Alekhine, la reconquête (1)

Alexandre Alekhine et Max Euwe, 1937
Championnat du monde d'échecs 1937 — Lorsque le Franco-Russe avait perdu son match mondial contre Max Euwe en 1935, il avait été convenu que le champion déchu disposerait d’un droit de revanche. Par Georges Bertola.


Le 19 juin 1936, les deux champions se retrouvèrent à Amsterdam pour mettre en œuvre les derniers préparatifs en vue de cette nouvelle confrontation. Les pronostics allaient bon train. Lorsque le match débuta, le 5 octobre 1937 à La Haye, il suscita un énorme intérêt, comme le rappelle la revue L’Echiquier : « En Belgique, les joueurs d’échecs s’arrachent La Nation Belge qui, la première, donne les résultats du match. Il n’est pas étonnant que le public se passionne, puisque les deux grands-maîtres, après avoir joué ensemble cinquante parties de tournois ou de matchs, se retrouvent à égalité à la veille de la première partie. Jusqu’ici, les deux hommes s’étaient mesurés devant l’échiquier avec 14 victoires chacun et 22 nulles ! » 

Alexandre Alekhine à son arrivée à Amsterdam.

Alekhine, son épouse et ses 5 chats

Koltanowski déclara pour sa part dans le British Chess Magazine : « Pour l’instant, je n’ai pas essayé de me forger une opinion sur qui sera vainqueur cette fois-ci. Le grand-maître Fine, le second de Euwe, dit Euwe. Eliskases, le second d’Alekhine, dit Alekhine. Euwe est au sommet de sa forme et il est capable de conserver son titre. Alekhine est un génie. S’il parvient à retrouver une partie de son esprit de lutteur d’antan, alors il peut surprendre même le Hollandais réputé pour son sang-froid. »

Ce qui retint l’attention de la presse en général fut l’arrivée d’Alekhine aux Pays-Bas, accompagné de son épouse et de cinq magnifiques chats !

Le règlement était le même que celui adopté lors du match précédent. Un total maximum de 30 parties et le vainqueur sera celui qui obtiendra 15,5 points avec au moins 6 victoires. 15 points suffisaient au champion du monde pour conserver son titre.

La cadence était de 2 heures et demie pour les 40 premiers coups, puis 1 heure et demie pour les 24 coups suivants, puis 16 coups à l’heure. L’arbitrage était confié au grand-maître hongrois Maroczy.

Alexandre Alekhine

Confiance et combativité retrouvées

Max Euwe

La première partie fut ajournée pour se terminer le lendemain avec une défaite qui ne sembla pas trop inquiéter Alexander Alekhine, comme le rapporta la Revue Suisse d’Echecs : « J’ai donc perdu la première partie du match ! Un mauvais départ qui n’est certainement pas agréable pour moi, mais nullement imprévu car je dois m’attendre à quelques défaites dans ce match, en particulier, comme ce fut le cas dans cette partie, due à une nouveauté théorique élaborée par le Dr. Euwe. Cette situation n’a nullement affecté mon moral. Je me battrai sans relâche, jusqu’au bout. Sur les quatre dernières parties que j’ai jouées contre le Dr. Euwe, ces derniers mois, j’en ai perdu trois et annulé une seule. Ce résultat est tout à fait inhabituel et ne reflète absolument pas notre rapport de force...

Je ne crois pas que le Dr. Euwe joue mieux que moi. J’ai pris deux fermes résolutions dans ce match, sur lesquelles je fonde mes espérances. Je ne veux sous-estimer mon adversaire en aucun cas et veux éviter tout ce qui peut miner ma santé et nuire à ma combativité [Alekhine fait ici allusion à l’alcool – NDLR]. Il y a encore 29 parties à jouer... et demain est un autre jour ! »

La deuxième partie fut un bras de fer à l’issue longtemps incertaine, mais qui permit à Alekhine de vaincre le signe indien. Cette victoire lui apporta la confiance nécessaire pour entamer sa reconquête du titre.

Alexandre Alekhine commente...

Alekhine,Alexander - Euwe,Max, World-ch16 Alekhine-Euwe +10-4=11 Netherlands (2), 07.10.1937. Défense Slave [D17] [Alexandre Alekhine]

1.d4 d5 2.c4 c6 3.f3 f6 4.c3 dxc4 5.a4 f5 6.e5

Après 6.♘e5

La découverte que le coup du texte ne suffit pas à garantir un avantage blanc dans l’ouverture a été l’un des buts du présent match.

6...e6

Joué deux fois par Bogoljubov contre moi dans notre match de 1929. Comme l’expérience avait échoué, il n’obtint qu’une nulle avec beaucoup de difficultés et perdit l’autre, le coup 6...e6 a disparu de la pratique des maîtres. Mais comme cela a été démontré spécialement par la 11e partie de ce match, il est en fait beaucoup plus sûr que la variante à la mode de Kmoch.

Georges Bertola : Celle-ci fut l’objet de la première partie du match 6...bd7 7.xc4 c7 8.g3 e5 9.dxe5 xe5 10.f4 fd7 11.g2 f6 12.0-0 d8 (12...g5!? est considéré comme la suite critique de nos jours) 13.c1 e6 14.e4! la nouveauté qui mit Alekhine dans l’embarras. 14...b4 15.a5 0-0 16.a6 bxa6?

« Un syndrome de la première partie - face à une tournure des événements désagréables, Alekhine se met en colère et réagit nerveusement. 16...b6 était la réponse naturelle, parce que le direct 17.xe5 xe5 18.xe5 xe5 19.xc6 laisse l'initiative entre les mains des Noirs. 19...c8 20.a4 (20.b7?? c7 et la Dame est piégée.) 20...c4, etc. Cependant, le tranquille 17.c2 aurait maintenu les Noirs sous une pression constante. » Garry Kasparov

Plus récemment, a été joué : 16...b5 17.a3 b6 (17...a5!? 18.b4 b6 19.c3) 18.e3 c5 19.c2 c4 20.xb4?! (20.d1!) 20...xe3 21.xc5 xg2 22.xd7 xd7 23.xg2 d4 24.c6 e7 25.xb5 c4 26.f5 e5 27.c2 xe2 28.fe1 fe8 29.b3+ h8 30.c2 d6 ½-½ (111) Giri,A (2690)-Hector,J (2588) Malmo 2011.

17.xe5 xe5 18.c5 xc5 19.xc5 qui laisse les Blancs avec la paire de Fous et une meilleure structure. 19...g5? (19...b6 offrait une meilleure résistance. 20.xb6 axb6 21.xe5 fxe5 22.xa6 d2 23.xb6 d5 avec de bonnes chances de nulle. En fait, 20.Dc3!? aurait été être plus prometteur pour les Blancs.) 20.e3 d5 21.xa6 xg2 22.xg2 f7 23.fa1 d6 24.xd6 xd6 25.xa7 xa7 26.xa7 c4 27.c5 e6 28.d4 xe2 29.xf6 g4 30.f1 c2 31.g7+ f8 32.xg4 xb2 33.xb2 xb2 34.c4 La finale de Tours est facilement gagnante. 1-0 (50) Euwe,M-Alekhine,A Netherlands (1) 1937.

7.g5

Après 7.f3 b4 8.e4 provoquerait le sacrifice absolument correct 8...xe4! joué la première fois par Chéron contre Przepiorka à La Haye 1928. Les Blancs ne doivent pas se presser de former un centre de pions.

Georges Bertola : Le jugement d’Alekhine est pertinent. Il a engendré depuis un fantastique débat théorique avec pour variante principale 8...xe4 9.fxe4 xe4 10.d2 xd4 11.xe4 xe4+ 12.e2 xd2+ 13.xd2 d5+ 14.c2 a6 15.xc4 avec une position relativement équilibrée. Les Noirs disposent de trois pions pour la pièce avec un Roi blanc exposé, mais sur le plan pratique, jouer avec une pièce de plus n’est pas désagréable. Un exemple assez récent : 15...0-0 16.e5 ab8 17.a3 f6 18.xd5 cxd5 19.d2 fc8+ 20.b1 b4 21.e2 f7 22.a5 c6 23.f1 c7 24.c1 bc8 25.a6 b6 26.h3 d4 27.xc7+ xc7 28.d1 h6 29.d3 b5 30.f3 g6 ½-½ (30) Beliavsky,A (2621)-Ragger,M (2674) Slovenia 2011).

Cependant, après 8...xe4, 9.fxe4 h4+ 10.e2 n’offre pas de compensation suffisante.

7...b4

Plus logique que 7...e7 joué par Bogoljubov dans la 5e partie de notre match de 1929.

8.xc4 d5!

Également un bon coup qui conduit, après un court et tranchant intermède, à une position tout aussi équilibrée. Georges Bertola : Euwe a réfléchi plus de 20 minutes avant d’avancer sa Dame au milieu de l’échiquier. La prise en c4 par le Cavalier est inoffensive puisque les Noirs, au lieu de la variante compliquée choisie, pouvaient simplement jouer ici 8...h6 9.h4 g5 10.g3 e4 11.c1 (11.b3!? a6) 11...c5 avec des perspectives au moins égales.

9.xf6

9.e3 a5 10.xf5 xf5 était moins prometteur.
9.b3 a6 avec avantage noir. Selon Khalifman, ce n'est pas aussi clair après 10.xf6 gxf6 11.0-0-0 d7 etc.

9...xc4

Meilleur que 9...gxf6 10.e3 a5 11.b3 avec des perspectives légèrement supérieures pour les Blancs.

10.d2

Le seul coup. 10.c1? aurait été réfuté par 10...gxf6 11.e4 a2!

10...gxf6

Plus prometteur était 10...b3! 11.xg7 g8 12.h6 d7 avec une forte initiative pour le pion.

11.e4 b3 12.exf5 d7 13.fxe6 fxe6 14.e2 0-0-0 15.0-0

Après 15.0-0

Les derniers coups étaient pratiquement forcés et la position obtenue offre des perspectives d’attaques à peu près égales pour les deux camps. Georges Bertola : Il est intéressant de noter que les Blancs pouvaient forcer la nulle avec 15.d1 c4 16.e2 mais Alekhine, qui avait perdu la 1re partie, se devait évidemment de jouer pour le gain !

15...e5!

Ce coup logique, qui amène le Cavalier dans une forte position et ouvre la colonne « d » à l’avantage noir, a été, à mon avis, indûment critiqué. Dans tous les cas 15...b6 qui fut plutôt recommandé exposait les Noirs à de dangereuses menaces après 16.a5 a4 17.e3 xb2 18.fc1 et ceci, sans offrir aucune réelle perspective de gain.

16.dxe5 xe5 17.c1 xc3?!

Comme 18.Ce4 n’était pas vraiment une menace, cet échange devait être différé à un moment plus approprié. Les Noirs auraient dû jouer 17...hg8 18.e4 (18.e3 xb2) 18...f3+ 19.xf3 xf3 20.g3 g4 avec une position très satisfaisante. Après le coup de la partie, les Blancs obtiennent les meilleures chances parce que le Fou sera supérieur au Cavalier et les pièces noires délogées de la case e5. Georges Bertola : Ce fut aussi l’opinion d’Euwe qui indiqua 17...d3!? 18.xd3 xd3 et si 19.b5? a6 20.f4 axb5 21.axb5 d6

18.bxc3 hg8 19.e3 b8

Pas absolument nécessaire puisque les Noirs pouvaient indirectement défendre le pion en jouant 19...d5 20.g3 d2 mais après 21.xd2 xd2 22.fe1 les chances des Blancs dans la finale étaient encore supérieures. Georges Bertola : Botvinnik n’était pas de cet avis après 22...gd8 23.f4 g6 24.g4+ b8 25.e6?! xf4! etc.

20.g3

Comme ce coup défensif est inévitable, il vaut mieux le jouer immédiatement.

20...d7 21.ab1 c2 22.fe1!

Après 22.♖fe1!

Le coup le plus subtil de la partie ! Avec ceci, les Blancs préparent l’importante poussée du pion « f ». Si immédiatement 22.f4 d2 23.fe1 d3 , etc. Georges Bertola : Alekhine oublie 24.e7! et la menace de mat permet de conserver l’avantage pour les Blancs.

22...d2 23.xd2 xd2 24.f4 g6 25.c4 gd8

Ou 25...g7 26.e8+ c7 27.h1! avec avantage blanc.

26.e6! Pour pouvoir échanger une paire de Tours. 26...8d6

Il faut noter que les Noirs ne peuvent jouer 26...c2 à cause de 27.a6 b6 28.xc6

27.be1 c7 28.xd6 xd6

Si 28...xd6 29.g8 menaçant à la fois 30.Fxh7 et Te6.

29.h4

Pour être en mesure de jouer le Roi sur f2 sans être inquiété par l’échec de la Tour sur la 2e rangée.

29...d7 30.f2 e7 31.f3 d5?!

Permettant au Roi blanc d’attaquer le pion « h » avec succès. Il est cependant plus que douteux que 31...f5 par comparaison, était meilleur, aurait sauvé la partie. 32.g4 (32.h5! et seulement après la poussée g4 libérant le pion « f » avec des effets désastreux pour les Noirs.) 32...fxg4+ 33.xg4 g6+ suivi de 34...Cf5 avec suffisamment de contre-jeu noir.

32.d3!

Après 32.♗d3!

La manœuvre décisive forçant un nouvel affaiblissement des pions de l’aile-Roi. Une éventuelle perte de pions sur l’autre aile n’a plus d’importance à cause de la passivité des pièces noires qui empêche tout contre-offensive.

32...h6 33.f5+ d8 34.g4 e7

Si maintenant 34...xc3 35.h5 xa4 36.xh6 gagnait facilement.

35.b1

Georges Bertola : Une imprécision selon Khalifman, qui préfère 35.e6! d3 36.g1 car si 36...xc3 37.h5 permet de jouer pour le gain.

35...e8?

Ou 35...d5 36.f5 etc. Georges Bertola : Le gain est pourtant loin d’être évident après 36...a5 37.h5 xa4 38.xh6 g4! et il reste à démontrer comment les Blancs vont progresser sur l’aile-Roi !

36.h5 f7 37.a2+ f8 38.xh6 d2?!

La variante principale était 38...f5+ 39.g6 xg3 40.f5 suivi de la poussée du pion « h ».

39.e6 d3 40.g4 xc3

Après 40...♖xc3

41.g5 1-0

Le coup sous enveloppe joué après 25 minutes de réflexion par Alekhine, mais les Noirs ne reprirent pas la partie le lendemain. Si 41...g3 42.d1 e8 43.g7 gagne.

Une lutte très serrée et une analyse qui démontre une fois de plus la qualité des commentaires d’Alekhine car, pour l’essentiel, ils n’ont pas été surpassés. Euwe déclara après sa défaite : « J’ai réussi à surmonter mes difficultés dans l’ouverture, mais ensuite, j’ai simplifié prématurément, laissant ainsi Alekhine avec un petit avantage dans la finale à cause de son Fou qui s’est avéré plus fort que mon Cavalier. J’aurai pu encore sauver la partie, mais j’ai joué sans plan et permis à Alekhine de pénétrer dans mon camp avec son Roi de manière décisive. » (Source : Max Euwe par A. Münninghoff in New in Chess 2001).

La salle de jeu à Amsterdam.

Sur le thème de la Slave

La 3e partie fut à nouveau une lutte de titans. Ce remarquable combat des deux champions, avec leurs variantes surprises, tenait le public en haleine. Si la défense Slave n’avait guère été jouée depuis près de 30 ans, comme le souligna le maître autrichien Grünfeld, elle se retrouva « au centre d’un débat théorique passionnant ».

Euwe avait retrouvé toute sa vigueur et Alekhine ne dut son salut qu’aux quelques imprécisions commises par le tenant du titre. Cette 3e partie fut ajournée et la presse titra : « Chances de gain pour le Dr. Euwe », mais la nulle fut conclue au 60e coup.

Geza Maroczy, arbitre du match.

Changement de décor et domination inverse dans la 4e, qui se déroula à Amsterdam. Ce fut à nouveau une Slave, mais comme le remarqua Max Euwe : « La plus difficile et de loin. Dans le milieu de partie, j’étais constamment sur le qui-vive pour empêcher Alekhine de sacrifier soudain une pièce via une combinaison astucieuse. »

Retour à La Haye pour la 5e. Alekhine, sans doute ébranlé par la vaillance et les connaissances de son adversaire, amena la lutte sur un autre terrain.

Euwe,Max - Alekhine,Alexander, World-ch16 Alekhine-Euwe +10-4=11 Netherlands (5), 14.10.1937. Gambit Dame Accepté [D28]

1.d4 d5 2.c4 dxc4 3.f3 a6 4.e3 f6 5.xc4 e6 6.0-0 c5 7.e2 c6 8.c3 b5 9.b3 e7?!

Euwe : un essai qui, finalement, ne s’avéra pas bon. Meilleur est 9...b7 qui évite de perdre un tempo.

10.dxc5 xc5 11.e4

Après 11.e4

11...b4?

Alekhine : 11...d7 est meilleur.

12.e5

Alekhine : le bon procédé, après 12.a4 e7 les Noirs auraient eu la satisfaction de prévenir Ce4. Botvinnik : optimiste, le logique 13.e3 laissait les Blancs avec un développement idéal avec les colonnes ouvertes à disposition des Tours.

12...bxc3 13.exf6 gxf6 14.c4 b6 15.xc3 d4 16.xd4 xd4 17.a4+ e7 18.e3!

Après 18.♗e3!

Euwe : c’est plus fort que de retirer la Dame. Les Blancs conservent l’initiative.

18...xc3?

Alekhine : l’erreur décisive. 18...d8 19.ad1! e5 20.xd4 xd4 21.xd4 exd4 22.f3 b8 était nécessaire et les Noirs devraient éprouver encore quelques difficultés, mais guère de nature décisive.

19.xb6 e5 20.ad1 f8 21.f4 xb2 22.f3 b7 23.g3 a3 24.xa3

Après 24.♖xa3

Georges Bertola : avec une pièce de moins, la position des Noirs est sans espoir, mais Alekhine réussit à atteindre l’ajournement.

24...g8 25.g3 xg3 26.hxg3 d5 27.b3 xb3 28.axb3 e8 29.b4 b8 30.c5 c8 31.a1 c6 32.f2 f5 33.e3 f6 34.d4 f7 35.c4 g6 36.d1 h5 37.d6 xd6 38.xd6 g4 39.e7 xg3 40.xf6 xf4

Après 40...♔xf4

Euwe mit son coup sous enveloppe, tandis qu’Alekhine rejoignait son secondant Eliskases pour tenter de trouver un sauvetage miraculeux. Après une courte analyse, il préféra mettre un terme à ses souffrances et annonça qu’il abandonnait.

41.c5 1-0

Les secondants des deux joueurs : Fine (à g.) et Eliskases (à d.).

Alekhine abstinent

Euwe menait alors 2-1 (+2 =2 -1). Il apparaissait toujours comme le favori, d’autant qu’aucun champion du monde n’avait été capable jusque-là de reconquérir le titre, opposé à un adversaire plus jeune. Mais la détermination de l’ex-champion du monde, alors qu’il avait depuis plusieurs mois renoncé à l’alcool et au tabac, impressionna les experts.

Le tenant du titre Max Euwe face à son challenger Alexandre Alekhine.

Un serveur, pensant lui remonter le moral après sa défaite, lui apporta un verre de whisky pour ensuite rester totalement ébahi lorsqu’il se le vit refuser. En lieu et place, Alekhine exigea un verre de lait !

Les parties commentées de l'article.

« Je tiens à remercier le Musée du Jeu de La Tour-de-Peilz pour m’avoir permis de
consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld https://museedujeu.ch/fr/ » Georges Bertola — Article publié dans la revue Europe-Echecs numéro 664 du mois d'avril 2016.

Fondée en 1959 par Raoul Bertolo, la revue Europe-Echecs résulte de la fusion entre L'Échiquier de France et l'Échiquier de Turenne. Tout a commencé avec L'Échiquier de Paris (bulletin des cercles de l'Île-de-France) créé en 1946, qui a fusionné après son 60e numéro, en 1955, avec L'Échiquier de France. Ce mensuel a à son tour fusionné, après 36 numéros, en décembre 1958, avec L'Échiquier de Turenne créé en 1955, pour finalement fusionner après 41 numéros, en décembre 1958, avec le magazine Europe-Echecs créé en janvier 1959. Europe-Echecs est l'une des plus anciennes revues françaises sur le jeu d'échecs encore en parution. Merci à tous pour votre soutien !


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Les réactions (4)

  • patbru54

    Vivement la suite !

  • GeorgesHenri

    Nous avons ce privilège comme toujours avec G.Bertola de voir une tranche d'histoire des joueurs et leurs parties, ici Euwe/Alekhine ! Formidable...
    Justement nous avons aussi en ce moment, une partie Capablanca /Alekhine présentée par S Ravot. Capablanca qui lui n'a jamais pu jouer sa revanche contre Alekhine.

  • xave

    Formidable, très instructif, tant sur le plan historique qu'échiquéen..

  • patbru54

    Passionnant....