Échecs à Cuba — 500 ans d'histoire
L'équipe cubaine à Buenos-aires en 1939
Les échecs étaient pratiqués à Cuba depuis l’arrivée du conquistador espagnol Diego Velazquez, compagnon du deuxième voyage de Christoph Colomb en 1493. Par Georges Bertola.

1. Les échecs avant la Révolution

Sa majesté le champion du monde.

En février je me suis rendu à Cuba, un terreau particulièrement fertile sur le plan de l’histoire des échecs.

Les échecs étaient pratiqués à Cuba depuis un demi-millénaire, plus exactement depuis l’arrivée du conquistador espagnol Diego Velazquez, compagnon du deuxième voyage de Christoph Colomb en 1493 et qui devint gouverneur de l’île en 1511.

L’historien Jesus Gonzalez Bayolo précisa avec fierté : « Tout commence en 1516, le capitaine Manuel Rojas, chef suprême de Bayamo, (l’une des premières villes fondées par les colons espagnols en 1514) et Juan de Escribano, administrateur des biens du conquistador Diego Velazquez, avaient l’habitude régulière de s’adonner à la pratique du jeu. C’est la plus ancienne référence, basée sur un témoignage écrit, qui atteste de la pratique du jeu dans le nouveau Monde. Bien avant les Etats-Unis ou le Pérou ! On l’a trouvée dans un livre publié à Barcelone en 1835 « Bayamo y sus cosas » signé Anton Ruiz Valdespino. »

Une autre date importante est 1826 où fut fondée à Bayamo la société « Filarmonica ». Elle compta parmi ses membres un personnage clé de l’histoire cubaine, Carlos Manuel de Cespedes (1819-1874). Ce grand patriote s’opposa à la colonisation espagnole pour engager la guerre d’indépendance et fut proclamé Président de la République en armes en 1869 pour mourir au combat en 1874.

Statue de Carlos Manuel de Cespedes à Bayamo.

« Il avait occupé le poste de directeur de deux sections de la Filarmonica, la poésie et les échecs. Selon plusieurs témoignages, il était le plus fort joueur d’échecs de Bayamo capable de jouer plusieurs parties à l’aveugle mais malheureusement un incendie dévasta Bayamo en 1868 et il ne reste aucune trace des exploits de la section échecs. » Jesus Gonzalez Bayolo

La contribution de Cespedes pour le noble jeu fut importante, on lui doit la première publication sur les échecs à Cuba avec la traduction en espagnol du « Nouveau traité du jeu des échecs » de La Bourdonnais publié dans le journal « El Redactor » à Santiago de Cuba en 1855.

« Nouveau traité du jeu des échecs » de La Bourdonnais

Il faut mentionner aussi en 1836 l’exhibition à la Havane du célèbre automate dit « Le Turc », invention du baron Von Kempelen. A cette occasion c’était un joueur français, plus exactement alsacien, qui s’était caché à l’intérieur, William Schlumberger. Cet évènement fit sensation auprès du public et contribua à populariser le jeu.

« Le Turc », invention du baron Von Kempelen.

« 1885 voit la création du premier club d’échecs à la Havane, il regroupait des passionnés dont la majorité était des gens fortunés. Il faut citer aussi une personnalité hors du commun, le docteur Carlos J. Finlay (1833-1915), célèbre pour ses travaux, qui dès 1865, établissent un lien entre les conditions climatiques et la fièvre jaune et permettront d’identifier le moustique responsable de la transmission du virus. »

Et Jesus Gonzalez Bayolo de poursuivre : « Comme vous le savez en 1886 eut lieu aux Etats-Unis le premier championnat du monde entre Steinitz et Zukertort. Des membres du club de la Havane avaient pu assister à quelques rencontres et après sa victoire, Steinitz fut invité à La Havane en 1888 (année de naissance de Capablanca) où il joua plusieurs simultanées dont une à l’aveugle. Après le retour de Steinitz en Europe, les membres du club se sont dit - Pourquoi ne pas organiser un championnat du monde à Cuba ? - Ils ont alors contacté Steinitz qui leur a répondu qu’il était prêt à jouer contre n’importe quel challenger. Dans un premier temps le choix s’était porté sur Tarrasch qui déclina l’invitation et permit ainsi au Russe Chigorin d’être désigné challenger.»

Lors de sa visite à la Havane en mars 1888, Steinitz (1836-1900) enthousiaste qualifia le club d’échecs « L’Eldorado des échecs ». La Stratégie rapporta :

« Les membres de ce bienheureux Cercle sont des mécènes. Presque tous d’une grande force, plusieurs ne craignent pas de se mesurer à égalité avec les plus grands maîtres, ils savent apprécier et soutenir financièrement le mérite des virtuoses de notre jeu artistique et savant. »

Traversée de l'Atlantique en paquebot.

Le match débuta le 20 janvier dans des conditions loin d’être équitable car Chigorin (1850-1908) était arrivé à La Havane, à peine 48 heures auparavant, épuisé par une traversée où il essuya plusieurs tempêtes. Parti de St-Petersburg, après avoir rencontré des difficultés pour trouver l’argent nécessaire, il embarqua le 17 décembre 1888 à Copenhague sur un navire de la Thingvalla Line qui arriva à New York le 10 janvier 1889 avec plusieurs jours de retard. Le 12 janvier il poursuivit son voyage à bord du City of Washington pour débarquer à La Havane le 17 janvier.

Arrivé dès la deuxième semaine de janvier, Steinitz, au contraire, profita de s’acclimater à la douceur de la température qui régnait dans les Caraïbes, et se mesura, dans un match d’entraînement, à l’un des meilleurs espagnols de la deuxième moitié du XIX siècle, Vincente Martinez de Carvajal (1840-1915). Une rencontre en cinq parties qu’il remporta facilement avec 4 victoires mais il s’inclina toutefois dans la première partie.

Steinitz « commente »

Steinitz,Wilhelm - Carvajal,Vincente Martinez de
La Havane, 11.01.1889
Partie Viennoise [C30]
 

1.e4 e5 2.c3 c5 3.f4 d6 4.f3 c6 5.b5 g4 6.a4 b6 7.d3 ge7 8.c3 0–0 9.f5 d5 10.h3 xf3 11.xf3 d4

« Un moyen ingénieux pour se dégager sans trop de perte matérielle. Cela aurait dû conduire toutefois à un net avantage blanc après un jeu correct. »

12.cxd4 a5+ 13.e2?!

« 13.f1 était de loin préférable et aurait procuré un pion de plus sans le moindre danger. »

13...c6 14.f6

« Pas aussi bon que le simple 14.dxe5 cxb5 15.c5 c6 (15...c7 16.b3) 16.g3 += »

14...g6 15.g5 cxb5 16.c5?

« Faible, plus sûr était 16.fxg7 xg5 17.gxf8+ xf8 18.c5 et ni 18...d2+ ou 18...f4+ ne causerait aucun mal. » Steinitz

16...dxe4 17.xe4 xd4 18.ab1?

« L’erreur décisive. Comme on le verra, le pion b nécessitait la protection de l’autre tour, 18.Thb1 était correct. »

18...fc8 19.fxg7 c2+ 20.d1

« La pression exercée par le contrôle du temps provoque souvent une faute et c’est le cas ici. 20.Rf1 était le seul coup, mais il n’y a aucun doute que les blancs avaient une mauvaise partie, surtout après 21…Cf4. »

20...a4! 21.b3 xa2 22.c1 ac8 23.f6+ xg7 24.e8+ g8 25.f6+ h8 0–1

Steinitz et Chigorin et les organisateurs.

Le match, titre mondial en jeu, vit Chigorin inscrire la première victoire. Quatre parties étaient jouées par semaine chaque mardi, jeudi, samedi et dimanche. Aussitôt les parties terminées, les résultats parvenaient par télégraphe à Saint-Pétersbourg, les dépêches étaient reproduites dans le journal russe « Le Nouveau Temps ».

Andrés Clemente Vazquez (1844-1901)

Pour l’occasion la « Revista de Ajedrez » vit le jour et fut la première revue publiée à Cuba sous la direction d’Andrés Clemente Vazquez (1844-1901).

La « Revista de Ajedrez » vit le jour et fut la première revue publiée à Cuba

Un petit échantillon de son talent. Ici il est opposé à Celso Golmayo Zupido (1820-1898) d’origine espagnole, deuxième champion de Cuba qui détrôna Felix Sicre (1817-1871) sacré premier champion de l’île en 1860.

Chigorin & Steinitz

Vazquez,Andres Clemente - Golmayo Zupide,Celso
La Havane, 1888
Ouverture Viennoise [C25]

 

1.e4 e5 2.c3 c6 3.f4 d6

Une suite peu adéquate pour contrer le plus ou moins douteux gambit Steinitz. Il survient après 3...exf4 4.d4 h4+ 5.e2 joué pour la première fois par Steinitz en 1867 !

4.f3 exf4 5.c4

« Correct est ici 5.d4 » Steinitz

5...e5 6.b3 g4

« Senior Golmayo a peu de connaissance livresque et le niveau de jeu qu’il a réussi à atteindre est d’autant plus à son honneur. Plusieurs parties de forts joueurs ont démontré que dans des positions similaires on peut sacrifier la dame et évidemment les noirs n’étaient pas conscients du danger. 6…Cg6 leur aurait apporté une bonne partie car il était alors difficile pour les blancs de récupérer le pion. » Steinitz

7.xe5! h4+

La seule manière de prolonger la partie. Après 7...xd1 8.xf7+ e7 9.d5# Une version différée du mat de Sir Légal !

8.g3 fxg3 9.xf7+ e7 10.d5+ d8 11.xg4 xg4 12.xg4 c6 13.f4 gxh2 14.xg8 xg8 15.e6+ 1–0

La première partie du match entre Steinitz et Chigorin fut équilibrée, après huit parties les deux adversaires totalisaient quatre victoires chacun.

Cette confrontation engendra aussi un débat important sur deux visions différentes du jeu. Steinitz se révélait supérieur dans les positions fermées alors que le génie tactique de Chigorin s’imposait dans les jeux ouverts. Leurs jugements s’opposaient, Chigorin n’était pas pleinement convaincu par la théorie de Steinitz, basée sur l’équilibre positionnel, la recherche et l’accumulation de petits avantages, la supériorité du fou sur le cavalier. Cela limitait la créativité et Chigorin pensait que l’un des aspects les plus importants était la dynamique déployée par les pièces, qui augmentaient les possibilités de combinaison, chaque position avait sa singularité et il accordait peu d’importance dans la domination et l’occupation du centre.

La 4ème du match fut considérée comme la plus représentative pour illustrer les différences de style des deux antagonistes.

Commentaire abrégé de Steinitz dans l’International Chess Magazine

Le match se jouait à la cadence de 30 coups en deux heures puis après le contrôle du temps, la partie se poursuivait avec 15 coups à l’heure.

Chigorin & Steinitz à La Havane en 1889.

Steinitz,William - Chigorin,Mikhail
La Havane 1889 (4e partie du match) 26.01.1889
Défense Chigorin [D02]

 

1.f3 d5 2.d4 g4 3.c4

« Nous considérons ce coup non seulement comme adéquat, mais il est sans doute la meilleure réponse contre la sortie prématurée du fou de case blanche, fortement déconseillée, car cette pièce, dans cette ouverture, est nécessaire à la défense de l’aile dame. »

3...xf3 4.gxf3 e6

« Le pion ne peut être pris car si 4...dxc4 le pion c n’est pas défendable et les blancs obtiennent un fort centre 5.e3 b5 (5...e5 6.dxe5 xd1+ 7.xd1 c6 8.f4 0–0–0+ 9.d2 avec avantage.) 6.a4 c6 7.axb5 cxb5 8.b3 avec la meilleure partie. »

5.cxd5 xd5?!

« Peu judicieux car les blancs vont gagner des tempi dans la formation de leur centre. 5...exd5 était la seule réponse correcte. » 6.b3 c6 7.xb7? xd4 K. Müller

6.e4 b4+ 7.c3 a5

« Dans ces circonstances 7…Dh5 était sans doute supérieur. »

« La dame va bientôt se retrouver en difficultés, plus circonspect était 7…Dd6 » K. Müller

8.d2 c6?

« Chigorin révéla que ce coup était basé sur une erreur de calcul. Il avait tout envisagé jusqu’au 14ème coup, mais il avait négligé dans ses prévisions que la tour h1 restait défendue par la dame. »

« 8…Cf6 limitait les dommages. » K. Müller

9.d5 exd5 10.a3 d4 11.d3

« Naturellement si 11.axb4 suivait 11...xa1 12.xa1 c2+ »

11...0–0–0

« 11...dxe4 12.xe4 e5 13.axb4 f5 14.a5 e6 (14...b5 15.xb5 xb5 16.c3+–) 15.e3+– »

12.axb4 xf3+ 13.xf3!

« Meilleur que 13.Re2, ce coup donne aux blancs une attaque irrésistible bien que l’adversaire obtienne trois pions pour la pièce. »

13...xa1+ 14.e2 xb2 15.b1 a3 16.b5

16...a6 17.xf7 b6 18.c1 h6 19.xg7 dxe4 20.xc7+ xc7 21.xc7+ b8 22.xe4 1–0

« Ce fut un match entre un vieux maître de la nouvelle école face à un jeune maître appartenant à la vieille école, dans lequel la nouvelle école a gagné malgré l’âge de son représentant. Le jeune maître a sacrifié pièces et pions, mais le vieux battant de la nouvelle école a fait mieux, il a sacrifié des parties entières pour démontrer ce que signifiait la saine application des principes rationnels du jeu de position. » Steinitz

Dans la deuxième moitié du match Steinitz fut impérial avec six victoires pour une seule défaite.

Chigorin & Steinitz en 1892

Le match revanche qui eut lieu à La Havane en 1892 fut, par contre, loin d’être une démonstration convaincante de la supériorité des principes de Steinitz. Cette fois, Chigorin était arrivé 14 jours avant Steinitz à La Havane pour jouer quelques simultanées et matches d’entraînement. Après 22 parties Steinitz ne menait que d’un point et la 23ème fut l’objet d’un dénouement dramatique. Steinitz s’imposa après que Chigorin ait commis l’une des plus grosses gaffes de l’histoire du championnat du monde.

Steinitz

La ponctuation est du GM Karsten Müller

Chigorin,Mikhail - Steinitz,William
World Championship La Havana (23), 28.02.1892
Gambit Roi [C34]

1.e4 e5 2.f4 exf4 3.f3 f6 4.e5 h5 5.e2 g6 6.d4 g7 7.0–0 d6 8.c3?! 0–0 9.e1?! dxe5 10.xh5?! gxh5 11.dxe5 xd1 12.xd1 c6 13.xf4 f5?! 14.e3 e4 15.f3 fe8 16.g5 g6 17.d5 xe5 18.xc7 xc7 19.xc7 ac8 20.g3?! d4 21.c3 e2+ 22.f2 h4? 23.d6 d4? 24.cxd4 c2+ 25.g1 ee2 26.ae1 xg2+ 27.h1 g7 28.e8 f5?! 29.e6+?! f6 30.e7 ge2?! 31.d5 cd2?!

32.b4?? xh2+ 0–1

Voici le témoignage de A.C. Vazquez (Avant le match Vazquez disputa quatre parties amicales avec Chigorin et obtint le résultat flatteur 2-2 !) tiré du magazine « El Pablo Morphy ». Vazquez est aussi le témoin oculaire sur lequel se sont basés les commentaires de « La Stratégie » :

« Avec cette gaffe, Chigorin a perdu une partie incroyable et a manqué sa chance pour égaliser au score. Selon le règlement le match aurait dû continuer jusqu’à ce que l’un des adversaires obtienne 12 victoires. Qui sait ce qui se serait passé alors ? Nous ne pourrons oublier ce moment décisif. Plus d’un millier de spectateurs ont assisté à la 23ème partie ; tous étaient séduits par le jeu brillant de Chigorin. Nous nous attendions à ce que Steinitz abandonne à tout instant. Puis, soudain, il y eut une agitation inhabituelle, les gens se sont levés, tous purent voir l’expression du maître russe se figer, laissant apparaître un rictus sur son visage, porter ses mains sur sa tête avec angoisse. Il avait inutilement déplacé son fou qui le protégeait du mat. -Quel dommage- répétaient des centaines de voix -Quelle manière désastreuse et terrible de terminer un championnat du monde !- »

En guise de consolation Chigorin, eut droit à ce compliment de la part d’Emmanuel Lasker, futur champion du monde :

« Dans sa compréhension de la position, dans la correction de son jugement, dans la force et la beauté de l’art échiquéen, Chigorin est nettement supérieur à Steinitz. »

Le jeune Capablanca avec son père.

« C’était la première fois dans l’histoire du jeu qu’un champion du monde défendait victorieusement son titre et que le challenger obtenait le droit de jouer un match revanche. La fièvre des échecs s’était emparée de Cuba et, lors du match de 1892, José Maria Capablanca était venu observer le bon déroulement des parties, à plusieurs reprises, en compagnie de son fils âgé d’un peu plus de 3 ans. Ce petit garçon n’était autre que José Raoul Capablanca qui deviendra le 3ème champion du monde de l’histoire ! José Maria était le 2ème fils de Tadeo Capablanca Broca un militaire espagnol, né la même année que Steinitz, mais José Maria Capablanca, contrairement à ce qui a souvent été rapporté, était un cubain car né sur l’île à Bayamo en janvier 1863. Militaire lui aussi, il avait épousé Matilde Maria Graupera, une femme de caractère, une forte personnalité et patriote, qui était opposée à la colonisation espagnole. Elle réussira à convaincre son mari de faire de l’espionnage au service des partisans de l’indépendance. » Jesus Gonzalez Bayolo

1er janvier 1899. Les Américains à la Havane.

Depuis décembre 1898 les indépendantistes cubains avaient, avec l’aide des Etats-Unis, obtenu l’évacuation des occupants espagnols mais très rapidement ils durent déchanter. Le 1er janvier 1899 une cérémonie de transfert de souveraineté à La Havane avait vu les couleurs espagnoles retirées des édifices où elles ondoyaient depuis près de quatre cents ans pour être remplacées par la bannière étoilée des Etats-Unis. Les Américains avaient envoyé 50.000 soldats avec l’intention de prendre le contrôle de l’ile. Son importance économique et surtout géostratégique avec un accès à la mer des Caraïbes et la proximité du canal de Panama, alors en construction, faisaient que de nombreux responsables politiques n’écartaient pas l’idée d’une annexion.

Capablanca & Lasker à Saint-Pétersbourg en 1914.

En 1921 se joua pour la troisième fois à Cuba un match pour le titre mondial, mais cette fois le challenger était cubain !

Cuba, La Havane 1920

Les négociations furent longues et laborieuses car Emmanuel Lasker (1868-1941) qui avait ravi le titre à Steinitz en 1894, était resté victorieux ou invaincu. Une revanche désastreuse pour Steinitz durant l’hiver 1896/97, un véritable massacre contre Marshall (1877-1944) en 1907, Tarrasch (1862-1934) en 1908 et Janowsski (1868-1927) en 1909. Un match nul surprenant contre Schlechter (1874-1918) en 1910 suivi par un véritable triomphe peu après contre Janowski.

Lorsque se poursuivirent, à l’issue de la première guerre mondiale, les tractations avec Capablanca (1888-1942) en 1919, le poids de la grande histoire pesait lourdement sur les épaules du tenant du titre. Vivant à Berlin et confronté aux vicissitudes de la guerre mondiale, il était prêt à abandonner son titre sans combattre. Voici ce qu’il écrivit depuis Berlin à Walter Penn Shipley (1860-1942) (publié dans l’American Chess Bulletin) :

« Aux échecs je suis devenu un bon à rien, bien qu’avec de l’entraînement je pourrais à nouveau jouer. Je suis plutôt malade de la guerre, de la famine, de la révolution, de l’immoralité et de la violence. Non pas que je désespère du monde, pas du tout, mais pour le moment je voudrais être hors de la tempête parce que mon pouvoir d’endurance est presqu’épuisé, non pas physiquement mais moralement. »

L’Allemagne, plus exactement la République de Weimar, devait faire face aux montants irréalistes des dommages de guerre, au chômage et à l’inflation qui allait ruiner la plupart des Allemands. Au contraire, Capablanca était dans une situation confortable, membre du corps diplomatique et entouré de quelques mécènes qui avaient profité de la valse des millions pour s’enrichir rapidement alors que les champs de betterave sucrière en Europe avaient été rendus inutilisables pendant la guerre et provoquèrent la flambée des cours du sucre.

Lasker négligea sa préparation et mit une grande partie de son énergie à négocier âprement, il souhaitait jouer en Hollande ou aux Etats-Unis. Dans un premier temps, il introduisit une clause (qui avait déjà fait débat lors du match contre Schlechter) qui provoqua le refus, de la part de Capablanca, d’une offre avantageuse venant de Buenos Aires. Lasker exigeait du challenger qu’il distance le tenant du titre d’au moins deux points pour s’approprier le titre. Le match débuta le 15 mars à la Havane, à la cadence de 30 coups en 2 heures, au premier à huit victoires ou au meilleur résultat après 24 parties.

Lasker obtint des organisateurs que même s’il perdait le match, sa rémunération serait supérieure à celle du vainqueur ! Cette confrontation tant attendue ne répondit pas aux attentes et Lasker jeta l’éponge, à l’issue de la 14ème partie mené au score 4-0 !

Lasker avait souhaité, dès la 13ème partie, poursuivre le match aux Etats-Unis mais devant le refus des organisateurs, il justifia son abandon pour raison maladie.

« Je ne peux lutter contre l’épuisement parce qu’il relève d’une cause purement physique : la chaleur et la luminosité insupportable du soleil en avril à La Havane. » Lasker

Capablanca & Lasker en 1921

Lasker,Emanuel - Capablanca,Jose Raul
La Havane 20 avril 1921 (14e partie)
Espagnole [C66]

1.e4 e5 2.f3 c6 3.b5 f6 4.0–0 d6 5.d4 d7 6.c3 e7 7.xc6 xc6 8.d3 exd4 9.xd4 d7 10.g5 0–0 11.ae1 h6 12.h4 h7 13.xe7 xe7 14.d5 d8 15.c4 e8 16.f4 c6 17.c3 b6 18.b3 ad8 19.h1 f6 20.h3 c8 21.d1 e7 22.fe1 de8 23.e2 a5 24.f1 h5 25.g1 a6 26.ff2 g6 27.f3 h5 28.f5 h4 29.h2??

29...g4+ 30.h1 e5 31.d2 xf3 32.xf3 f6 33.a4 g6 34.fxg6 fxg6 35.e3 f5 36.d3 g5 37.d2 g6 38.b4 e6 39.b5 axb5 40.axb5 a8 41.b1 e5 42.e1 h7 43.bxc6 bxc6 44.g3 xg3 45.xg3 a3 46.h2 b7 47.c5 dxc5 48.c4 a1 49.e5 c1 50.h4 e7 51.xc6 e6 52.d8 gxh4 53.d3 f6 54.d7+ h8 55.d5 ff1 56.h3 xe4 0–1

Après la 14ème partie, Lasker ne se montra plus au Casino de la Playa, bien qu’il ait épuisé les trois jours de reports auxquels il avait droit. Il demanda un nouveau report avant d’abandonner le 26 avril car ni Capablanca, ni Lasker ne se présentèrent pour jouer la 15ème partie.

Le Grand-Maître Ossip Bernstein (1882-1962) rapporta dans Chess Review (Juillet 1955) une conversation qu’il avait eu avec son ami Lasker peu avant son départ pour La Havane :

- As-tu préparé ce match ?
- Non

- As-tu pris le temps de te reposer ?
- Non

- Prendras-tu au moins un échiquier pour étudier pendant le voyage ?
- Non

- As-tu regardé les ouvertures que tu as l’intention de jouer et étudié les parties de Capablanca ?
- Non

- Ceci est une pure folie !
Fut la conclusion de Bernstein mais il n’y eut pas de réponse…

1ère biographie de Capablanca 1923

Curieusement Capablanca eut un comportement assez similaire, 6 ans plus tard, face à Alekhine (1892-1946) à Buenos Aires en 1927 lorsqu’il perdit le titre.

Alekhine, au contraire, avait fourni un travail préparatoire considérable et avoua :

« Le résultat est la récompense de mon travail et le couronnement de mes aspirations. » 

« Il existe peu de documents photographiques sur le match Lasker-Capablanca. Les pièces utilisées pour jouer ont été offertes à Capablanca à l’issue du match qui lui les a données ou vendues à un musée américain. J’ai entendu dire qu’elles avaient été détruites par la suite dans un incendie. Le génial Capablanca occupa seul le devant de la scène jusqu’à sa mort en 1942. Elle survint alors que peu avant il était encore assis devant l’échiquier au Manhattan Chess Club à New York. Durant cette période peu de noms de grands joueurs cubains, citons tout de même le maître national Francisco Planas (1908-1990), ami de Capablanca et l’un des meilleurs joueurs cubains dans les années quarante. » Jesus Gonzalez Bayolo

Tombe de Capablanca avec le maître international José Luis Vilela à gauche, l’auteur à droite.

Le nom de Capablanca est indissociable de celui d’Alekhine car ils étaient sans aucun doute les deux géants de la première moitié du XX siècle.

L'équipe cubaine à Buenos-aires en 1939

Pour la première fois une équipe cubaine participa aux olympiades d’échecs.

Les deux grands héros du tournoi des Nations de Buenos Aires 1939 furent Alekhine et son éternel rival, le champion cubain Capablanca. Les deux hommes s’ignoraient royalement, mais sans se perdre de vue. Ils se livrèrent une bataille gigantesque et sans concession pour décrocher la médaille d’or au premier échiquier.

Capablanca devança Alekhine et ce fut son dernier grand triomphe. Mais il y avait beaucoup d’amertume chez le Cubain. Lors de la 12ème ronde du tour final, il refusa de prendre place pour lutter contre Alekhine au grand désappointement des organisateurs et du public. Il invoqua des raisons personnelles et déclara devant la presse en minimisant l’évènement :

« Mon absence n’a pas d’importance parce que ni Cuba ni la France sont en situation de gagner le tournoi. »

La réponse se trouve sans doute ailleurs, la vengeance est un plat qui se mange froid. C’était certainement une maigre consolation par rapport à ce qu’Alekhine lui avait fait subir en reportant à chaque fois le match revanche, tant souhaité, et ceci finalement aux calendes grecques.

« Il est évident que Capablanca n’a pas affronté Alekhine parce s’il avait perdu dans ce duel, la médaille d’or qu’il a finalement remportée n’était pas encore acquise. » (Sergio Negri et Enrique Arguinariz dans Historia del Ajedrez Olimpico Argentino 2012)

Capablanca se distingua par une superbe victoire dans le tour final contre Czerniak qui conduisait l’équipe de Palestine. Ceci dans un style plutôt inhabituel pour lui mais coutumier d’Alekhine !

« Hier soir j’avais les pièces blanches, comme c’est mon habitude, peu après le début de la ronde, je suis allé observer comment mes compatriotes s’en sortaient, et j’ai constaté que les choses allaient mal, mes coéquipiers ont joué des ouvertures inférieures et ont tous été sous pression. Entre temps, j’ai obtenu une position satisfaisante dans une variante assez connue mais peu jouée de la Caro-Kann. Je suppose qu’un grand nombre de mes supporters, qui sont habitués à me voir presque toujours jouer une partie positionnelle où tout est solidement construit, ont été surpris de me voir jouer une pure partie d’attaque. » Capablanca dans le journal « La Critica ».

Voici le regard posé par Alekhine sur la prestation de son rival.

Caricatures de Capablanca et Alekhine.

Alekhine « commente »

Capablanca,Jose Raul - Czerniak,Moshe
Buenos Aires ol (Men) fin-A Buenos Aires (3), 04.09.1939
Défense Caro-Kann [B22]

1.e4 c6 2.d4 d5 3.exd5 cxd5 4.c4 c6

« Ce coup est rarement utilisé et il est d’une grande importance théorique parce que sur 5.Cc3 lorsque les noirs, qu’ils le veuillent ou non, seraient obligés de jouer la variante usuelle 5…Cf6 6.Fg5. L’autre terme de l’alternative 5…dxc4 6.Cf3 Fg4 7. Fxc4 est résolument favorable aux blancs. »

5.f3

« Ce coup donne à l’ouverture un caractère particulier. Les noirs obtiennent de bonnes chances pour lutter, beaucoup plus peut-être que l’impression générale dégagée par la partie après la rapide victoire blanche. »

5...g4

Ce clouage fut considéré souvent comme prématuré car il expose la dame noire à une attaque des pièces adverses.(Georges Bertola)

6.cxd5 xd5 7.e2

« 7.c3 xf3 8.xd5 (8.gxf3!? xd4 9.xd4 xd4 10.b5!? avec initiative selon Khalifman) 8...xd1 9.c7+ d8 10.xa8 h5 11.e3 e6 aurait été risqué. Avec le coup de la partie les blancs permettent la fixation d’un pion isolé, espérant trouver une compensation pour cette faiblesse dans leur développement supérieur. »

7...e6 8.0–0 f6 9.c3 a5

« A ce moment préférable était 9…Dd8 parce qu’il fallait prendre en considération la réplique 10.Da4 de la part des blancs. »

10.h3

Les noirs traitent l’ouverture comme un joueur de Scandinave de nos jours. Après 10.a4 xa4 11.xa4 0–0–0! 12.e3 xf3 13.gxf3 xd4 il est difficile de trouver une véritable compensation pour le pion. Georges Bertola

10...h5 11.a3

« Un coup astucieux dont la vraie valeur ne sera pas comprise par les noirs. »

11...d8

« Décidément trop optimiste puisque la préoccupation essentielle des noirs était de roquer rapidement. D’un autre côté, la case d8, comme nous le verrons, était un refuge possible pour la dame noire. Pour ces deux raisons 11...e7 était correct et si 12.g4 g6 13.b4 d8 suivi du roque, avec beaucoup de chances de contre-jeu. »

12.g4 g6 13.b4!

« Une conception profonde, dont les conséquences sont beaucoup plus efficaces que 13.e3 e7 14.b4 c7 etc. »

13...xb4

« Czerniak imagine qu’il a trouvé une réfutation de la combinaison blanche et joyeusement accepte le sacrifice. Mais même si les noirs avaient été moins optimistes, ils n’auraient pas trouvé une continuation satisfaisante puisque 13...b6 aurait vu la réponse 14.e3; « Et 13...c7 14.a4! d7 (14...a6 15.b5 axb5 16.xb5 a5!? Georges Bertola) 15.g5 »

14.axb4 xa1 15.b3

« Menace 16.Fb2. »

15...xd4! 16.a3

« Et après la dernière cartouche des noirs… »

Si maintenant 16.b2? alors 16...xb4; Et si 16.xd4 xd4 17.c4? xc3 avec deux variantes favorables aux noirs mais il existe une troisième possibilité.

16...c2

« Liquidation de la tension avec… »

17.xc2?!

En 1985 le maître Persitz dans le British Chess Magazine indiquait 17.xa1! xb3 18.b5 pour conserver l’avantage sans toutefois pouvoir clairement démontrer un gain.

17...xa3 18.b5!

18...xb4?

Ici le coup intermédiaire 18...xg4+! qui avait échappé à Alekhine mais pointé par Golombek permettait de sauver la partie après 19.hxg4 xb4 20.e5 0–0 21.xc6 bxc6 22.xc6 xg4 etc. avec nivellement de la position.

19.fxd4 xd4 20.xd4 0–0

« Si maintenant 20...xd4 alors 21.d1 e5 22.c8+ e7 23.xh8 xe2 24.d8# Ceci représente une combinaison de 12 coups qui commence avec 13.b4!, un exemple très rare dans les échecs modernes où l’on calcule si loin. Les trois pions obtenus pour la pièce sont une compensation insuffisante parce qu’ils n’ont pas de possibilité de promotion. »

21.d1 d5?

« Il a été admis qu’ici et plus tard les noirs ont facilité le jeu blanc. Au lieu de cette manœuvre de cavalier inutile, il aurait mieux fallu choisir 21…h6 en conjonction avec Td8 ou l’immédiat 21…a5. »

22.f3 f4 23.h2 e5?

« Pourquoi ? Il n’y avait pas de menace immédiate et il aurait été préférable de libérer une case de fuite pour le roi (23…h5) »

24.f5 g6 25.e3

« Le cavalier est maintenant très bien placé tandis que d5 est devenu faible pour les noirs. Les blancs sont prêts pour l’attaque (26.Tb1). »

25...e6 26.d5!?

Si 26.b1 f4+ 27.g2 xf3+ 28.xf3 d4+ prolongeait quelque peu la partie. (Panov)

26...a3 27.d3 a1 28.d1 a3 29.d3 a1 30.d2!

Après les répétitions jouées pour gagner du temps, Capablanca menace 31.Dh6.

30...g7 31.e2

« Plus précis était 31.De3 qui menaçait 32.Ta3. »

31...f6 32.e3 a6 33.d1 b2

« Objectivement a5 aurait été une meilleure case. »

34.c3 d4 35.b1 c2 36.e4 1–0

« Je dois souligner que cette partie à été conduite conformément à la nature de l’ouverture choisie. Face à la défense adoptée par les noirs, il est nécessaire pour les blancs, s’ils veulent prétendre à un avantage, d’attaquer vigoureusement avant que ces derniers ne puissent consolider leur position et exercer une pression sur le pion isolé « d » adverse. A la lumière de ce qui précède, le public comprendra pourquoi j’ai lancé un tel assaut. J’ai eu la chance de pouvoir réaliser une longue et difficile combinaison à la suite de quoi j’ai obtenu un net avantage que je fus rapidement en mesure d’exploiter. La position noire s’effondra avant la fin de la session de jeu. La partie correspondait à ce que le public demande et elle est une source de satisfaction d’avoir été la première du genre jouée par moi dans ce tournoi. » Capablanca dans La Critica

La position finale me rappelle les propos tenu par Ivanchuk au Cap d’Agde sur Capablanca qu’il tenait en haute estime, non seulement pour la qualité de son jeu, mais aussi pour la facilité avec laquelle il pouvait faire tomber les dames !

Capablanca et sa 2e épouse, la Princesse Olga Chagodaef qu’il épousa en 1938.

Dix après la mort de Capablanca eut lieu le premier fort tournoi international joué à Cuba. Ceci coïncidait avec le 50ème anniversaire de la République qui avait permis à Tomas Estrada Palma d’être élu président le 20 mai 1902 avec le soutien des Etats-Unis.

Une nouvelle génération de joueurs cubains eut le privilège de fourbir ses armes face à des joueurs aguerris, faisant partie des meilleurs du monde.

Le tournoi débuta le 23 février, dans le Palace du Président Carlos Prio Socarras avec 23 participants, et se termina le 21 mars avec 20 participants. Deux militaires mexicains José Joaquin Araiza et Manuel Soto-Larrea se retirèrent à la 5ème ronde et le maître cubain Juan Quesada décéda d’une crise cardiaque le 14 mars pendant le tournoi.

De plus, une grande agitation régnait dans l’île puisque le 10 mars un coup d’Etat portait Fulgencio Battista au pouvoir alors que le Président Carlos Prio Socarras s’envolait pour Miami pour y trouver refuge. Corruption, népotisme et scandales en tout genre étaient l’apanage du pouvoir cubain, Fulgencio Batista allait faire mieux et transformer rapidement La Havane, avec la complicité de la mafia américaine, en une gigantesque machine à sous.

Nullement troublé par les évènements voici ce qu’écrivit Edward Lasker dans l’American Chess Bulletin :

« La Havane est un lieu magnifique. Il est aussi chaud qu’il est beau. Les Cubains ayant grandi dans ce climat n’en souffrent pas et ils ne réalisent pas que pour des gens venus du Nord, il est difficilement possible d’être au meilleur de sa forme. Emmanuel Lasker, qui a écrit abondamment sur ce sujet après son match avec Capablanca et qui a souligné sincèrement que la blancheur éclatante du soleil de Cuba introduit un élément perturbant pour un maître d’échecs, fut considéré par beaucoup comme un mauvais perdant à la recherche d’un alibi. Je savais depuis longtemps que rien n’était plus étranger à Lasker que de présenter des excuses qui n’étaient pas fondées sur des faits. Après deux semaines de tournoi à La Havane, Reshevsky me fit remarquer qu’il pouvait désormais constater que Lasker avait dit la vérité. ce qui ne signifiait pas, comme Lasker lui-même l’avait dit clairement, que Capablanca n’aurait pas gagné le match même si Lasker n’avait pas été diminué physiquement. »  

Miguel Najdorf (1910-1997)

La victoire revint à Miguel Najdorf (1910-1997) qui partagea la première place avec Sammy Reshevski (1911-1992), en obtenant 18 points et demi. Tous deux d’origine polonaise avaient émigré en Amérique, l’un en Argentine et l’autre aux U.S.A. Suivaient Gligoric 17, Eliskases et Evans 16, Rossolimo 14,5 et Gonzalez 13,5 etc. qui obtint le meilleur résultat parmi les Cubains.

Juan Gonzalez de Vega (né en 1917- ?) était un médecin sacré champion de Cuba en 1942, 1943, 1950 et 1952, aujourd’hui tombé dans l’oubli.

Juan Gonzalez de Vega en 1952

Je tiens à remercier Gérard Demuydt pour la mise en ligne de mes articles, l’historien cubain Jesus Gonzalez Bayolo, le maître International José Luis Vilela, ainsi que le Musée Suisse du Jeux de La Tour-de-Peilz www.museedujeu.ch pour m’avoir permis de consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld.

Georges Bertola

 

Publié le 14/03/2016 - 15:21 , Mis à jour le 14/03/2016 - 15:27
Les réactions (3)
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nasier37 - 14/03/2016 20:06
superbe article en effet. Ma femme est cubaine, et j'ai la chance de pouvoir aller à la Havane, ville d'echecs s'il en est avec son fameux club, aujourd'hui hélas décrépi.
Merci !