L’idole de Tal
Moscou 1957, l’âge d’or des échecs soviétiques
« A la mémoire éternelle de Rachid Nejmetdinov, une étoile des échecs de toute première importance, un vrai magicien des échecs. » Dale Brandreth
Moscou 1957, l’âge d’or des échecs soviétiques (l’inconnu Nejmetdinov est à gauche de Petrossian)

Michael Tal (1936-1992) est sans doute, avec Bobby Fischer, celui qui m’a fait aimer le plus les échecs, celui qui a réussi à instiller la passion. J’ai eu la chance de le voir jouer à plusieurs reprises et, malgré le fait qu’il n’était plus qu’un ex-champion du monde, il conservait toujours les faveurs du public. « La supériorité du titre d’un ex-champion par rapport à celui de champion du monde est que l’on ne peut vous l’enlever » aimait-il dire. Imprévisible sur l’échiquier comme dans la vie, capable de prendre tous les risques, flambeur et humble à la fois, c’était un personnage attachant. Le tacticien par excellence que l’on qualifiait à juste titre de génial. C’est pourquoi j’ai été quelque peu surpris par les propos qu’il écrivit il y a bien des années en préambule d’une partie qu’il allait commenter.

« J’ai devant moi, un petit livre avec une couverture violette, c’est un recueil de parties, mais c’est en vain que vous chercherez le nom de l’auteur parmi les plus forts joueurs que le monde ait été capable de produire. Rachid Nejmetdinov de Kazan n’a jamais fait partie de cette catégorie, pourtant la lecture de cet ouvrage ne pourra manquer d’apporter un grand plaisir à tous ceux qui aiment les échecs. 

Avec le temps qui passe les performances illustrées par les grilles des tournois ont tendance à perdre de leur intérêt, alors que certaines parties de ces mêmes tournois peuvent vivre éternellement et, à cet égard, Nejmetdinov est l’un de ceux qui en a produites le plus.

J’ai joué quatre parties avec le maître Tatar et le score est de +3 -1 en sa faveur. En outre mon unique victoire était la conséquence d’une erreur stupide de mon adversaire dans une position qu’il n’aurait jamais dû perdre.»

Leur première rencontre avec les commentaires abrégés de Tal en 1974 qui sont un hommage à Nejmetdinov (1912-1974) (Source: Learn from the Grandmasters Keene Batsford 1975)

Tal « commente » 

Nezhmetdinov,Rashid - Tal,Mihail
URS-ch24 Moscow (6), 1957
Défense Française
[C17]

 

1.e4 e6

« Une de mes ouvertures les plus infructueuses. Presque toutes les parties où je l’ai choisie se sont terminées par une défaite. Je pense que ceci n’est pas accidentel. Les noirs, dans la Française, doivent jouer avec une grande précision, et c’est une qualité que je n’ai jamais eu en haute estime, ni maintenant ni à mes débuts.»

 

2.d4 d5 3.c3 b4 4.e5 c5 5.d2

« Ce n’est pas avec le souci d’éviter des complications précoces que Nejmetdinov évite la variante tranchante approuvée par la théorie, à savoir, 5.a3 xc3+ (probablement j’aurai essayé 5...a5 comme dans ma partie contre Robert Fischer à Leipzig en 1960.) 6.bxc3 e7 7.g4 avec un jeu très complexe. Le vieux coup choisi par les blancs n’a pas très bonne réputation, mais il est à la base d’un certain nombre de belles victoires. Il faut noter, en règle générale, que le maître talentueux n’essaye par d’obtenir un avantage théorique. Il est normalement plus intéressé à créer une situation tendue dans une position intéressante où on pourrait tout simplement jouer aux échecs. »

 

5...e7 6.a3

« Il est bien connu dans cette position qu’il n’y a rien à craindre pour les noirs de permettre au cavalier de venir sur d6 après » 6.b5 xd2+ 7.xd2 0–0

 

6...xc3 7.xc3 b6

« A l’époque le dernier cri sur le plan théorique. »

 

8.b4

« L’idée du dernier coup noir était de renforcer le pion c5. Les blancs à leur tour tentent de saper cette case. »

 

8...c7 9.f3 d7

« Les noirs pouvaient aussi considérer 9...cxb4 10.xb4 a5 Et les blancs ne peuvent s’emparer de la diagonale a3–f8 puisque 11.d6 est contré par 11...c3+. En préliminaire 11.b5+ ne changeait rien à l’affaire. Après 11.d2 les noirs peuvent jouer soit 11...0–0 (ou 11...a6).

Certes dans cette ligne de jeu les noirs doivent tenir compte de la faiblesse b6. Le coup de la partie n’est certainement pas mauvais. »

 

10.e2 c6

« La lutte pour le centre est en plein essor. »

 

11.0–0

« Sacrifiant un pion, son acceptation est risquée à cause de la position du roi resté au centre. »

 

11...0–0

« Maintenant les noirs ont l’intention de gagner le pion donc la réponse blanche est plus ou moins forcée. » 11...cxd4 12.xd4 cxe5 (12...dxe5 13.xc6 xc6 14.xg7) 13.b5 b8 14.f4 g6 15.f5 ge5 16.fxe6 fxe6 17.h5+ g6 18.g4 avec une dangereuse attaque. »

 

12.bxc5 bxc5 13.dxc5

« Naturellement dix-huit années ont passé, il est difficile de reproduire le cheminement complet de mes pensées à l’époque. Je me souviens avoir examiné la position qui survenait après 13…Cxc5 14.Fd3 Ce4 (la menace était 15.Fxh7 alors que 14…Cxd3 laissait les blancs avec l’initiative) 15. De1 et j’en ai conclus que les noirs devaient échanger sur c3 ou affaiblir leur position avec 15…f5. Dans les deux cas j’aimais l’aspect de ma position. Puis tout en examinant 13…Cxc5, je me suis laissé distraire par la vague idée que capturer le pion e5 était plus fort. J’ai travaillé sur la variante pour arriver à la conclusion que je serais capable d’occuper le centre avec mes pions. J’ai arrêté l’analyse au-delà du 20ème coup, et cette position a surgi sur l’échiquier! En accord avec tous les principes que je connaissais déjà assez bien à l’époque, disposer d’un centre de pions était une bonne chose. Après la partie il fut établi que 13…Cxc5 aurait apporté une bonne partie aux noirs. La pointe était qu’après 14. Fd3 Ce4 15.De1 le puissant et tranquille 15…Fb7 tenait le pion central car gagner le pion avec 16. Fxe4?! dxe4 17.Dxe4 Ce7 donnait une forte initiative aux noirs. »

 

13...cxe5?

« Ce que j’ai joué était probablement l’erreur décisive bien qu’il faille que le jeu blanc soit exemplaire pour le démontrer. »

 

14.xe5 xe5 15.d4 f6 16.f4 c6

« Comme je l’ai déjà dit, les noirs en accord avec le plan fixé, jouèrent ces coups rapidement. »

 

17.e3 d8 18.ad1 e5

« Ceci me semble être un de ces cas où le dicton – mieux vaut un mauvais plan que pas de plan du tout - est inapproprié. Les noirs, après avoir atteint le but d’un centre de pions idéals constatent, avec surprise, que leur position va devenir tout-à-fait désespérée. »

 

19.fxe5 fxe5 20.b5

« J’avais prévu ce coup dans mes calculs précédents. »

 

20...b7

« La tentative de gagner une pièce avec 20…d5 échoue après 21. De4! Maintenant j’étais assez satisfait de ma position. Les blancs ne peuvent gagner le pion e avec 21.Fxc6? à cause de 21…d4! »

 

21.g3

« Soudain je réalisais que mon adversaire avait jugé la position avec beaucoup plus de profondeur que je ne l’avais fait. La pression sur le pion e tôt ou tard, forcera les noirs à avancer un de leurs pions centraux, détruisant l’harmonie des pions pendants. Avancer le pion d permettait au fou c4 de prendre part à l’attaque contre le roi et avancer le pion e c’était permettre à l’autre fou d’entrer en jeu. Pour l’instant, toutefois, je considérais ma position comme pas mauvaise, surtout après avoir défendu g7. »

 

21...d7

22.f2!!

« Ce genre de coup tranquille provoque souvent une plus forte impression qu’une combinaison sauvage avec de lourds sacrifices. La menace est 23.Fxc6 Dxc6 24.Dxe5 et la capture du pion c5 ne se fera pas avec échec. Un autre avantage et de rendre possible après 22…d5 23.Fc4 Rh8 24.Tdf1! »

 

22...e8 23.h3!

« Un autre coup tranquille qui donne une case de fuite au roi blanc en cas d’urgence et c’est le moyen le plus simple de souligner le fait que la position noire est désespérée. Je réfléchissais pendant une heure dans cette position, sans trouver un plan convenable, avant de jouer l’éloquent… »

 

23...a8

« Avec un vague espoir de gagner un tempo en attaquant le fou b5. »

 

24.a4!

« Les blancs écartent même cette possibilité. »

 

24...b7 25.h1 a8 26.f5

« Après une brève introduction, nous obtenons maintenant une finale orageuse. Les menaces concrètes deviennent imparables. Aucun doute, j’aurais perdu la partie même s’il restait deux heures sur ma pendule mais, en réalité, il ne me restait que deux minutes. »

 

26...e4 27.xc7 xc7 28.fxd5

« Non pas pour gagner un pion mais dégager l’espace pour les fous. »

 

28...e3 29.d7 e2

« Clairement une erreur mais si 29…Te7 30.Txe7 Txe7 31. Td6 les noirs peuvent abandonner. »

 

30.b3+ e6 31.xe6+ f8 32.xg7+ 1–0

Nejmetdinov félicitant Tal en 1957 qui avait remporté le titre devant Bronstein et Keres lors de sa 2e participation au championnat de l’URSS.

Qui était donc ce joueur si brillant, ignoré par la plupart des dictionnaires d’échecs ? (occidentaux notamment) : The Oxford Companion to Chess (D.Hooper & K. Whild), Lexikon für Schach Freunde (M. van Fondern), Dizionario Enciclopedico degli Scacchi (A. Chicco & G. Porreca), Le Larousse des Echecs etc.

Un petit progrès avec « Le Dictionnaire des Echecs » de F. Le Lionnais & A. Maget qui mentionne une variante Nejmetdinov de la partie française, le début de l’existence du personnage dans « Le Nouveau Guide des Echecs » N. Giffard & A. Biénabe « Nejmetdinov Rachid 1912-1974 joueur Kazakh MI Champion de la Fédération russe en 1950, 1951, 1953, 1957 et 1958 »

Le sujet est mieux traité dans l’ouvrage Polonais « Szachy od A do Z » signé W.Litmanowicz & J.Gizycki mais c’est vers les dictionnaires russes qu’il faut s’orienter pour que cela s’étoffe vraiment avec l’historien Linder qui nous donne un portrait et ce qui est considéré comme sa meilleure partie.

Rachid Gibiatovich Nejmetdinov dans l’Encyclopédie russe

La voici avec les commentaires (abrégés) de Nejmetdinov car l’ami Fritz n’y comprend pas grand-chose. Cette partie illustre le mystère que représentait l’aura des Grands-Maîtres avant l’arrivée des monstrueux programmes à la logique impitoyable, inhumaine et froide.

Ces analyses sont le résultat d’un esprit créatif, foisonnant d’idées ne se heurtant pas aux parois du crâne. Il pourrait même être qualifié de déviationniste selon les critères staliniens !

Parfois le doute s’installe sur la correction des longues variantes, je ne peux que vous les soumettre pour examen, même, si comme me l’a rappelé le MI Werner Hug, il faut rester prudent :

« Lorsqu’après la partie, à l’analyse, je développais une longue variante avec Bent Larsen, ce dernier m’interrompit aussitôt en prononçant cette sentence : Long variation, wrong variation. »

Polougaïevsky
Nejmetdinov

Nejmetdinov « commente »

Polugaevsky,Lev - Nezhmetdinov,Rashid
Sochi, 1958
Défense vieille indienne
[A53]

 

1.d4 f6 2.c4 d6 3.c3 e5

« Les noirs choisissent cet ordre de coups pour éviter les difficultés du système Sämisch : 1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 Fg7 4.e4 d6 5.f3. »

 

4.e4

« Les noirs obtiennent du contre-jeu dans cette variante. A mon avis le plus souple 4.Cf3, qui ne fixe pas encore la position du centre, cause aux noirs beaucoup plus de difficultés et entrave la création d’un contre-jeu. »

 

4...exd4 5.xd4 c6 6.d2 g6 7.b3 g7 8.b2 0–0 9.d3 g4 10.ge2

« Les blancs ont joué tout cela rapidement. Contrairement à la fameuse partie Alatortsev-Boleslavsky (18ème Champ. d’URSS, Moscou 1950) où les blancs jouèrent 10.f3 et après 10...ge5! 11.e2 (Si 11.xe5 dxe5 permet de s’emparer de la case d4.) 11...xf3+ 12.xf3 d4 13.d1? f5 qui amena de sérieux ennuis, le maître de Kuibyshev utilise comparativement une nouvelle ligne où la manœuvre 10…Cge5 11.Fc2 favorise uniquement les blancs qui contrôlent le centre. Les noirs conservent aussi de bonnes chances d’obtenir l’initiative après 10.Cge2 comme va le montrer la partie. »

 

10...h4!

« Tellement contraire aux règles habituelles de la stratégie des ouvertures, les noirs, avant de terminer leur développement, optent pour une attaque précoce avec la dame, basée sur les spécificités de la position. Cela force les blancs à prendre une décision immédiate. La partie entre maintenant dans une phase de violentes complications tactiques. »

 

11.g3

Ce coup fut recommandé par Geller (11…Dd8!? =+ GM Cherniaev) mais pas 11…Cce5?! 12.gxh4 Cf3 13.Rd1! Cxf2 14. Rc2 Cxd2 15.Rxd2 Cxh1 16.Txh1+= et les pièces mineures pèsent plus lourd que la tour selon le GM Emms.

« La menace était, par exemple après 11.d1 xh2; Affaiblir l’ensemble des cases blanches de l’aile avec 11.g3 ne convenait pas de toute évidence aux blancs, bien qu’objectivement c’était la meilleure suite. »

 

11...ge5

« Apparemment le coup actif 11…f5 ne mène à rien parce qu’il y a 12.f4 Cxh2 (?!) 13.Cce2 suivi de 14.0–0–0. Mais maintenant 12…f5 menace avec force puisque 13.f4 n’est pas possible. » Cherniaev remarque que 11…f5! est prometteur car si 12.f4 (12.exf5 Fh6) Fd4! avec initiative.

 

12.0–0

« Différer le roque implique de grands dangers. »

Ici Nejmetdinov analysait plusieurs variantes pour corroborer son jugement (une page entière !) voici la principale : 12.e2 h6! 13.d1 f5 14.exf5 gxf5 15.d5 (15.0–0 f4 16.d5+ h8 17.e4 Cherniaev) 15...f4 16.e4 f5 17.f3 ae8 et il n’y a aucun moyen de se défendre face à l’attaque écrasante de toutes les pièces noires.

 

12...f5

« Il est rare que dans cette position quelqu’un refuse de jouer le simple coup gagnant 12...g4 13.h3 xf2 qui semble gagner un pion tout en conservant l’attaque. Les choses ne sont pas aussi simples quelles peuvent paraître à première vue, les blancs peuvent sacrifier de manière surprenante la dame pour deux pièces mineures après 14.xf2 d4 15.xd4!! xd4 16.d5!

Ici les habituelles évaluations basées sur un plan matériel n’ont pas lieu d’être; les caractéristiques spécifiques de la position sont de premières importances. En dépit du solide avantage matériel des noirs, la position blanche n’est en aucune façon mauvaise, et psychologiquement le revirement des évènements et uniquement en leur faveur. Ci-dessous plusieurs variantes pour confirmer ces propos :

16...e6 17.f6! gagne.
16...xg3 17.e7+ g7 18.xd4+ f6 19.f3 etc.
16...c6 17.f4 d8 (17...g5 18.h4) 18.f6 d7 19.e2 h5 20.xh5! gxh5 21.h4 h7 22.xh5 et gagne.
Même après le meilleur coup 16...c5 17.e2 xe2+ 18.xe2 f5 19.f4 h6 (19...d8!? 20.exf5 xf5 21.g4 g5!–+ Pishkin) 20.af1 les blancs ont de bonnes possibilités. 20...g5? (20...e6! 21.c7 g5!–+ Emms) 21.xf5! xf5 22.e7+ f7 23.xf5 etc.

« C’est pourquoi j’ai choisi un autre chemin de lutter pour l’initiative. » Le sacrifice de dame de Nejmetdinov est certainement aussi spéculatif que spectaculaire, comme parfois l’étaient ceux de Tal, mais très difficile à réfuter sur l’échiquier.

 

13.f3!

« Initie un plan défensif profond. » Après 13.f4 g4! 14.h3? d4+ 15.h1 xg3 16.hxg4 h4#

 

13...h6

« Les noirs doivent abandonner la grande diagonale sinon ils ne peuvent soutenir l’offensive des pions f5–f4, g6–g5–g4. »

 

14.d1 f4 15.ge2 g5 16.d5 g4 17.g3!

« La clé du système de défense choisi par les blancs. »

 

17...fxg3 18.hxg3 h3 19.f4

« Maintenant si les noirs optaient pour deux coups d’attaque avec 19…Cf3 20.Rf2 Dh2? la situation se renversait dramatiquement. Après 21.Re3 le roi blanc trouverait un refuge pour se sauver et les noirs se retrouveraient sous le feu d’une attaque qu’ils ne pourraient repousser. Quoi faire ? »

 

19...e6!

« C’est uniquement par cette méthode paradoxale, qui indirectement assure la position du cavalier sur e5 (20.fxe5 Fxd5 suivi par 21.Fe3) et prépare un assaut sur f4 (Tf7, Taf8, Txf4!) que l’on peut raviver l’initiative. »

 

20.c2?!

A nouveau une position critique excitante ! 1) Contrecarrer l’attaque avec 20.Fc1 se voit répliquer le sacrifice de déviation 20…Cd4!! affirmait Nejmetdinov; Le GM Emms ne voyait qu’un échec perpétuel après 21.Cxd4 Dxg3 22.Rh1 mais ici 22…Fxd5! 23.fxe5 Dh3 24.Rg1 Fg7! et l’arrivée du fou sur e5 avec attaque du cavalier et menace de mat donne raison au maître Tatar. 2) Après 20.Cxc7 le sacrifice 20…Fxd4! était décisif selon Nejmetdinov, voici trois variantes : a)21.Txf4 Txf4 22. Cxe6 (22.Cxa8 Tf3 23.Fc2 Txg3 24.Cxg3 Dxg3 25.Rf1 Dh3 –+) 22…Tf3! 23.Fc2 Txg3 +– selon Nejmetdinov. L’ami Fritz reconnait le maître et approuve, les pièces blanches sur l’aile dame sont incapables d’aider le roi. b)21. gxf4? g3! gagne facilement. c)21.Cxf4 Dxg3 22.Cg2 Cf3 –+ » En conclusion 20. Fb1 qui évitait d’exposer le fou à l’attaque du cavalier depuis b4 fut mentionné comme plus précis par Nejmetdinov avec à l’appui plusieurs variantes sur une demi-page !

 

20...f7 21.f2 h2+ 22.e3 xd5 23.cxd5

« Après 23.exd5 Te8 est très fort. » Le dernier espoir constituait à tenter 23.Dxd5 selon le GM Emms mais 23…Cb4 24.Dd2 Fxf4! 25.gxh3 Dh3 –+

 

23...b4 24.h1

24...xf4!!

« C’est seulement maintenant que j’ai décidé de jouer ce sacrifice envisagé au 19ème coup. Les intéressantes variantes qui vont être indiquées ci-dessous ne sont qu’une petite partie des innombrables possibilités. Il va sans dire qu’il était impossible de tout calculer sur l’échiquier. La combinaison était intuitive et c’est pourquoi il était difficile de l’entamer. »

 

25.xh2

« Ni 25.Cxf4 Cxc2 ou 25.gxf4 Fxf4 26.Cxf4 Cxc2 n’étaient possibles. Après 25.Fxe5 Tf3 était décisif. »

 

25...f3+ 26.d4

26...g7!!

« La problématique de cette position nécessite un diagramme. Les noirs n’ont plus leur dame; d’autre part le roi blanc est dans un réseau de mat. La singularité de cette position réside dans le fait que les menaces les plus importantes sont amenées par un coup tranquille. Pour être plus précis, maintenant 27…b5! suivi de 28…Cec6 menace mat. Dans tous les cas, il y a la menace 27…c5 28. bxc6 bxc6 et 29…c5 mat. Les blancs ont paré la première mais n’était pas en mesure de conjurer la deuxième. »

 

27.a4

Ici Nejmetdinov a développé sur près de deux pages les possibilités défensives de l’adversaire dont voici celle qu’il tenait pour la plus compliquée 27. Cc3! Txg3 28.Th5 Cbd3! 29.Fxd3 Cxd3 30.e5 dxe5 31.Rc4 Cb2 etc. Cette position chaotique permet de passer une bonne soirée avant de pouvoir conclure qu’elle est gagnante pour les noirs car jusqu’ici aucune réfutation n’a été trouvée. En 2011, Cherniaev dans « The new Old Indian » (Everymann Chess) commente : « Plus persistant 27.Cg1 Txg3! 28.Ce2 Tf3 29.Cg1 Ced3 30. Rc4 Cxb2 31.Rxb4 Fc3 32.Ra3 b5!! 33.Dd4!!? Fxd4 34.Cxf3 Fc3! 35.b4 Cc4 36.Rb3 Fxa1 37.Cg5 g3 –+ avec un avantage décisif noir. » Il reprend, sans la ponctuation, l’analyse de Nejmetdinov et sa contribution se limite à considérer 27.a4?! comme un coup douteux.

 

27...c5+ 28.dxc6 bxc6 29.d3 exd3+ 30.c4 d5+! 31.exd5 cxd5+ 32.b5 b8+ 33.a5 c6+ 0–1 Les blancs ont couché le roi devant le mat en un coup imparable.

« Il me semble que c’est la plus belle de toutes mes parties. »

L’artiste Galin Satonin immortalisa cette victoire.

« Plongé longtemps dans la réflexion, j’ai compris que je pouvais, pour ainsi dire, renoncer à tout espoir et que je perdais une partie qui serait rapportée dans le monde entier. » Polougaïevsky (1934-1995)

Nejmetdinov face à son ami Voloshin
Oleg Chernikov

Je ne peux résister à vous faire partager un autre sacrifice de dame contre Oleg Chernikov (né en 1936) dans une variante sulfureuse du Dragon accéléré.

Nezhmetdinov,Rashid - Chernikov,Oleg L
Rostov on Don, 1962
Sicilienne Dragon accéléré
[B35]

 

1.e4 c5 2.f3 c6 3.d4 cxd4 4.xd4 g6 5.c3 g7 6.e3 f6 7.c4 0–0 8.b3 g4 9.xg4 xd4 10.h4 a5 11.0–0 f6

Cette position avait jusqu’ici la réputation de conduire à une nulle. La dame ne peut se rendre sur g3 ou f4 à cause de 12…Dxc3! suivi de 13…Ce2+. Sur g4, après la poussée du pion, elle devait rejoindre d1 et la conclusion habituelle était 12.Dh6 Fg7 13.Dh4 Ff6 avec répétition des coups.

Un témoin, Voloshin, raconta : « Vingt, trente minutes s’écoulèrent et les blancs réfléchissaient toujours. Chernikov déambulait, impatient, attendant l’offre de nulle. – Sais-tu pourquoi Rachid réfléchit depuis aussi longtemps ? - me demanda-t-il avant d’ajouter - C’est complètement nul. S’il voulait jouer, il aurait dû réfléchir avant. - Je n’ai pas eu le temps de lui répondre car un jeune homme, complètement excité, s’avança vers lui. - Camarade, il a sacrifié sa Dame! - Après je n’ai plus vu Chernikov quitter l’échiquier un seul instant jusqu’à la fin de la partie. »

 

12.xf6!!

La fin est une histoire sans parole si ce n’est « O Lord, don’t let me be misunderstood. » avec les voix de Nina Simone et Eric Burdon !

 

12...e2+ 13.xe2 exf6 14.c3 e8 15.d5 e6 16.d4 g7 17.ad1 d6 18.d3 d7 19.f3 b5 20.c3 d8 21.xf6 e2 22.xh7+ g8 23.h3 e5 24.f4 xf1 25.xf1 c8 26.d4 b5 27.g5 c7 28.xf7+ xf7 29.h8+ xh8 30.xf7+ h7 31.xd8 xe4 32.c6 xf4+ 33.e2 1–0

Aktioubé ou Aqtöbe (« colline blanche ») ou Aktioubinsk est une ville du Kazakhstan.

Rachid Nejmetdinov est né le 15 décembre 1912 dans une famille pauvre de paysans d’Aktyubinsk, une ville du Kazakhstan. Il perdit ses parents très jeune et survécu à la guerre civile qui faisait rage entre 1918-19, opposant les Bolchéviques aux Russes blancs. Ils s’affrontaient sur ce point stratégique important à cause du passage de la ligne de chemin de fer qui la reliait à Asie centrale.

C’est son frère aîné, Kavi Nadzhmi, qui prit soin de lui et partit pour Kazan, ville musulmane annexée à l’Empire russe depuis 1870. C’était aussi une ville universitaire renommée à la fin du XIX siècle et l’un de ses plus célèbres étudiants ne fut autre que Lénine lui-même.

Son frère, beaucoup plus âgé que lui, s’engagea au début des années 20 dans les rangs de l’Armée Rouge et écrivit une série de nouvelles à la gloire de la Révolution et du collectivisme. Rachid se retrouva placé en orphelinat. C’est probablement ce qui le sauva de la grande famine qui a sévi entre 1921-22 dans la région de la Volga. (Cette famine débuta au printemps 1921 pour durer un an environ, suite à la guerre civile, touchant essentiellement la Volga, le Nord du Caucase et l’Est de l’Ukraine entraînant la mort de plus de 1.500.000 personnes.)

Nejmetdinov découvrit le jeu vers l’âge de 11 ans, presque par hasard, alors qu’il jouait avec des camarades. Il ramassa une feuille de papier qui traînait et affichait des signes et des diagrammes qui lui étaient complètement inconnus. Quelques jours plus tard, il réussit à déchiffrer son contenu, c’était les règles du jeu d’échecs !

Il se rendit au club d’échecs et ses débuts furent laborieux. « Ils me battaient tous jusqu’en 1927! » Cette année-là, il remporta le 1er championnat des « Pionniers » de la ville en gagnant toutes ses parties, 15 points sur 15 !

« L’école d’échecs soviétique » (Kotov & Ioudovitch Moscou 1959) nous livre une vision beaucoup plus romantique : « Rachid Nejmetdinov est né en 1912. Son père était un pauvre paysan tatar. Sous les tsars, le lot de la famille Nejmetdinov était un travail exténuant dans les champs des hobereaux et des koulaks, la misère, l’analphabétisme. Mais la Grande Révolution socialiste d’Octobre ouvrit à tous les travailleurs le chemin de l’aisance et de la culture.

C’est à l’école que Rachid commença à jouer aux échecs. Son premier succès date de 1927 lorsqu’il enleva le championnat des écoliers de Kazan avec 15 points sur 15. »

Kazan (littéralement « chaudron ») est une ville de Russie et la capitale de la république du Tatarstan.


Il devint champion de Kazan en 1930 et se mit vraiment à étudier la théorie, surtout les parties de Capablanca et Alekhine. Entre 1931 et 1933, il vécut à Odessa et remporta le championnat de la ville à deux reprises. Nejmetdinov avait atteint à cette époque le niveau d’un candidat maître comme le démontre cette partie.

Nejmetdinov « commente »

Korchmar - Nezhmetdinov,R
Odessa, 1931
Attaque Torre
[D03]

 

1.d4 d5 2.f3 f6 3.g5 e6 4.e3 e7 5.d3 0–0 6.bd2 c5 7.c3 b6 8.e5 b7 9.f4 bd7

« Les blancs ont traité l’ouverture de manière originale et obtenu de bonnes chances d’attaque. Cependant au coup suivant, Korchmar entame un plan incorrect qui inclut le grand-roque. En exploitant les faiblesses de l’aile dame, les noirs seront les premiers à organiser une attaque. 10.0–0 était correct avec plus tard un transfert de la tour f1–f3–h3 pour attaquer ensuite avec les pièces. »

 

10.f3 xe5 11.fxe5

« Ceci permet la dangereuse attaque qui va suivre par le cavalier noir. Le bon coup était 11.dxe5 »

 

11...e4! 12.xe7 xe7 13.0–0–0

13.xe4 dxe4 14.xe4 h4+ qui perdait une pièce.
13.xe4 dxe4 14.e2 cxd4 les noirs avaient de bonnes perspectives. C’était tout de même la meilleure suite pour les blancs. »

 

13...f5

« Avant de commencer les opérations sur l’aile dame, les noirs renforcent solidement la position du cavalier centralisé et privent les blancs de toutes possibilités d’attaque. »

 

14.df1?

« A la poursuite d’une attaque imaginaire, Korchmar retire ses pièces de l’aile dame où il va bientôt subir une attaque. Il était nécessaire de jouer maintenant 14.Rb1 ou au coup suivant. »

La base tactique de ce coup tient au fait qu’après 14.exf6 xf6 15.h5 g6!? (15...h6 proposé par Nejmetdinov se voit opposer 16.e2) 16.h4 f2 17.hf1 g5! 18.xg5+ g7 19.xg7+ xg7 20.f3 xd3+ 21.xd3 a6 gagnait la qualité.

 

14...ac8 15.hg1? cxd4 16.exd4 xc3! 17.bxc3 xc3+ 18.b1

Si 18.d1 a3 19.e2 xd3!–+

18...a3 19.b3 a6 20.d1 c4! 21.c1 xc1+! 22.xc1 xa2# 0–1

De la véritable graine de champion et pourtant Nejmetdinov n’obtiendra de la FIDE que le titre de maître international en 1954.

Il disputera très peu de tournois dans les années 30, après avoir brillé également au jeu de dames. Il fut mobilisé dans l’armée dès le début de la Grande Guerre patriotique en 1941. Il remporta le championnat du district militaire de Transbaïkalie devant Viktor Baturinsky (1914-2002), alors que les forces armées soviétiques se préparaient à intervenir, sur la frontière de la Mongolie, pour contrer une éventuelle invasion des troupes japonaises installées en Chine. Nejmetdinov participe à la terrible bataille qui va provoquer la chute de Berlin et du 3ème Reich en 1945. A l’issue de la guerre, il remporta le tournoi de l’administration militaire soviétique à Berlin en 1946. Il était devenu incontestablement un maître capable de se mesurer aux meilleurs joueurs de l’URSS. Le match contre Vladas Mikenas (1910-1992), disputé à Kazan en 1948, est son examen pour obtenir le titre convoité de « Maître de sport de l’URSS ». Son adversaire était un maître lithuanien expérimenté qui avait infligé la seule défaite du tournoi de Kemeri 1937 à Alexandre Alekhine, le privant de la 1ère place.

Nejmetdinov avait sérieusement travaillé les échecs pour préparer ce match, il s’était créé un répertoire d’ouvertures et, lors d’un séjour à l’hôpital peu avant, il étudia les finales du compositeur d’études Leonid Kubbel (1892-1942). Seul, sans échiquier, il résolvait les problèmes posés par les diagrammes. « Ceci m’a beaucoup aidé pour une meilleure compréhension des finales et des stratagèmes tactiques. »

Pourtant ce n’est qu’un demi-succès car le match s’est achevé sur un résultat nul (+4 -4 =6). « Donc, formellement Nejmetdinov ne pouvait prétendre au titre de maître, car d’après le règlement, le candidat doit vaincre son adversaire. Mais l’analyse de ses parties montrait que sa classe s’est considérablement élevée et qu’il pouvait escompter de beaux succès. » Kotov

Assis à gauche Klaman, Nejmetdinov au centre et Baturinsky à droite portant des lunettes.

Bagirov « commente »

Nezhmetdinov,Rashid - Mikenas,Vladas
Kazan
m, 1948
Défense Alekhine
[B02]

 

1.e4 f6 2.e5 d5 3.c4 b6 4.c5 d5 5.c4 e6 6.c3 d6

« La variante Mikenas, fondamentalement les noirs ne prêtent aucune attention au profit matériel mais cherchent à renforcer leur position au centre; allant jusqu’à sacrifier un pion. »

 

7.xd5 exd5 8.xd5 c6

« Ne va pas bien 8…dxe5 9.Df3. Après le coup de la partie les blancs sont pratiquement obligés de prendre des mesures extrêmes, étant donné qu’une retraite du fou permettrait aux noirs de rétablir l’égalité matérielle avec de bonnes perspectives. »

 

9.xf7+! xf7 10.cxd6 e8!

« Une curieuse position avec un rapport matériel assez rare pour une ouverture. Les noirs ont perdu la possibilité de roquer, leur fou f8 est enfermé et n’entrera pas facilement en jeu. Il ne reste plus aux blancs qu’à roquer, après quoi ils pourront se lancer à l’attaque avec leurs terribles pions. »

 

11.e2

Pour éviter le contre-sacrifice qui va suivre, Nejmetdinov recommandait 11.f3+ g8 12.e3 e6 13.e2 d7 14.d4 avec un léger avantage blanc.

 

11...c5 12.f3 xd6! 13.g5+

Peu clair était 13.exd6 xe2+ 14.xe2 e8+ 15.d1 g4 16.d4!? cxd4 17.f4 etc.

 

13...g6 14.d3+ xg5 15.xd6 d8?

« Beaucoup plus fort était 15...c6! 16.d4+ h5 17.xc5 e7 avec des chances réciproques. »; 15...c6!! semble encore plus fort avec attaque sur g2 car après la poussée du pion d le roi trouve refuge sur la case h5 et il n’y a pas de menace directe GB.

 

16.d4+ f5?

« Entrave le développement du fou. » 16...h5! et si 17.g4+ xg4! maintenant on peut tirer le rideau comme vont le démontrer les blancs avec conviction.

 

17.g4+!

« Un sacrifice de pion qui permet de gagner un tempo pour mettre la tour en jeu. »

 

17...e4

Si, 17...xg4 18.g1+ h5 19.dxc5 et le roi se retrouve sur la colonne h, isolé, sous le feu de 3 pièces blanches.

 

18.xc5

« La menace est 19.f3! suivi de 20.0–0 » (Nejmetdinov)

 

18...f8

Si 18...xd4 19.f3+ d3 20.a3+ c4 21.b3+ c5 22.e3 Nejmetdinov.

 

19.0–0 1–0

Tal face à Mikenas

La chasse au roi était un sport qu’affectionnait particulièrement le maître tatar.

Shamkovich « commente »

Nezhmetdinov,R - Kamishov
Gorki, 1950

Défense Caro-Kann [B11]

1.e4 c6 2.f3 d5 3.c3 f6?! 4.e5 e4 5.e2! b6 6.d4 c5 7.dxc5 xc5 8.ed4 c6 9.b5 d7 10.0–0!

« Un splendide sacrifice de pion au service du développement. »

10...xe5 11.xe5 xb5 12.xb5 xb5 13.e1 f6 14.g5 e6 15.c4!

« Après avoir obtenu une avance considérable dans le développement, les blancs s’efforcent d’ouvrir les lignes. »

15...a5

« Si 15...dxc4 16.xf6 gxf6 17.a4! d5 18.xd5 exd5 19.g6+ etc. »

16.xf6 gxf6

« La tranchante bataille de l’ouverture a atteint son point culminant. Les blancs ont obtenu un avantage impressionnant mais si le cavalier se retire suit 17…0–0–0! et les problèmes des noirs sont résolus. »

17.xf7!?

Spectaculaire mais 17.cxd5 fxe5 18.dxe6 était plus efficace pour ouvrir les lignes. (GB)

17...xf7 18.h5+ e7

Si 18...g8 19.g4+ g7 20.xe6+ f8 21.d6+ g8 22.e7 décide de la partie. »

19.cxd5 e5 20.f4! xd5?

La situation n’était pas aussi désespérée après 20...b6+ 21.h1 g7 car l’attaque ne semble pas apporter plus qu’un échec perpétuel après 22.fxe5 fxe5 23.xe5+ xe5 24.xe5+ d7 25.g7+ d6 26.g3+ d7! (GB)

21.fxe5 f5

« Les noirs font tout leur possible pour éviter les ouvertures des lignes mais en vain, l’attaque blanche est irrésistible. »

22.e6 f6 23.h4! c5+ 24.h1 xe6? 25.h6+! 1–0

Nejmetdinov donnant une simultanée en 1954.

Ce n’est qu’au début des années 50 qu’il sera reconnu par ses pairs comme un très grand joueur. Il abordait la quarantaine et le train de l’histoire avait déjà passé pour envisager une carrière internationale. Pourtant dans cette décennie, il accumule les victoires, il est champion de la Fédération de Russie en 1950 à Gorki devant Boleslavsky, à Yaroslav en 1951 et à Saratov en 1953. En 1954, il est qualifié pour l’épreuve reine; le 21ème championnat de l’URSS à Kiev (+7 -6 =6) et, peu après, il participe au tournoi international de Bucarest, un des rares tournois internationaux qui lui permit de jouer hors d’URSS. Une excellente 2ème place derrière Viktor Korchnoi mais devançant des joueurs comme Holmov, Filip, Furman, Pachman, O’Kelly, Stahlberg, confirme qu’il est entré dans la cour des grands et la FIDE pour cette performance, lui décernera peu après le titre de MI.

Je ne puis que vous recommander de consulter le livre de ses meilleures parties traduit en anglais (Caïssa Editions Yorklyn De 2000)

« A la mémoire éternelle de Rachid Nejmetdinov, une étoile des échecs de toute première importance, un vrai magicien des échecs. » Dale Brandreth

Citons aussi le travail d’Alex Piskhin « Super Nezh » (Thinkers Press Inc. Davenport, Iowa 2000) un hommage avec 100 parties d’un admirateur du maître tatar qui décéda juste avant la publication de son livre. Pour conclure un petit salut amical à Marc Quenehen qui m’a incité à écrire cet article sur Nejmetdinov, l’idole de Tal !

Après avoir terminé mon article j’ai découvert une biographie en 3 volets à voir absolument : Rashid Nezhmetdinov documentary - YouTube

Je tiens à remercier Gérard Demuydt pour son aide régulière dans la mise en ligne de mes articles et le Musée du Jeux de La Tour-de-Peilz pour m’avoir permis de consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld www.museedujeu.ch

Georges Bertola


Publié le 28/03/2015 - 08:00 , Mis à jour le 08/04/2015 - 18:55
Les réactions (4)
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SylvainRavot - 24/03/2015 13:03
Magnifique article, ce qui n'est guère une surprise venant de Georges Bertola, mais toujours un ravissement.
De manière amusante nous avons étudié Nezhmetdinov-Chernikov hier lors de la masterclass sur le sacrifice de Dame positionnel !