Vous avez dit attaque Trompowsky ?
Les participants du tournoi de Carrasco 1938
Sur les traces du poète Isidore Ducasse, alias le Comte de Lautréamont, je retrouvais l'empreinte d’un tournoi oublié par l’histoire et remporté par le grand Alekhine. Par Georges Bertola.

Il y quelques années en traversant le Rio de la Plata je me suis rendu en Uruguay avec l’espoir de trouver quelques traces d’un poète fascinant, Isidore Ducasse, alias le Comte de Lautréamont, l’auteur d’un des textes les plus mystérieux de la littérature « Les Chants de Maldoror. »

Si malheureusement cette visite trop brève fut infructueuse, je retrouvais quelques traces d’un tournoi oublié par l’histoire remporté par le grand Alekhine.

Les participants du tournoi de Carrasco 1938

Un petit livre signé Adolfo R. Varlotta et Hector Silva Nazzari, publié en 1960, témoignait de l’existence du « Torneo Internacional de Ajedrez Carrasco 1938 » qui vit le champion du monde Alekhine s’imposer invaincu (+11 =4) devançant l’élite des joueurs sud-américains avec à leur tête l’Argentin Carlos E. Guimard devancé d’un point et demi. (Un recueil de toutes les parties fut aussi le travail de Dale A. Brandreth qui publia une édition limitée à 300 copies du tournoi en 1960)

Le livre du tournoi de Carrasco

Ce fut le premier tournoi important organisé en Uruguay avec la participation du champion du monde même si Alekhine avait déjà visité le pays avant son match contre Capablanca en 1926, donnant plusieurs simultanées et autres parties d’exhibitions.

Voici une partie très peu connue, qui n’est pas mentionnée dans le volumineux « Alexander Alekhine’s Chess Games 1902-1946 » de Skinner et Verhoeven, d’une modernité étonnante. L’Uruguayen José Montalban fut l’un des premiers à jouer régulièrement l’insolite et désormais moderne 2.Fg5!?

Alekhine à Buenos Aires 1927 avec dédicace (Collection Guy Gignac)

Montalban,J – Alekhine,A
Montevideo, 27.10.1926
Attaque Trompowsky
[D00]
Source : Ajedrez Uruguayo 1880–1980 Hector S. Nazzari

1.d4 f6 2.g5 c5 3.d5 b6 4.xf6 gxf6 5.c1 h6

« Ce coup d’apparence dynamique est en fait une erreur, les blancs ne peuvent accepter l’offre car le pion b2 est en prise, mais une fois que les blancs auront bloqué f4 le fou aurait été mieux sur g7. » GM Davies en 2005

6.e3 d6

Critique est 6...f5 7.c4 f4 qui justifie la position du fou de cases noires après 8.exf4 xf4 9.xf4 xb2 10.e2 xa1 11.ec3 et le problème posé par l’enfermement de la dame est au cœur du débat. Voir par exemple Hodgson-Van der Wiel (Amsterdam 1994)

7.c4 f5

Alekhine cherche à dynamiser le jeu de pièces, ce qui est une caractéristique de son style.

8.c3 d7 9.f4 e5

Chercher le pion c ne conduit nulle part; par exemple 9...b4 10.f3 b6 11.d2 avec un léger avantage blanc.

10.g3 exf4 11.gxf4 0–0–0 12.d2 b4?!

Provoque l’échange des dames permettant ainsi au roi blanc resté au centre de devenir une pièce forte.

13.b5! xd2+?! 14.xd2 b6 15.d3! xd3 16.xd3 hg8? 17.e2?!

Après le simple 17.xa7+ les blancs gagnaient un pion sans compensation, ils restaient avec la meilleure structure, si 17...d7 18.e2 g2 19.b3 f5 20.g3 g7 21.ab1 a8 22.b5 axa2 23.xf5 avec un avantage blanc décisif.

17...a6 18.bc3 g6 19.hg1 d7 20.g3 dg8 21.ce2 c8 22.f5 f8 23.g3 e7 24.e4! xf5 25.xf5 e7 26.ag1

Une meilleure structure de pions, un cavalier supérieur au fou et un roi très actif assurent une nette domination aux blancs. Alekhine est surclassé sur le plan stratégique!

26...h8 27.h3 h6 28.g3 b5 29.c1 d7 30.b4 cxb4 31.cxb5 axb5 32.e4

L’illustration on ne peut plus claire de la supériorité du cavalier.

32...a8 33.c6 xa2 34.xf6+?

Supprimer immédiatement l’obstacle de l’avance du pion d avec 34.xd6+! était plus précis après 34...c7 35.c6+ b7 36.c5+ a7 37.d6 et les Blancs gagnent.

34...d8 35.xd6+ c8 36.e4?

Les noirs retrouvent un jeu actif en réactivant les pièces si 36.e4 f2!; Ou 36.b6 g7; Ou encore 36.c6+ b7 37.c5 b6 38.d7+ a5 et les pions passés sur la colonne b offrent du contre-jeu 39.e5 b3! etc.

36...f8! 37.xg6?

37.f6 offrait plus de résistance après 37...xf6+ 38.xf6 b3 39.e4 b2 40.b3 a3 41.xb5 a1 42.xh7 b1 43.xb1 xb1 44.g5 b7 45.e5 d8 46.h4 mais la tour est sans doute trop forte pour s’en sortir.

37...fxg6+ 38.e6 b3 39.c3 b2! 40.d6 b4 41.b1 a1 42.e4

42...xd6!

Une dernière pointe pour mettre le roi à découvert avec gain d’un tempo pour promouvoir le pion avec un échec sur la colonne d.

43.b3 xb1 44.e5 d8 45.h4 e8 46.h5 gxh5 0–1

Source : Ajedrez Uruguayo 1880–1980 Hector S. Nazzari

Livre Ajedrez Uruguayo 1880-1980

Il faut relever que lorsque fut jouée cette partie, cette ouverture n’était pas encore dénommée du nom du joueur brésilien Octavio Figueira Trompowsky de Almeida (1897-1984) qui participait au tournoi de Carrasco, joué du 7 au 25 mars 1938 à l’hôtel Miramar. Ce dernier en fit un usage régulier dans les années 30. Il est qualifié « d’obscur champion brésilien » par le GM Soltis, ce qui ne me semble pas approprié, voici quelques parties pour le mettre en lumière.

Debout à gauche, Octavio Figueira Trompowsky

Tout d’abord la partie qui l’opposa à Alekhine, ce dernier se retrouve au bord de l’abîme. Les commentaires sont de Trompowsky, extraits de son livre « Partidas de Xadrez » un livre rare publié en 1941 qui contient 106 de ses parties.

Alekhine Alekhine 1937

Trompowsky « commente » 

Alekhine,Alexander - Trompowsky,Octavio
Carrasco (13), 1938
Partie Catalane
[E01]

1.d4 f6 2.c4 e6 3.g3

« Pour la première fois de ma vie je dus combattre cette ouverture, dénommée Catalane, dont j’avais eu connaissance grâce à quelques parties jouées par mon formidable adversaire lors du championnat du monde. »

3...d5 4.g2 c6

« La théorie recommande 4…dxc4 joué par Euwe à plusieurs occasions. Le coup de la partie, dont l’objectif était d’éviter d’ouvrir la diagonale du fou blanc, restreint trop la position des noirs. »

5.f3 bd7 6.0–0

« 6.Cc3 avait l’avantage d’empêcher mon coup suivant qui semble conduire à une bonne position. »

6...e4!?

Si 6…Fe7 7.Dc2 0–0 conduisait à une position normale de la Catalane fermée.

7.fd2 xd2 8.xd2 f5

« Etablissant une sorte de « Stonewall ». Une idée qui ne semble pas mauvaise parce que les noirs ont renoncé à toutes idées de victoire, se limitant à jouer pour la nulle. »

9.f3?!

Le début d’un plan douteux, plus positionnel 9.Dc2 Cf6 10.Cf3 (Khalifman).

9...f6 10.h1?!

« A ce stade le champion joue, trop en confiance, sans justification. Il projette un sacrifice de pion risqué qui pouvait transformer la partie, si les noirs avaient renoncé à leur attitude défensive. En jouant un coup comme 10…h5! ils obtenaient une lutte ouverte dans laquelle les chances étaient réciproques. »

10...e7 11.e4 dxe4 12.fxe4 xd4 13.e2 d8?!

« Une erreur qui récompense les blancs de leur sacrifice de pion audacieux. S’imposait 13…De5! qui augmentait les possibilités de compliquer la tâche des blancs qui devenait beaucoup plus difficile. »

14.e5

Chercher à ouvrir le jeu semblait logique après 14.exf5 exf5 15.e1 f7 16.f3 e8 17.g5 b4 mais les simplifications avantageaient les noirs 18.xe8+ xe8 19.xe8 xe8 20.e5+ f8 avec un léger avantage noir. (Khalifman)

14...g4 15.h3 h6 16.f3 f7 17.g4 g6?!

« Ici également il semble que 17…fxg4 assurait une meilleure défense. »

Les noirs étaient très impressionnés d’affronter le champion du monde et sous-estiment leurs chances alors qu’Alekhine se montre, au contraire, très téméraire, par exemple 17...fxg4 18.hxg4 0–0 (Khalifman) permettait aux noirs de terminer leur développement avec un bon pion de plus.

18.gxf5 gxf5 19.f4 b6 20.ad1 d7 21.d4 c5

« Pour éviter 22.Cxf5 suivi de 23.e6. »

22.b5

Et pourtant très fort était 22.xf5!! exf5 23.d6! xd6 24.exd6+ d8 25.e7+ c8 26.xf7 xb2 27.e1! avec les menaces 28.Te7 et 28.Dg7 permettait de conduire une attaque décisive.

22...0–0–0

« Dans une position déjà difficile à cause des erreurs aux 13 et 17ème coups, les noirs commettent maintenant une nouvelle erreur qui semble compromettre irrémédiablement la partie, en raison des deux puissants fous pointés vers la demeure du roi noir. »

23.h2 a6?

« Il n’y avait pas d’urgence à questionner ce cavalier, c’est pourquoi 23…Rb8 offrait plus de chances. »

Selon Khalifman simplifier avec 23...xb5 24.cxb5 xd1 25.xd1 d8 permettait de conserver l’avantage grâce au pion de plus.

24.d6+ xd6 25.exd6 e5 26.d5

« Cette possibilité m’avait échappé lorsque j’ai joué mon 23ème coup. »

26...exf4 27.xf7 hf8 28.d5 b8 29.f2 de8 30.b4?!

« Ce coup semble confirmer l’observation de quelques analystes. Les maîtres aussi font des fautes et même le champion du monde n’est pas exempt d’erreur aussi flagrante. Correct était 30.Td2 comme l’a démontré Alekhine lui-même après la partie. »

30...e3!

« Une ressource imprévue qui a certainement échappé aux blancs. »

31.xf4 cxb4

A considérer le coup intermédiaire 31…Te2!?

32.f3 a3 33.d2?! a5 34.d4

Si, 34.f2 e5+! 35.g1 (35.h1 xf3! 36.xf3 c6–+) 35...g8+ 36.g2 ag3 et l’attaque noire est décisive.

34...xa2+ 35.h1 c8

Plus précis 35...a3! 36.c5 (36.b1 c6 37.f4 a8–+) 36...a5 37.g7 c6! 38.c7+ a8 et les noirs gagnent.

36.g1 a3 37.d3

37...b3??

« Pressé par la pendule, je laissais échapper une excellente opportunité d’obtenir une invraisemblable victoire sur le champion du monde qui semblait certaine si j’avais joué 37…Db2! comme le prouvèrent les analyses post mortem. »

38.b6! 1–0

Une fin abrupte, le mat est imparable!

Une des premières monographies sur l’attaque Trompowsky (J. Adams 1979)

Le joueur brésilien réalisa un parcours moyen avec un 9ème rang sur 16 (+3 -4 =8. Il usa de la « Trompowsky » à une seule reprise dans ce tournoi. Une partie instructive contre le joueur uruguayen Ernesto J. Rotunno.

Trompowsky,Octavio - Rotunno,Ernesto
Carrasco (14), 1938
Attaque Trompowsky
[D00]

1.d4 f6 2.g5

« Ce coup, par lequel les blancs renoncent à priori à la possibilités de jouer avec la paire de fous, est correctement considéré moins énergique que 2.c4 ou 2.Cf3. A l’occasion avec les pièces blanches, il est permis de jouer un certain nombre d’excentricités sans risquer de rompre l’équilibre de la position. » Alekhine

2...d5 3.xf6 exf6 4.e3 g6?!

Après la poussée d5, il est plus logique de développer le fou sur d6 pour contrôler les cases noires c5 et e5.

5.c4 g7 6.c3 dxc4 7.xc4 0–0 8.h4 c5?!

Une action latérale doit être contrée par une réaction centrale préconisait Steinitz. Ralentir l’attaque sur l’aile roi avec 8...h5 9.ge2 c5 10.dxc5 a5 11.f4 est dangereux 11...xc5? (11...f5 12.d5! d8 13.0–0 c6 14.e4 est prometteur pour les blancs) 12.xg6 xc4 13.e7+ h7 14.xh5+ h6 15.cd5 c6 16.f5 xf5 17.xf5+ g7 18.h3 et l’attaque blanche est irrésistible.

9.h5!?

Plus solide était 9.Cge2.

9...cxd4 10.hxg6 hxg6 11.exd4 c6 12.ge2 f5!?

Les noirs ont remporté le duel stratégique avec la création d’un pion faible et isolé chez l’adversaire.

13.d3

Alors que les blancs mettent tout leur espoir dans l’attaque sur l’aile roi via la colonne h.

13...e8

Il n’y avait pas d’objection à encaisser le butin 13...xd4 14.0–0–0 xe2+ 15.xe2 g5+ 16.b1 f4! 17.e4 f5 , etc.

14.0–0–0 a5 15.d5!? d7

Liquider le fou de cases blanches avec 14…Fe6! était sans doute la suite critique.

16.g4!? c8 17.b1 c6 18.f3?

Les blancs jouent « tactique » car ils sont dominés sur le plan stratégique.

18...f6 19.g5!? xg5 20.hg1 f6 21.f4

21...f8?!

Après 21...xd4! 22.d3 e6–+ les noirs se retrouvaient avec deux pions de plus et repoussaient l’attaque.

22.ce2 d6?

Abandonne la surveillance du maillon faible.

23.xg6+!?

Après 23.xf7!! suivi de 24.Txg6! le roi noir se retrouvait à découvert et sans ressources face à l’attaque des pièces blanches.

23...fxg6 24.f4 e7 25.b3?

Les blancs disposaient d’une dernière cartouche 25.xg6!! xg6 26.a3!! et la menace de mat permet de récupérer le matériel après 26...e6 (26...xa3?? 27.xg6#) 27.xe6 xa3 28.xg6+ e8 29.xd7+ xd7 30.bxa3 etc. Le reste fut joué sans doute en zeitnot.

25...h6 26.d3 c6 27.h3 g7 28.c1 d5 29.a4 ed8 30.f3 f7 0–1

Hôtel Miramar de Carrasco

Trompowsky avait utilisé un plan similaire dans une partie qui l’avait opposé à Endzelins, alors que pour la première fois l’équipe du Brésil participait à une « Olympiade non officielle » dans l’Allemagne nazie, à Münich en 1936. Son adversaire Lucijs Endzelins (1909-1981,) qui jouait sous les couleurs de la Lettonie, s’enfuira à l’Ouest à la fin de la Seconde Guerre mondiale devant l’avance des troupes soviétiques, pour se réfugier en Australie.

Octavio Trompowsky avec l’équipe du Brésil à Buenos Aires 1939
Lucius Endzelins (tout à droite) à Buenos Aires 1939 avec l’équipe lettone.

Trompowsky,Octavio - Endzelins,Lucius
Munich ol (Men) (9), 22.08.1936
Attaque Trompowsky
[D00]

1.d4 f6 2.g5 d5 3.xf6 exf6 4.e3 d6

Intéressant 4…Fe6 « avec l’idée d’empêcher la formation 5.c4 suivi de 6.Cc3. L’objectif principal des noirs est de garder le contrôle de d5 et éventuellement e4. » Alekhine

5.c4 dxc4 6.xc4 c6

Plus précis 6...0–0 et les noirs, sans aucun effort avec des coups de développement normaux, ont obtenu une bonne position après 7.h5 d7 8.c3 f5! 9.ge2 (9.xf5?! e5!) 9...f6 10.f3 e8 11.0–0–0 c6 12.g3 a5 13.h5 xh5 14.xh5 e6 = Trompowsky-Vaitonis (Buenos Aires 1939) 15.xe6 fxe6 16.b1 suivi de 17.Tc1 avec une position égale. (Alekhine)

7.c3 0–0 8.h5?!

Trompowsky était un attaquant sans doute un peu trop optimiste avec cette affirmation: « La possibilité d’occuper une telle position avec la dame est une occasion à ne jamais rater pour un joueur offensif. »

Voici un traitement plus moderne et positionnel 8.f3 f5 9.c2 d7 10.d3! g6 11.h4! e7 12.h5 f6 13.hxg6 fxg6 14.c4+ e6?! (14...g7!?) 15.xe6+ xe6 16.g5 c4 17.g4!? b4 (17...fxg4?? 18.xh7!+–) 18.gxf5 d5! 19.fxg6! xc3 20.bxc3 xc3+?! 21.xc3 xc3+ 22.e2 xa1 23.gxh7+ h8 24.xa1 Kramnik-Tkachiev (Moscou 2006) et les blancs, avec 2 pions pour la qualité et un cavalier bien placé, ont peut-être les meilleures possibilités. 24...f5 25.f4 e8 26.f3 c5 27.e4 xg5 28.fxg5 cxd4 29.g6 g7 30.h1 h8 31.e5 xg6 32.e4 xh7 33.xh7 xh7 34.xd4 g7 35.d5 f7 36.d6 e8 37.c7 a5 38.a4 e7 39.xb7 e6 40.b6 xe5 41.xa5 d6 42.b6 d7 43.b7 1–0 (43) Kramnik,V (2788)-Tkachiev,V (2664) Moscow 2008 (blitz).

8...e7

Plus faible est de répondre à la provocation 8...g6?! 9.f3 f5 10.ge2 d7 11.h4 h5 12.f4 g7 13.g3 f6 14.0–0–0 a5? 15.d5! b5 16.dxc6 bxc4 17.xd6 1–0 Trompowsky-Belo (Rio de Janeiro 1937)

9.ge2 d7 10.g3 g6

Intéressant 10…Cb6!? pour éviter d’affaiblir le roque ou même au coup suivant 11…Cb6 12.Fb3 Fe6 etc.

11.f3 f5 12.h4

« La partie devrait être déjà perdue pour les noirs. L’attaque blanche est imparable. » Trompowsky (Deutsche Schachblätter 1936)

12...xg3?!

Sans doute prématuré 12...b6 13.b3 h5 suivi de 14…Fe6 était à considérer.

13.xg3 f6?!

Plus résistant 13...f6 14.h5 e6 avec un léger avantage blanc.

14.h5 e8?

« En permettant l’ouverture de la colonne h les noirs sont complètement perdu. Une résistance opiniâtre découlait de 14…g5! » K. Richter

15.hxg6 hxg6 16.0–0–0 b5 17.b3 g7

Menaçait 18.Th6 Rg7 19.Thd1. Même ainsi le redéploiement des forces noires arrive trop tard.

18.h4 f6 19.dh1 e6 20.h2 f8

Si 20...h5 21.d1 b4 22.xh5 bxc3 23.f3 cxb2+ 24.b1 f8 25.xc6+–

21.h8+ e7 22.c7+ d7 23.e5+ d8

Si 23...e6 24.8h7 xh7 25.xh7 xh7 26.xe6 fxe6 27.g7++– Richter

24.1h7!! 1–0

« Une conclusion brillante. » Richter

Olympiade de Münich 1936

Octavio Trompowsky fut sacré champion du Brésil en 1939. Si son nom s’apparente aujourd’hui à une ouverture très à la mode, il est presque tombé dans l’oubli en tant que joueur. « Il naquit à Rio de Janeiro le 30 novembre 1897, issu d’une famille importante de la scène politique brésilienne ; son père était un militaire comme son frère Armando, qui fut ministre de l’aéronautique du gouvernement Dutra. » (Source : Campeoes de Xadrez - Rogério Ribeiro da Luz)

Je tiens à remercier le Musée du Jeu de La Tour-de-Peilz www.museedujeu.ch pour m’avoir permis de consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld, et Guy Gignac pour m’avoir procuré un superbe document sur Alekhine.

Georges Bertola


Publié le 05/03/2015 - 00:10 , Mis à jour le 08/03/2015 - 16:44
Les réactions (6)
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ZORGLUB94 - 02/03/2015 23:39
Heureusement qu'il avait ce patronyme à consonnance russo-polonaise autrement il n'aurait laissé aucune trace dans l'histoire du jeu. On voit mal l'attaque Trompowsky s'appeler l'attaque "Oliveira". J'ai dit patronyme mais c'est eput être le nom de sa mère.

ZORGLUB94 - 02/03/2015 23:38
Je me demandais qui était ce Trompowsky qui avait donné son nom à cette ouverture appelé "attaque Trompowsky" jamais je ne me serais douté que c'était un joueur Brésilien : Octavio Oliveira Trompowsky de Almeida, quel nom à rallonge !