Etudier les problèmes...
Voici un « petit trois coups pour commencer », signé de la main de Philip Hamilton Williams (1873-1922). Ce mat en trois dédicacé fut édité en frontispice du traité « Chess Chatter & Chaff », publié par le problémiste anglais en 1909.
Vous ne trouvez pas ? La solution est à la fin de l'article.

L'œil sagace de l'amateur s'éclaire d'une flamme singulière lorsqu'il découvre un nouveau problème : Voyons si je suis capable de trouver la clé !? S'il a le temps, il va se plonger immédiatement dans la recherche de la solution. C'est un défi personnel.
Ai-je bien compris les ressorts dynamiques de cette position ? Cette réflexion s'engage le plus souvent sans échiquier. C'est l'un des premiers bénéfices : on s'entraîne à basculer rapidement dans l'abstraction. On échafaude des combinaisons plus ou moins profondes, en les visualisant mentalement, comme dans la partie. Les schémas se superposent, on balise toutes les solutions possibles.
Comme l'avait dit Smyslov, certains problèmes se rapprochent de la pratique. Ils aident à mieux comprendre la tactique, si l'on part à l'assaut du Roi. Ils permettent de parfaire sa compréhension des finales, lorsque la clé réside, par exemple, dans la meilleure manière de promouvoir un pion.

Ayez l'œil clairvoyant !

C'est pourquoi l'amateur ne doit pas négliger les problèmes. C'est souvent l'esthétique qui prime, mais le résultat reste primordial : il faut trouver le plan de gain, voire le plan pour annuler. La manœuvre existe, encore faut-il la connaître !
Vous serez heureux de retrouver un thème sensiblement identique lors d'une partie jouée en compétition. Ayez l'œil clairvoyant, remémorez-vous le thème. Votre main est sûre. Vous pouvez passer à l'action. Certaines clés vous paraissent irréelles !?
A force de rejouer mentalement la combinaison gagnante, elle s'ajoute à votre bagage technique. Vous enrichissez votre mémoire de compétiteur. C'est encore un peu plus d'expérience. C'est comme dans la vie. Il y a tant de problèmes à résoudre ! Vous en trouverez partout, dans les quotidiens grand public, comme sur Internet.

Une page d'histoire : La création des virtuoses du Califat de Bagdad

Les Maîtres arabes ont inventé les ancêtres des problèmes modernes au 8e siècle. Les premiers théoriciens du Califat de Bagdad, comme al-adli, ar-Razi ou encore as-Suli, appelaient ces positions « érigées de toutes pièces » des « mansubat ». Ils publièrent les premières compilations de problèmes dans leurs traités de théorie.
Chaque diagramme était assorti d'un énoncé basique, du type : « Noir gagne et le trait est à lui ». La solution était livrée brute, sans autre forme d'explication. L'étude de ces positions critiques était recommandée pour progresser. Il était conseillé de rejouer les coups de la combinaison gagnante, afin de la comprendre et d'être capable de la reproduire si besoin, lors d'une véritable partie. Le but à atteindre était le mat, la destruction complète des forces adverses (Roi dépouillé), voire la paralysie du Roi (le pat était alors assimilé à une victoire).
Il existait une distinction entre mansubat de fins de partie (composée avec peu de pièces) et mansubat de milieu de partie (avec de nombreuses pièces encore en lice).
Al-Adli, auteur de la première compilation, distingua trois types de mansubat :
1. Magghlubat ou « conclusions victorieuses ».
2. Qawa'in ou « conclusions nulles ».
3. Maqmurat ou « jeux incertains » (les deux camps ayant le trait, ils disposent des mêmes chances de l'emporter).

Solution Williams - Mat en 3 coups

1.a4 b5
1...xa4 2.c2 b5 3.a2# ; 1...xa3 2.b5 a2 3.b2#.

2.c2+ xa4 3.a2#


Publié le 19/05/2006 - 19:00 , Mis à jour le 20/05/2006 - 18:18