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n° 686 - avril 2018

EDITO DU TOURNOI DE LA HAYE/MOSCOU 1948 A BERLIN 2018

Après la mort d’Alekhine survenue le 24 mars 1946, le titre de champion du monde d’échecs était devenu vacant. Ce fut l’occasion pour la FIDE de s’emparer du contrôle de l’organisation du championnat du monde. Jusqu’ici, les tenants du titre étaient seuls juges pour choisir leurs adversaires. Le 17e Congrès de la FIDE en 1946 mit un terme à cette situation.

Il fut décidé d’organiser un tournoi entre les meilleurs candidats. En 1948, Botvinnik remporta le premier prix et fut sacré 6e champion du monde de l’histoire à Moscou.

Il était convenu que tous les trois ans il devait affronter un adversaire issu d’un tournoi des Candidats. Le premier eut lieu à Budapest en 1950 avec les cinq Candidats de l’édition précédente et cinq joueurs issus du tournoi interzonal de Saltsjöbaden en Suède. Mais durant cette période de guerre froide, Fine et Reshevsky n’obtinrent pas les visas nécessaires par le département d’Etat américain pour se rendre à Budapest.

Bronstein fut le premier challenger issu de ce nouveau système de qualification, puis suivirent Smyslov en 1953 et 1956, Tal en 1959 et Petrossian en 1962.

La qualification de Petrossian provoqua une violente réaction de la part du champion américain Bobby Fischer qui dénonçait un complot de la part des Soviétiques qui s’étaient unis contre lui. Toutes les parties entre Petrossian, Keres et Geller s’étaient terminées par des nulles rapides, alors que lui devait, au contraire, tous les affronter dans de dures et longues batailles.

A partir de 1965, le Tournoi des Candidats fut remplacé par des matchs pour éviter ce genre de coalition. Les arguments de Fischer avaient porté mais il se retira du cycle et c’est Spassky qui s’imposa en 1965 et 1968. 1971 vit le retour de Fischer, puis son sacre en 1972. La qualification de Karpov en 1974 lui permit de devenir le 12e champion du monde sur le tapis vert, Fischer ayant renoncé à défendre son titre.
La formule des matchs devaient se poursuivre avec Korchnoi et Kasparov.

Puis Kasparov s’appropria le titre et réussit à casser le système pour soustraire l’organisation du championnat du monde de la juridiction de la FIDE. On vit alors apparaître deux champions, l’un issu du système FIDE et l’autre du système Kasparov, dit « classique ». Kramnik réussit à détrôner Kasparov en 2000, alors que les champions FIDE depuis Karpov restaient dans l’ombre soit Khalifman, Anand, Ponomariov, Kasimdzhanov et Topalov.
Depuis, la visibilité du championnat du monde d’échecs s’est estompée malgré le match de la réunification opposant Kramnik à Topalov en 2006.

Pourtant, malgré le couronnement de deux joueurs qui rassemblent tous les suffrages par leur talent, Anand en 2007 et Carlsen en 2013, les échecs n’ont toujours pas réintégré leur place sur le devant de la scène médiatique.

Aujourd’hui encore, il n’est pas facile de comprendre la logique qui permet de sélectionner les Candidats, notamment l’attribution d’une « Wild Card », même si les prétendants qui s’affrontent à Berlin ont tous leur légitimité sur le plan des résultats. Au moment où j’écris ces lignes le suspens est total, chaque ronde offre son lot d’imprévus et de rebondissements et l’Américain Caruana est seul en tête avec 3,5 points sur 5 ! Les trois premières rondes sont un des sujets de ce numéro.

De retour du Mémorial Fischer à Reykjavik, je salue les exploits de Maxime Lagarde qui, avec 7 sur 9, partage la deuxième place avec le GM Yilmaz (TUR), devancé d’un demi-point par le vainqueur, l’Indien Adhiban et la norme de GMI masculin pour Deimanté Cornette qui obtient le meilleur classement féminin et la 11e place (248 participants) avec 6,5 points sur 9.

Bonne lecture


Georges Bertola

Sommaire

p. 4 ACTUALITÉS EN BLITZ Bobby Fischer, 10 ans après ...
p. 6 SPÉCIAL CANDIDATS : CHOCS BRUTAUX À BERLIN Théorie & Tendances par Igor-Alexandre Nataf
p. 14 MÉMORIAL TAL : ANAND EN RAPIDES, KARJAKIN EN BLITZ Vishy Anand à l’analyse
p. 17 SPÉCIAL OPENS FRANÇAIS : CAPPELLE-LA-GRANDE, NANCY, CANNES Reportages de Christian Bauer, Maxime Lagarde et Jean-Noël Riff
p. 26 PARIS - ÎLE-DE-FRANCE : LES JEUNES MONTENT EN PUISSANCE Reportage de Jean-Baptiste Mullon
p. 29 YOUNG MASTERS ACCENTUS : L’AIR DES MONTAGNES SUISSES Reportage d’Adrien Demuth
p. 32 LE JOUEUR DU MOIS : PAUL VELTEN, LE 50e GMI FRANÇAIS Paul Velten à l’analyse
p. 37 LE CAHIER DE LA FÉDÉ “À la rencontre d’un nouveau public”
p. 42 FAITES-VOUS LA MAIN : 18 COMBINAISONS DU MOIS / SPÉCIAL CAPPELLE-LA-GRANDE Par Bertrand Valuet
p. 45 FÉMININES EN OR : VEGA GUTIERREZ-A. MUZYCHUK / LA DAME MODERNE DE VALENCE Par Susan Polgar, 8e championne du monde
p. 48 OUVERTURES & IDÉES GAGNANTES : KOVALEV-TRAN / LA VARIANTE HONGROISE DE LA SICILIENNE Par Christian Bauer
p. 52 DISCUTONS OUVERTURES ! : ANGLAISE GAMBIT BELLON Par Marc Quenehen, entraîneur Ligue Île-de-France
p. 54 PROGRESSONS ! : UN SEUL FOU VOUS MANQUE ET TOUT EST DÉPEUPLÉ ! Par Marc Quenehen, entraîneur Ligue Île-de-France
p. 57 LA CRÉATIVITÉ AUX ÉCHECS : MAMEDYAROV-SVIDLER / AVEUGLEMENT DOULOUREUX Par Vassily Ivanchuk
p. 60 LES FINALES INOUBLIABLES : BOLOGAN-SETHURAMAN / LA PENSÉE ET LA TECHNIQUE DES INDIENS Par Darko Anic
p. 64 DANS LE RÉTROVISEUR : 1939-1940 / ALEKHINE, RETOUR VERS L’EUROPE Par Georges Bertola
p. 68 ANNONCES DE TOURNOIS
p. 72 HUMOUR : ÉCHEC ET... GAG ! : Par Luc Deroubaix

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