Coupe de France : Les retrouvailles!
Les 13 & 14 juin à Châlons-en-Champagne: Carton plein d'Evry qui affrontera Clichy en finale!

L'édition 2009 s'annonce comme un cru exceptionnel car parmi les huit équipes encore en lice on retrouvera les trois premiers du TOP 16, dans l'ordre Evry, Clichy et Châlons-en-Champagne mais aussi Vandoeuvre et Noyon, respectivement 5e et 8e et qui se déplaceront certainement à Châlons avec l'ambition légitime d'atteindre au moins une place dans le dernier carré. Le plateau sera complété par Meaux et Eybens, deux pensionnaires de N3 ainsi que la surprenante équipe de Rennes Long Près qui évolue au niveau régional et qui sera la cendrillon de l'épreuve.

Le club champenois qui vient de se distinguer en TOP 16 (en montant sur la 3e marche du podium pour sa 1re année d'existence dans la division d'élite) fera comme à son habitude honneur à ses visiteurs en leur offrant un cadre magnifique et des conditions de jeu à la hauteur de l'événement.

Les internautes pourront suivre en direct les parties sur le site de L'Echiquier Châlonnais, qui assurera également un suivi de la manifestation.

Tableau des appariements - Communiqué de presse de l'Echiquier Châlonnais - Site de l'Echiquier Châlonnais

Photo © Echiquier Châlonnais

PALMARES DE LA COUPE DE FRANCE

1961 Paris Caïssa
1962 Paris Caïssa
1963 Paris Caïssa
1964 Bordeaux Echiquier Aquitaine
1965 Paris Caïssa
1966 Paris Caïssa
1967 Paris Caïssa
1968 Marseille
1969 CE Strasbourg
1970 CE Strasbourg
1971 CE Strasbourg
1972 CE Strasbourg
1973 Grenoble
1974 CE Strasbourg
1975 CE Strasbourg
1976 Jouy-en-Josas
1977 Issy-les-Moulineaux
1978 Toulouse
1979 Evry
1980 CE Strasbourg
1981 CE Strasbourg
1982 CE Strasbourg
1983 CE Strasbourg
1984 Cannes Echecs
1985 CE Strasbourg
1986 CE Strasbourg
1987 non attribué
1988 Dortan
1989 Montpellier Karpov
1990 CE Strasbourg
1991 Lyon Oyonnax Echecs
1992 Clichy Echecs
1993 CE Strasbourg
1994 Lyon Oyonnax Echecs
1995 Lyon Oyonnax Echecs
1996 Clichy Echecs 92
1997 Montpellier Echecs
1998 Clichy Echecs 92
1999 Mulhouse Echecs
2000 Echiquier Nancéien
2001 Clichy Echecs 92
2002 Paris NAO
2003 Paris NAO
2004 Paris NAO
2005 Paris NAO
2006 Clichy Echecs 92
2007 CE Strasbourg
2008 Clichy Echecs 92

Photo © Echiquier Châlonnais

Interview de Christian Cureau, directeur de la Coupe de France

Par Christophe Guéneau

Pourriez-vous avoir la gentillesse de vous présenter.
J'ai 53 ans, je suis marié, père de deux garçons qui jouent aux échecs depuis leur tendre enfance, un peu moins maintenant qu'ils font des études supérieures. Je travaille dans les Ressources Humaines. Je suis licencié au Club de Saint-Quentin-en-Yvelines depuis plus de vingt ans. Je suis secrétaire général de la FFE depuis mars dernier, après avoir été secrétaire général adjoint les années précédentes. Je ne parlerai pas de mon palmarès échiquéen car eu égard à mon prochain classement (1441 Elo au 1er juillet prochain), tout le monde comprendra à quoi il se résume. Outre les échecs, j'écoute beaucoup de musique (Blues, Rock, etc.) et je suis un admirateur des chansons de Georges Brassens. Je lis beaucoup de journaux et magazines (politique ou de société), je fais de la randonnée pédestre et du cyclotourisme. Je vais également assez souvent au théâtre et au cinéma.

Depuis quand jouez-vous aux échecs et dans quelles circonstances avez-vous appris à jouer ?
J'ai appris à jouer à l'adolescence, un copain nous a initiés mon frère et moi-même aux règles du jeu. Par la suite je n'ai plus joué durant une dizaine d'années avant de pousser la porte d'un club (l'ASPTT Paris) au début des années 1980. Lors d'un déménagement vers Saint-Quentin-en-Yvelines, j'ai adhéré au club local à la fin des années 80.

Quel est votre parcours échiquéen ?
On ne peut pas parler de parcours. Je me définis comme un petit joueur de club, comme il y en a des milliers en France. Je joue un à deux tournois par an, quelques parties par équipes, ce qui fait environ une vingtaine de parties de compétition par saison. Je fais partie de ces joueurs qui ne gagnent jamais de prix, mais qui aiment jouer. J'aimerais beaucoup progresser, mais je n'ai hélas ni le temps ni le courage, il faut l'admettre, de consacrer beaucoup de temps à étudier les échecs.

M. Christian Cureau. Photo © Echiquier Châlonnais
Quel est votre parcours de dirigeant ?
J'ai été membre du Comité Départemental des Yvelines de 1990 à 2008. Je suis secrétaire de mon club depuis de nombreuses années. J'ai organisé le Championnat des Yvelines 1991 dans la ville où je réside et suis organisateur de l'Open de Saint-Quentin-en-Yvelines depuis 1998 (co-organisateur avec Laurent Vérat lors des premières éditions). La 11e édition s'est déroulée en avril dernier. Je suis par ailleurs arbitre AF4.

À quand remonte votre collaboration avec la FFE ?
J'ai été élu au Comité Directeur de la FFE en 2005. Je suis membre du bureau fédéral depuis 2007 et dans le même temps j'occupe le poste de secrétaire général adjoint.

Aujourd'hui vous êtes "Monsieur Coupe de France", expliquez-nous en quoi consiste votre fonction ?
Il faut d'abord créer le fichier des équipes (lieu de jeu, coordonnées du correspondant, etc....) pour chaque division puisque les équipes, en fonction de leur niveau, ne rentrent pas au même stade de la compétition. Il faut ensuite établir le tableau de la Coupe avec le nombre d'équipes qualifiées et le nombre d'équipes devant rentrer dans la compétition lors de chaque tour. À partir de là, il faut saisir toutes les équipes sur le site de la FFE, procéder au tirage au sort géographiquement pour le 1er tour, puis saisir le tirage sur le site, avant d'envoyer à chaque équipe les coordonnées de son adversaire du tour suivant, en précisant le lieu de la rencontre et la couleur de chaque équipe. Il faut recueillir les résultats le soir de la rencontre, les saisir sur le site le plus tôt possible, vérifier les PV lors de leur réception, puis faire le tirage du tour suivant et ainsi de suite jusqu'à la finale.

Parlons franc : l'organisation de la Coupe de France vous prend-elle beaucoup de temps ? Quels sont les cas les plus pénibles à gérer ?
La Coupe de France prend évidemment beaucoup plus de temps en début de saison qu'à l'approche des phases finales. Lors des premiers tours, il y a entre 70 et 80 rencontres. Entre octobre et février je consacre plusieurs jours de RTT et de nombreuses soirées à la Coupe de France. Lors des premiers tours j'évalue entre 10 et 15 heures par semaine le temps consacré à la Coupe de France. Par la suite le temps consacré diminue, au prorata du nombre d'équipes encore en lice.
Les cas les plus difficiles à gérer sont les équipes situées en périphérie de l'hexagone (par exemple Bayonne, Cherbourg ou encore la pointe du Finistère), car il faut à la fois tenir compte des équipes restant en compétition dans le secteur géographique tout en respectant l'alternance des couleurs à chaque tour. Par ailleurs il faut essayer d'éviter que des équipes qui se rencontrent en championnat se retrouvent immédiatement en Coupe. Autant que faire se peut il faut également essayer d'éviter que des tirages identiques se reproduisent saison après saison. Enfin il faut éviter que les clubs fassent des déplacements trop longs. C'est quelquefois la quadrature du cercle...

Êtes-vous seul ou disposez-vous d'une petite équipe ?
Je ne dispose pas d'une « petite équipe », je suis seul à gérer la Coupe de France. Je profite d'ailleurs de cet entretien pour lancer un appel aux personnes souhaitant saisir des parties de Coupe de France : elles peuvent me contacter afin de les mettre sur le site fédéral.

Pourriez-vous nous dire combien d'équipes ont pris part à l'édition 2008-2009 ?
Ce nombre est-il en régression ou en progression par rapport aux précédentes éditions ? Quel est à ce jour le record de participation ?
L'édition 2008-2009 a vu la participation de 254 équipes. La participation est approximativement, la même depuis plusieurs années. J'ignore quel est le record de participation. Pour connaître le record il faudrait contacter mon prédécesseur, Maxime Le Garrec.

Quel regard portez-vous sur la Coupe de France ?
C'est une compétition intéressante car elle permet à de « petits » clubs d'avoir l'occasion de rencontrer des équipes de N1 ou du TOP 16. Plusieurs fois par saison je reçois des mails de capitaines qui me signalent leur joie d'avoir rencontré une équipe de l'élite. C'est souvent une satisfaction pour leurs joueurs, même si la plupart du temps le résultat est conforme à la logique.
Cette saison le parcours de Rennes Longs Prés est l'exemple même de la particularité de la Coupe de France puisqu'une équipe de division régionale est parvenue à atteindre les quarts de finale.

À titre personnel, avez-vous déjà pris part à quelques matches de Coupe de France ? Quel est votre meilleur souvenir de joueur ?
Je n'ai jamais joué le moindre match de Coupe de France car évidemment notre équipe aligne des joueurs bien meilleurs que moi afin d'essayer de se qualifier pour le tour suivant. J'ai joué cette saison 4 rencontres de N2, au dernier échiquier, en remplacement de dernière minute. Malgré notre relégation en N3, ce fut un bon souvenir.

À cause de votre fonction, vous avez assisté à différentes finales de Coupe de France. Quelle est celle qui vous semble la plus belle, à cause de son dénouement ou de la qualité de son organisation ?
À la fin du mois juin, je vais assister à ma quatrième finale en tant que directeur de cette compétition. J'ai évidemment en mémoire la finale 2006 qui opposa le NAO Chess Club à Clichy et surtout la partie entre Jean-Baptiste Mullon et Igor Nataf. Ce dernier arriva avec une dizaine de minutes de retard et exécuta le coup 1.a3 après avoir découvert qu'il affrontait Mullon. Clichy remporta la finale et cette défaite du NAO fut sans doute le chant du cygne pour ce grand club.

Avez-vous quelques anecdotes croustillantes à nous raconter à propos de la Coupe de France ?
L'adjectif croustillant n'est peut-être pas le terme exact, mais je me souviens du récit, il y a deux ans, que m'a fait le capitaine d'un club de N4 de l'Ouest de la France qui devait jouer le 2e tour de Coupe de France chez une équipe voisine évoluant en division départementale. La personne chargée d'ouvrir le club n'était pas là, pensant que le match aurait lieu le dimanche suivant. Dans la mesure où le local du club se déplaçant n'était pas non plus disponible l'un des joueurs demanda qui avait un échiquier chez lui et qui était susceptible d'accueillir quelques partie à son domicile.
Les joueurs trouvèrent quatre échiquiers et deux joueurs accueillirent chacun deux parties dans leur salon ou leur cuisine. Mais personne n'avait de pendule ! D'un commun accord il fut alors décidé de jouer les premiers coups rapidement puis d'utiliser un sablier pour la cuisson des œufs avec l'obligation de jouer un coup toutes les trois minutes. Le club de N4 gagna 4-0 assez facilement, mais c'est anecdotique car ensuite les huit joueurs allèrent au bistro ensemble après la rencontre.
Je trouve cette anecdote assez cocasse et loin des rivalités que se font certains clubs voisins.

Depuis l'origine, le concept de la Coupe de France a souvent évolué, êtes-vous satisfait par la formule actuelle ?
Aucun concept n'est parfait, mais je pense que la formule actuelle (chaque division entre dans la compétition à un stade différent, les blancs sont attribués aux échiquiers 1 et 4 ou 2 et 3, les joueurs peuvent être alignés sans considération du Elo, tirage au sort intégral à partir des 1/8e... etc.) donne satisfaction.
Certains clubs préfèrent avoir les blancs aux échiquiers 1 et 4 alors que d'autres préfèrent les avoir aux 2 et 3, comme quoi la stratégie de constitution de l'équipe est un élément intéressant dans cette compétition.

La FFE envisage-t-elle de modifier à court ou moyen terme la formule actuelle ? Quelles sont les pistes envisagées ?
À court terme (la saison prochaine) il n'est pas envisagé de modifier la formule actuelle, mais toutes les propositions peuvent être étudiées.

La FFE dotera-t-elle un jour cette compétition ?
La question se pose car certains clubs dépensent parfois beaucoup d'argent en transport et en hébergement. Jusqu'en 1/16e le tirage est régional, afin d'éviter de trop longs déplacements. Il est vrai que pour les petits clubs qui arrivent dans les dernières phases, le budget est conséquent. Le règlement prévoit d'ailleurs des remboursements de frais d'hébergement sous certaines conditions.

Au football, les DOM-TOM participent à la Coupe de France en s'affrontant d'abord localement avant de défier des équipes de métropole. Peut-on envisager que ce soit aussi le cas aux échecs avec, pourquoi pas, à cause des distances, une organisation par Internet ?
Il est vrai que les clubs d'Outre-Mer et de Corse ne participent pas à la Coupe (ni aux divisions nationales d'ailleurs) et c'est dommage. Néanmoins, la possibilité de jouer par Internet a déjà fait l'objet de discussions en Comité Directeur. Il s'avère que, dans un contexte où la FFE essaie de s'inscrire complètement dans le mouvement sportif, notamment via le dossier de fédération délégataire, qui est à l'étude au Ministère, la question d'Internet est un peu taboue. Il est sans doute difficile de faire admettre qu'une discipline qui peut se pratiquer chez soi devant son ordinateur puisse être considérée comme une discipline sportive à part entière.

Depuis quelques années la finale de la Coupe avait lieu au Sénat. Cette année elle se déroulera au Château de Villandry. Pour quelle raison ?
Depuis l'élection, il y a quelque mois, du nouveau Président du Sénat, Gérard Larcher, le Sénat a changé d'orientation pour mieux se consacrer à ses missions premières. Désormais elle ne souhaite restreindre les ouvertures sur le monde extérieur, comme ce fut le cas du temps de Christian Poncelet. Il nous a donc fallu trouver un lieu « de prestige » assez rapidement et l'hospitalité d'Henri Carvallo, le propriétaire de Villandry, nouveau membre du Comité Directeur et joueur assidu, a fait le reste...

Quelle est la tendance pour les prochaines éditions : un lieu fixe durant quelques années, comme ce fut le cas avec le Sénat, ou un changement de lieu chaque année ?
Nous ne savons pas, pour le moment, où auront lieu les prochaines éditions. Je pense qu'il est bien que la finale se déroule de temps à autre en province. Il faudra trouver un lieu prestigieux chaque année, après plusieurs années au Sénat et une finale dans un château de la Loire. En ant que résidant dans les Yvelines, j'aimerais bien que la finale se joue, au moins une fois, au château de Versailles.

Vous venez pour la seconde fois à Châlons-en-Champagne pour la phase des quarts et demi-finales. Quel regard portez-vous sur l'organisation châlonnaise ?
Je crois que l'accueil de l'Echiquier Châlonnais est unanimement reconnu pour être de tout premier plan. Je crois que les équipes qui vont disputer les quarts de finale et qui ne sont pas encore venues à Châlons-en-Champagne vont être ravies du cadre mais aussi de l'accueil réservé par Christophe Coutier, Diego Salazar, Christophe Guéneau et toute l'équipe organisatrice de l'Echiquier Châlonnais.

Aimeriez-vous ajouter quelque chose ? Je n'ai rien de particulier à ajouter. C'est ma première interview depuis mon élection au Comité Directeur. Je remercie les lecteurs qui ont eu le courage de me lire jusqu'au bout.

Photo © Echiquier Châlonnais

Publié le 15/06/2009 - 06:05 , Mis à jour le 15/06/2009 - 09:34