de l'Opéra 1794-1820

Une ouverture comme la défense Française lui semblait déjà un outrage pour saboter un duel d’hommes d’honneurs :

« Ce type d’ouverture a été inventé à l’origine par ceux qui ont peur d’affronter l’adversaire sur le terrain et qui se retirent derrière leurs pions, cherchant à fatiguer un adversaire qu’il n’aurait pu contenir dès le début dans un combat ouvert. » (Treatise of Game of Chess John Cochrane p.267)

Voici un exemple impressionnant où Cochrane s’imposa avec brio mais qui contribua, grâce aux centaines de parties qu’il disputa contre Staunton, à aiguiser le caractère défensif de ce dernier. Indirectement, il fut l’artisan de la victoire du champion anglais contre Saint-Amant.
 

Cochrane,John - Staunton,Howard
London m2, 1842

Contre gambit du centre [C40]

1.e4 e5 2.f3 d5 3.xe5 e7 4.d4 f6 5.c3!?

Un sacrifice de pièce pour 2 pions permettant d’accélérer le développement et exploiter ainsi la position centralisée du roi noir.

5...fxe5 6.xd5 f7 7.c4 e6 8.0–0 c6 9.f4!? cxd5 10.fxe5 d7

A considérer 10...c7!?

11.exd5 xd5 12.e6!

Un excellent sacrifice destiné à ouvrir la colonne e tout en dégageant la 5ème traverse.

12...c6
Si 12...xe6 13.e1 xc4 14.xe6+ xe6 15.e2! avec la menace 16.d5 +– 15...d7 (15...f7 16.f3++–) 16.b5++–

13.h5+ g6 14.xd5 e7?
Définitivement perdant, la lutte pouvait se poursuivre avec 14...xd5 15.xd5 c6 16.f4 mais la puissante paire de fous et 3 pions pour la pièce sacrifiée sont à l’avantage blanc.

15.e5! xc4 16.xh8 f5 17.h6 b4 18.xf8+ xf8 19.xf8 xf8 20.g4 1–0

Le sacrifice de pièce sur f7 fut un thème de prédilection pour Cochrane. Dans la défense Petroff, il l’expérimenta à de nombreuses reprises et la variante porte aujourd’hui son nom. Son adversaire habituel était le Brahmane du nom de Moheschunder Bonnerjee, fortement influencé par le fait que selon les règles indiennes, les pions n’avançaient que d’une case.

Cochrane,John - Moheschunder,Bonnerjee
Calcutta, 1848

Défense Petroff [C42]

1.e4 e5 2.f3 f6 3.xe5 d6 4.xf7 xf7 5.c4+?!
L’attaque Cochrane, beaucoup plus tard David Bronstein et les Soviétiques tenteront de ressusciter la variante en jouant le plus positionnel 5.d4.

5...e8
La réfutation passe par 5...d5! 6.b3
(6.exd5 d6 7.0–0 f8 8.d4 g8 Bisguier et le roi trouve refuge avec une pièce de plus qui vaut largement les pions.) 6...c5! 7.exd5 (7.d3 c6 8.c3 c4! 9.dxc4 dxe4 10.c5+ g6–+) 7...e8+ 8.e2 xe2+ 9.xe2 d6 GM Sakaev et les blancs n’ont pas de compensation suffisante pour la pièce.

6.0–0 c6 7.b3 a6 8.d4
L’idée de Cochrane était de construire un puissant centre de pions mobiles et de l’avancer pour tenter d’ouvrir les lignes et menacer le roi adverse resté au centre. Au contraire les noirs doivent chercher à le stabiliser ou le diviser.

8...g6 9.c4 e7 10.c3 d7 11.h3 b6 12.f4 b7 13.e3 d8 14.a4

Position jugée par Jusupov en 1999 « avec initiative blanche ».

14...h5 15.f3 f8 16.ad1 b4 17.e5 c7 18.f2 a6
« Un coup forcé » selon le seul commentaire de Staunton dans « Chess Praxis » (1860), alors que c’est au contraire un coup perdant.

19.d5 dxe5 20.d6+ xd6 21.xb6+ b8 22.c5 xf4 23.xd6 xd6 24.cxd6 xf2 25.d7 d2 26.f8+ c8 27.dxc8# 1–0

Le chroniqueur de l’époque, George Walker, écrivit à son propos :

« M. Cochrane est le plus brillant joueur avec qui j’ai eu l’honneur de me mesurer sur l’échiquier… Il est désolant que son très grand talent ait si souvent nui à ses succès. »

La trop grande prise de risque qui le caractérisait dans la recherche du coup brillant se faisait souvent au détriment de la correction et Staunton réussit peu à peu à réfuter ses attaques infondées. Il était évident que Staunton avait mieux perçu l’enseignement de Philidor car dans les positions fermées, il obtint des succès rapides.

Cochrane,John - Staunton,Howard
London m1, 1841

Défense Française [C02]

1.e4 e6 2.d4 d5 3.e5 c5 4.c3 c6 5.f4?! b6 6.f3 h6 7.d3 e7
Meilleur 7...cxd4 8.cxd4 d7 9.c2 b4 10.c3 xc2+ 11.xc2 f5 12.d3 h5 =+ GM Svesnikov

8.c2 0–0 9.0–0 f5 10.h1 d7 11.h3 ac8 12.a3 a5 13.g1?!

Dans cette bataille sur les ailes, Cochrane tente d’obtenir une attaque sur le roque noir mais il va être débordé sur l’aile dame. 13.dxc5 xc5 14.b4 est la recommandation du GM Svesnikov.

13...cxd4 14.cxd4 c7
Plus précis 14...e8 =+ pour activer le mauvais fou.

15.c3 a7 16.g4?! b5
M
ieux 16...b5 17.d2 xc3 18.bxc3 g6 =+ GM Svesnikov

17.gxf5?
Se précipitant pour ouvrir le jeu mais c’est le roi blanc qui va se retrouver plus exposé. 17.g5 f7 18.d3 = GM Svesnikov

17...b4??
Une erreur qui aurait pu être fatale. 17...xf5

18.fxe6?
Après 18.f6! xf6 19.exf6 xf6 20.axb4 axb4 21.e2 +– GM Svesnikov

18...xe6 19.g5?!
19.axb4 axb4 20.a6 avec du contre-jeu GM Svesnikov.

19...xg5 20.fxg5 f5

21.xf5 xf5 22.e2? e4+ 23.h2 c2
Décisif 23...f2+! 24.g3 f7 GM Svesnikov.

24.e1?!
24.axb4 f2+ 25.g3 xe2 26.xc2 exc2 27.bxa5 c6 28.e3 e2 –+ GM Svesnikov

24...b5 25.e3 d3 26.g3 c2 0–1

A suivre...

Je tiens à remercier le Musée du Jeux de La Tour-de-Peilz pour m’avoir permis de consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld. www.museedujeu.ch

Georges Bertola


Publié le 10/04/2015 - 01:00 , Mis à jour le 10/04/2015 - 01:08
Les réactions (3)
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Bigbadboris - 09/04/2015 20:54
Très intéressant et passionant de voir l'évolution de notre noble jeu à travers l'histoire! Merci à Mr. Bertola et l'équipe d'Europe-Échecs!