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n° 689 — July 2018
EditoWenjun Ju - Une sixième Chinoise championne du monde
Sacrée championne du monde 2018 la Chinoise Wenjun Ju, 27 ans, vient de détrôner sa compatriote Zhongyi Tan dans une relative indifférence. Un match très disputé, peu médiatisé sans réel enjeu devant la domination exercée sur les échecs féminins depuis près de trois décennies par la Chine.

Pourtant l’histoire du championnat du monde féminin est très intéressante. Organisé la première fois en 1927 à Londres dans les cadres des Olympiades d’échecs, il vit le sacre de la jeune Vera Menchik, 21 ans, née à Moscou d’un père tchèque et d’une mère anglaise. Elle allait conserver le titre mondial jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, dominant sans partage les échecs féminins. Elle fut l’une des rares femmes ayant pu se mesurer avec succès dans les tournois masculins et remporta des victoires contre les meilleurs joueurs de son temps, parmi les plus célèbres citons le champion du monde Max Euwe.
Vera Menchik devait être victime, le 26 juin 1944, d’un bombardement de missiles V1 à proximité de Londres.

Depuis 1949 jusqu’à l’effondrement de l’URSS en 1991, domination incontestable des joueuses soviétiques ; Ludmila Rudenko, Elisabeth Bykova, Nona Gaprindashvili, Maïa Tchiburdanidze. Pourtant rien à voir avec la notoriété du titre masculin qui a permis à Botvinnik, Tal, Smyslov, Petrossian et Spassky de figurer parmi les héros légendaires de l’âge d’or des échecs soviétiques.

Puis en 1991, c’est l’émergence d’une nouvelle puissance échiquéenne avec, pour la première fois, un titre de championne du monde pour la Chinoise Jun Xie.

En 1996, lui succède Susan Polgar qui avec ses deux sœurs ; Judit et Sofia avaient permis à l’équipe féminine hongroise d’obtenir la médaille d’or aux Olympiades de Thessalonique en 1988. Une équipe exceptionnelle dénommée la « Polgaria ».

Pourtant, celle que l’on désigne comme la plus forte joueuse de tous les temps, Judit Polgar, renoncera à s’emparer du titre féminin pour se hisser dans le Top 10 mondial jusqu’ici exclusivement masculin.
Ceci permettra à la joueuse chinoise, Jun Xie, de récupérer son titre en 1999, sa compatriote Chen Zhu en 2001, puis la Bulgare Antoaneta Stefanova en 2004. C’est à nouveau une Chinoise, Yuhua Xu qui s’impose en 2006. La Russe Alexandra Kosteniuk réussira l’exploit de l’emporter en 2008 face à la jeune Chinoise Yifan Hou, 14 ans , qui en 2010 s’imposera en devenant la plus jeune championne à avoir obtenu le titre.

Depuis, elle caracole en tête du classement mondial, distançant ses plus proches poursuivantes d’une centaine de points Elo. Eliminée au 2ème tour du tournoi de Khanty-Mansiysk en 2012, alors qu’elle était tenante du titre et, devant le manque de cohérence du système féminin qui alterne matchs et tournois, Yifan Hou s’est retirée du cycle féminin en 2016.

« Il est totalement injuste de persuader une joueuse d’un tel talent de défendre son titre année après année dans un tournoi composé de joueuses nettement inférieures. »
Alekhine en 1939 à propos de Vera Menchik

Se sont succédé les Ukrainiennes Anna Ushenina en 2012 et, en l’absence de la meilleure joueuse du monde, Mariya Muzychuk en 2015 et Zhongyi Tan en 2017 en remportant les tournois joués par élimination directe. Wenjun Ju, par contre, obtient le titre à l’issue d’un match !

Dans ce numéro, vous retrouverez les exploits de Caruana qui, à nouveau, devance Carlsen en Norvège, du « Top 12 » à Brest des équipes françaises avec la victoire de Bichswiller.

Le « Paris Grand Chess Tour » se jouera à nouveau du 17 au 26 juin pour la troisième année consécutive.

Toute l’équipe d’Europe Echecs vous souhaite une bonne lecture et un bel été. Pour assouvir votre passion de nombreux opens sont au rendez-vous et une 51ème édition du Festival de Bienne prometteuse avec la présence du champion du monde.

Georges Bertola

Sommaire
p. 4 ACTUALITÉS EN BLITZ
Carlsen-Caruana 2-0 ; France Olympiades 2018 ...
p. 6 TOP 12 : BISCHWILLER EUPHORIQUE À BREST
Reportage de Romain Edouard et Sébastien Mazé / Nino Maisuradze, Markus Ragger et Romain Edouard à l’analyse / Roland Reeb, un président heureux
p. 16 ALTIBOX NORWAY CHESS : CARUANA SOUFFLE LE TITRE À CARLSEN
Théorie & tendances à Stavanger, par Igor-Alexandre Nataf / Peter Heine Nielsen à l’analyse
p. 24 1ers INTERNATIONAUX DE FRANCE RAPIDE ET BLITZ : 700 JOUEURS À ORSAY !
Jules Moussard à l’analyse
p. 30 PROSPECTIVE : L’INTELLIGENCE ARTIFICELLE
Interview Quentin Bertrand
p. 32 LA JOUEUSE DU MOIS : WENJUN JU CHAMPIONNE DU MONDE
Maxime Lagarde à l’analyse
p. 37 LE CAHIER DE LA FÉDÉ
“Aller vers ceux qui ne nous connaissent pas !”
p. 42 FAITES-VOUS LA MAIN : 18 COMBINAISONS DU MOIS / PAS DE HAT-TRICK AU MEMORIAL GASHIMOV POUR SHAKHRIYAR MAMEDYAROV !
Par Bertrand Valuet
p. 45 FÉMININES EN OR / TAN-JU À SHANGHAI : L’ORGUEIL DE L’EX-TENANTE DU TITRE
Par Susan Polgar, 8e championne du monde
p. 48 OUVERTURES & IDÉES GAGNANTES / GELFAND-NEPOMNIACHTCHI : L’ANGLAISE SYMÉTRIQUE AVEC qb6
Par Christian Bauer
p. 52 DISCUTONS OUVERTURES ! FRANÇAISE VARIANTE D’AVANCE : LA REVANCHE DE GRISCHUK
Par Marc Quenehen, entraîneur Ligue Île-de-France
p. 54 PROGRESSONS !
STRUCTURE SICILIENNE APRÈS : bxf6 gxf6 Par Marc Quenehen, entraîneur Ligue Île-de-France
p. 57 LA CRÉATIVITÉ AUX ÉCHECS / FEDOSEEV-BOLOGAN : UN DUEL FASCINANT SUR L’OUEST-INDIENNE !
Par Vassily Ivanchuk
p. 60 LES FINALES INOUBLIABLES / CARLSEN-CARUANA : DÉCISIONS INTUITIVES EN BLITZ
Par Darko Anic
p. 64 DANS LE RÉTROVISEUR / FRIDRIK OLAFSSON (2)
Par Georges Bertola
p. 68 ANNONCES DE TOURNOIS
p. 72 HUMOUR : ÉCHEC ET... GAG ! :
Par Luc Deroubaix
Parties à visualiser et télécharger  
■ TAN-JU (R4)   
■ TAL-OLAFSSON   
■ TAN-JU (R5)   
■ GELFAND-NEPOMNIACHTCHI   
■ GRISCHUK-GUREVICH   
■ CARLSEN-CARUANA   
■ MAZE-MOUSSARD   
■ KOSTENIUK-EDOUARD   
■ APICELLA-MAISURADZE   
■ RAGGER-CHABANON   
■ FEDOSEEV-BOLOGAN   
■ TIMMAN-KASPAROV   
■ CARLSEN-ARONIAN   
■ CARUANA-SO   
■ KARJAKIN-ANAND   
■ MOUSSARD-PAVLIDIS