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Allez, chauffe Marcel ! Chauffe !

Le billet quotidien d'Yves Marek sur la partie majoritaire Karpov - Reste du Monde, disputée à l'occasion du Tour de France.

Yves Marek

Comme disait Jacques Brel. Ce message s'adressait bien sûr à deux coureurs allemands du Tour de France 2012. D'abord Marcel Sieberg  de l'équipe Lotto, 1,88 m et 80 kilos qui n'est que 119 ème au classement général et dont on attend mieux si on peut se risquer à le dire sans vexer ses parents et sa petite amie et encourir des représailles inquiétantes. Au passage, on comprend mal pourquoi dilapider en ces temps de disette  l'argent du crédit impôt recherche pour aider des entreprises à concevoir des vélos de course ultra-légers pour finalement y mettre des types aussi lourds et costauds. Au moins, pour les jockeys, on prend le modèle taillefine allégée en matière grasse avec beaucoup de fruit. Ensuite ce pauvre  Marcel Kittel de l'équipe Argos-Shimano, encore plus lourd, dont on se disait qu'il devrait se bouger les fesses car il est 211ème et avant-dernier au classement général. De surcroît sans excuse: avec une balise Argos, il n'a pas pu se perdre et avec un dérailleur Shimano - sauf s'il a utilisé sur son vélo un moulinet de pêche de la même marque que celui avec lequel je taquine l'été la perche dans la Creuse, il n'a pas de raison de dérailler. Il est vrai que sa seule victoire de la saison, très mauvais signe, est aux trois jours cyclistes de ...La Panne (Belgique). Et le coup de la panne, en plus, ça ne marche pas toujours...

 

Après ce salut fraternel à nos voisins germaniques qui visitent chaque été nos plages en  marcels - fraternel et intéressé car ....qui va payer nos dettes ? - il est temps de nous souvenir que l'étape du jour, traverse la Seine maritime où est né, en juillet 1887, à Blainville-Crevon (Crevons, déjà un lieu surréaliste pour naître), le grand Marcel Duchamp, surréaliste et inventeur de l'Art contemporain. Et l'étape du jour démarrait à Rouen, où se trouve sa pierre tombale, enrichie de l'épitaphe "d'ailleurs, ce sont toujours les autres qui meurent". 

 

La première oeuvre fondatrice de ce cher Marcel est donc un ready-made de 1913, "la roue de bicyclette", une roue de vélo sans pneu fixée sur un tabouret à l'envers... et la roue de la grande boucle est bouclée. D'autant que le Marcel est aussi un grand joueur d'échecs, champion de Haute-Normandie en 1924, participant notamment aux olympiades de Folkestone en 1933 et auteur avec Vitaly Halberstatdt d'un traité d'échecs "l'opposition et les cases conjuguées réconciliées", encore une facétie car qui a vu que l'opposition était réconciliée ?

 

Cette première oeuvre cinétique, illustration du mouvement fait écho à la peinture du "nu descendant l'escalier" dont le mouvement est décomposé, alors que ce sont souvent les hommes qui sont décomposés en montant l'escalier pour rejoindre une femme nue. En tout cas le peloton a suivi l'exemple du grand artiste qui disait "si tous les artistes ne sont pas des joueurs d'échecs, tous les joueurs d'échecs sont des artistes" et se sont mis à descendre à toute allure les pentes du Vexin français vers Saint-Quentin, passant comme des rois à l'ombre des tours du château de Lyons la Forêt, courant le sprint, reine des disciplines, dévalant comme des fous au point de dépasser les cavaliers, saluant au passage, pour ceux qui ont été à l'école en Normandie, leurs anciens pions aperçus au bord des routes. Au point qu'Anatoly Karpov, pensant à ces trois Marcel, s'est pris sans doute a penser: " ils sont fous, eux trois!" et a donc joué Fe3 face au reste du monde.

Mais, à l'arrivée à Saint-Quentin, le classement général est inchangé.  Marcel Sieberg, sourd à mes encouragements, est toujours 119eme. Quant au pauvre Marcel Kittel, victime d'une gastro et emmené à l'infirmerie, il a abandonné la course au km 48. Nul doute qu'il passera de bonnes vacances que nous lui souhaitons en Croatie - ou beaucoup mieux en Tunisie - à boire des bières en se souvenant des bons moments et en fredonnant  "Quand on partait de bon matin/ Quand on partait sur les chemins/ A bicyclette/ Nous étions quelques bon copains/ Y'avait Fernand y'avait Firmin/ Y'avait Franzis et Zébastien/ Et puis Paulette* "

Yves M.

* Liebe Frau Kittel, keine problem, Paulette devait être l'infirmière de l'équipe.


Publié le 06/07/2012 - 11:45 , Mis à jour le 24/08/2012 - 17:42

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Les réactions (2)

  • ins-1184

    Bonjour,
    Voici le lien d'une base de donnée (peut être la connaissez vous) : http://www.chessgames.com/perl/chessopening?eco=E71
    sur la variante que nous sommes en train de jouer contre Karpov (ECO=E71). La DB n'est pas exhaustive mais on voit que A Karpov à joué au moins 15 fois cette ligne avec les blancs et quasi uniquement en parties rapides ou simultanées. Son score est : 8 victoires, 6 nulles, 1 défaite (contre Anand)!
    De façon générale, les stats sur cette variante sont : gains blancs 47.9%, gains noirs 23,7%, nulles 28,5%...
    Va falloir que la majorité s'accroche au guidon:)

    06/07/2012 17:28
  • SPYKID

    Superbes chroniques d'Yves Marek!

    06/07/2012 10:46