Les échecs sont un combat

« Voilà longtemps que j'avais en vue de commenter une partie d'échecs de telle manière qu'elle ait les apparences d'une histoire où ressortent les règles générales dans la réalité de l'action. » Par le Grand-Maître Édouard Goufeld.


Mestel,A Jonathan (2505) - Gufeld,Eduard (2480), Hastings, 1986 — Défense Est-Indienne [E84], par le Grand-Maître Édouard Goufeld.

1.c4

Voilà longtemps que j'avais en vue de commenter une partie d'échecs de telle manière qu'elle ait les apparences d'une histoire où ressortent les règles générales dans la réalité de l'action. Si vous êtes assis devant l'échiquier, vous devez lutter sans merci. « Le trait essentiel des Échecs, dans lequel la nature humaine trouve sa plus haute expression, est la lutte. » Emanuel Lasker (1868–1941). Cet article a été publié dans la revue Europe-Echecs numéro 367 des mois de juillet/août 1989.

1...g6

En tout premier lieu, il vous faut mobiliser votre armée, déployer vos forces de telle manière que vous puissiez facilement les faire manœuvrer au cours de la bataille. L'ouverture aux échecs est la préparation au combat, la mobilisation des forces au centre. Le centre a une telle importance parce qu'il est le point élevé d'où vous pouvez observer tout le théâtre d'opérations. L'essentiel de ce qui est réalisé dans l'ouverture obéit strictement à certaines lois. Si toutefois la partie se limitait à un code de lois, les Échecs auraient disparu depuis longtemps. Le paradoxe est que l'obéissance aux règles ne procure que 80% de ce que nous voulons réellement obtenir, et les 20% restant représentent les exceptions. La conclusion est simple : vous devez très bien connaître les règles afin de pouvoir aisément trouver les exceptions ! Formulons au moins deux lois : le premier commandement dans l'ouverture est de mobiliser rapidement les forces au centre. Le second est de s'emparer du centre avec les pions. Cela ne garantit pas de gain matériel et ne crée pas non plus de menace, mais cela empêche l'adversaire d'observer le premier commandement qui est de développer ses figures vers le centre. Les pions restreignent les forces ennemies, les coupent des cases centrales.

2.e4

Nous allons voir maintenant comment ces lois - et quelques autres - furent appliquées dans une partie concrète. — Les fanatiques de la défense Est-Indienne ne peuvent que sourire à un tel artifice dans l'ordre des coups.

2...g7 3.d4 d6 4.c3 f6

Après 4...♘f6

Que s'est-il passé dans les premiers coups ? Les Blancs ont de toute évidence réussi à s'emparer du centre avec leurs pions, les Noirs d'autre part ont mieux développé leurs forces. Cela rappelle la loi des vases communiquant en physique : un vase se remplit quand l'autre se vide. Si les Noirs permettent à leur adversaire d'occuper le centre avec des pions, ils ne ménageront aucun effort pour détruire ce centre. À leur tour, les Blancs essayeront de tenir leur acquis et en même temps de dépasser leur adversaire dans le développement.

5.f3

Le système Sämisch est né dans les premiers temps de l'Est-Indienne, dans les années 20. « Les Blancs ne connaissent-ils pas les lois de la stratégie ? » Réellement f2-f3 semble contraire à toutes les règles : les Blancs ne s'emparent pas du centre (comparer avec f2-f4), ils ne mobilisent pas leurs forces (questionnez le Cavalier en g1). Mais il faut respecter l'adversaire et prendre conscience de l'agressivité de la conception blanche : il apparaît que les Blancs veulent renforcer le centre et ensuite attaquer à l'aile-Roi. Qu'est-ce qui a donné naissance à ce plan agressif ? Certainement le pion noir en g6, tout comme le désir explicite des Noirs de roquer à l'aile-Roi. Incidemment quelques mots sur le roque. Le Roi ne devient puissant qu'en finale : dans l'ouverture et en milieu de jeu il est par contre faible et impuissant. Le roque est l'évacuation du Roi vers un lieu sûr, à l'écart des coups ennemis. Ainsi, vu les intentions noires, les Blancs sont en alerte : « Que se passe-t-il si je lance toutes mes forces à l'aile-Roi affaiblie par g7-g6 ? Je vais jouer f2-f3, ensuite Fc1-Fe3(Fg5), Dd1-Dd2, h2-h4-h5-hxg6, Fe3 (Fg5)-Fh6, Cc3-Cd5, éliminant tous les défenseurs du Roi. » C'est ainsi que les Blancs ont conçu une attaque dont le Roi noir est le principal objectif. Rappelons en passant ce que nous entendons par le mot « attaque » : c'est une tentative d'ouvrir des lignes dans le secteur où se situe l'objectif et d'échanger ou de détruire toutes les pièces qui le défendent. Face à ce danger, les Noirs doivent d'urgence concevoir le plan de contre-attaque. Mais avant tout, le roque.

5...0-0 6.g5

La ligne empêchant e7-e5. Le coup du texte est une certaine provocation : les Blancs incitent à h7-h6, ils retirent alors le Fg5 en e3 et après Dd1-Dd2 ils gagnent un temps par l'attaque du pion h6. Ici une autre règle importante des échecs entre en jeu : ne jouez pas vos pions là où vous êtes le plus faible ! Le pion « g » a été avancé et tout nouveau coup de pion dans ce secteur faciliterait à l'adversaire l'ouverture de lignes et affaiblirait la couverture de pions du Roi. Quel est le plan de défense des Noirs ? Avant tout, ils doivent comprendre que la tentative de construire une barrière infranchissable est vouée à l'échec. Tôt ou tard il en résulterait un étranglement complet. Par conséquent, la meilleure défense est une contre-attaque. Il est clair qu'une contre-attaque est aussi une tentative d'ouvrir des lignes. Mais où ? Le centre est certainement le meilleur endroit. Et nous ne devons pas oublier que le Roi blanc y est encore. C'est le point ennemi le plus faible. Bien sûr, la méthode classique comporte le coup c7-c5. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, les positions survenues après 6...c5 7.d5 e6 8.Dd2 sont la plupart en faveur des Blancs. C'est pourtant la suite la plus normale pour les Noirs si l'on en croit toutes les lois de l'Est-Indienne. Mais hélas ! aux échecs, comme dans la vie, tout est soumis à la mode. C'est pourquoi, après réflexion, je choisis une autre ligne que je connaissais fort bien quand elle est liée à 6. Fe3.

6...c6

Essayons de comprendre le plan des Noirs. Les Noirs semblent inviter le pion d4 à attaquer leur Cavalier. Toutefois, après 7.d4 Ce5 les Noirs vont jouer c7-c6! et réaliser leur intention première : ouvrir des lignes pour la contre-attaque, ouvrir un second front et détourner des forces ennemies pour la protection de leur Roi. Il est compréhensible que les Blancs ne veuillent pas céder à cette tentation. Suivons le coup des pensées des Noirs : « Les Blancs ne vont probablement pas dissimuler leur Roi à l'aile-Roi car ils ne seraient plus en mesure d'y attaquer. Ils ne vont pas davantage le laisser au centre où il pourrait succomber aux coups de l'ennemi. Aussi vont-ils l'évacuer à l'aile-Dame ; et c'est bien entendu là que les Noirs doivent ouvrir le second front ! Comment le faire ? C'est facile : Cb8-Cc6, a7-a6, Ta8-Tb8 et au moment convenable, b7-b5 ». De cette façon, le coup quelque peu paradoxal 6...Cc6 devient compréhensible. Les Noirs suivent le commandement : développer ses pièces vers le centre. Les Blancs ont un point vulnérable dans leur position : d4, en particulier après Fg5. Ne pensez-vous pas que f2-f3 a laissé échapper le minime avantage que les Blancs ont au commencement de la partie ? Pour moi, 5.f3 est contraire à la logique de l'ouverture et après ce coup les chances sont égales.

7.ge2

Développement et prophylaxie tout à la fois. Le conducteur des Blancs est conscient de la nécessité de contrôler d4. Si 7.d2 e5 8.d5 d4 et le Cavalier noir occupe une position avantageuse d'où il peut surveiller toute la position. 9.ge2 est contré par 9...c5! avec l'intention de jouer ...a6, ...Tb8 et ...b5. Et si 10.dxc6 bxc6 et l'échange en d4 est à l'avantage des Noirs. 11.xd4 exd4 12.xd4 h6 13.xf6 (13.e3? d5 14.d3 xe3 15.xe3 b8-+) 13...xf6 14.d2 b8 etc.

7...a6 8.d2 b8 9.h4

Après 9.h4

En aucun cas un acte amical envers le Roi noir. En fait c'est le signal du déclenchement des opérations. Les plans des deux camps sont désormais clairement tracés.

9.c1 d7 10.b3 b5 11.d5 e5 12.f4 xc4 13.bxc4 b4 14.xf6 exf6 15.d1 e8 16.g3 f5 17.h3 c6 18.0-0 b6+ 19.f2 xe4 20.g2 ee8 21.dxc6 xc6 22.xc6 xc6 23.d4 xd4 24.xd4 e1+ 25.f1 e2 ½-½ (59) LCZero v0.26.2 (3543)-Stockfish 202008, tcec INT 2020

9...h5!

C'est vraiment le cas où l'exception confirme la règle. Certes, 9...h5 ne renforce pas la défense, mais permet de gagner un temps précieux pour organiser la contre-attaque. En engageant une bataille il faut faire des concessions, redéployer ses forces, faire donner les réserves et tenir à distance les forces adverses sur l'autre aile du front.

10.0-0-0 Il n'y a pas de meilleur abri pour le Roi blanc. 10...b5 11.h6?!

Le désir des Blancs d'échanger le Fou noir est tout à fait compréhensible car c'est un élément de leur plan d'attaque. Il y a toutefois deux sérieuses objections à ce coup :

1. C'est une perte de temps. Les Blancs jouent deux coups pour échanger le Fou (Fc1-Fg5 et Fg5-Fh6) tandis que le Fou noir n'en a joué qu'un (Ff8-Fg7). Apparemment c'est une broutille, mais si nous comparons une partie d'échecs de 40 coups à une vie humaine de 80 ans, la perte de temps est égale à deux ans d'une existence !

2. L'échange du « bon » Fou contre le « mauvais » Fou. L'une des notions-clé des échecs est le concept de « mauvais » et de « bon » Fou. En échangeant des figures il faut toujours voir la différence entre les Fous. Voyons quel Fou est le meilleur du Fg5 ou du Fg7.

En finale il est facile de voir lequel des Fous est « mauvais » ou « bon », il suffit de regarder la position des pions. Dans l'ouverture et en milieu de jeu, les choses sont plus compliquées et le seul critère est, selon moi, la formation de pions au centre. Si quelqu'un a des doutes des mérites du Fg5 (avec les pions en d4 et e4), le Fg7 (avec les pions d6 et e7) est définitivement mauvais. Rappelons que les Noirs ont permis à leur adversaire de s'emparer du centre et ont joué Cb8-Cc6 avec l'idée de jouer tôt ou tard e7-e5 et avec le regret de fermer la diagonale de leur Fou. Après l'échange des Fous, le minus disparaît, aussi le moment est-il venu de jouer 11...e5!.

« Selon la machine, les Blancs devraient jouer 11.d5!? et après 11...bxc4 12.xf6!? un coup qui n'a jamais été joué dans la pratique. (12.g4?! xd5 13.exd5 b4 14.c3 c5 15.dxc6 e6 16.gxh5 a5-+ avec une attaque noire irrésistible.) 12...exf6 13.g4 avec un jeu clair. » Europe-Echecs

11...e5!

Après 11...e5!

Avec le Fou en g5 ce coup aurait pour riposte immédiate d4-d5.

12.xg7 xg7 13.dxe5

13.d5 a certains inconvénients positionnels. Tout d'abord les Blancs restent avec le « mauvais » Fou en f1 (les pions sont en d5 et e4), tandis que le Fou en c8 est « bon » (avec les pions en d6 et e5). En outre, 13...a5 devrait être suivi par 14.g3 et le potentiel d'attaque des Blancs décroît.

13.d5 serait contré par 13...bxc4 avec une contre-attaque dangereuse car les Blancs ne peuvent pas compléter leur développement. Le Fou en f1 est non seulement « mauvais » mais il est aussi aveugle, le Cavalier en e2 gardant d4 lui bouche la vue pour longtemps. Tout cela nous permet de tirer la conclusion qu'après 11.Fh6?! e5! les Noirs ont un léger avantage.

« Une partie jouée quelques années plus tard a confirmé ce jugement : 14.xf6 (14.e3!?) 14...xf6 15.d5 a7 (15...d8!?) 16.c3 b5 (16...c5!?) 17.xc4 d7 18.xb5 xb5 (18...axb5!?) 19.b1 b7 (19...d7!?) 20.c1 (20.xb5!?) 20...fb8 21.c2 d7 22.d1 d8 23.a1 b4 et rien n'est clair. 0-1 (45) Schneider,A (2390)-Kahn,E (2390) Budapest 1993 » Europe-Echecs

13...dxe5

Erroné serait 13...xe5? Après 14.cxb5 axb5 15.f4 les figures blanches reviendraient à la vie et la partie serait radicalement modifiée en faveur des Blancs.

« Edouard Goufeld est ici pessimiste. En effet, après 15...b4 16.cd5 xd5 17.xd5 c5 l'attaque noire est la plus rapide. Une partie a continué par 18.f4?! c6 19.f5 a8 20.g4? xa2 21.gxh5 a1+ 22.c2 d4+ 23.d3 xd1 24.f6+ xf6 (24...h7-+) 25.h6+ h8 26.xf6 xd2+ (26...c4+!-+) 27.xd2 e6 28.e3 a8 29.h5 et dans cette position clairement favorable aux Noirs les joueurs se sont accordés pour partager le point. ½-½ (29) Poletov,V (2329)-Bairachny,R (2442) Tula 2000 » Europe-Echecs

14.g5?!

L'agression la plus directe bien que dans une position inférieure il soit nécessaire de rechercher des simplifications. Mais Mestel n'a pas joué h4, 0-0-0 et Fh6 pour annuler en finale avec des cases noires chroniquement faibles et le « mauvais » Fou en f1.

14.e3 e7 15.d5 xd5 16.cxd5 a5 17.c3 b7 18.d3 c5 19.xc5 xc5 20.b4 b7 21.b2 d7 22.c1 fd8 23.hd1 c6 24.dxc6 xc6 ½-½ (50) Wiedenkeller,M (2453)-Stewart,N (2356) Germany 2001

14...e7 15.d5

Il n'y a pratiquement pas de meilleur coup. Le téméraire 15.g4? hxg4 16.h5 est contré par 16...h8!-+

15.g3!? bxc4 16.xc4 h8?! 17.f5+!? xf5 18.exf5 b4? 19.b3 f4+?! 20.xf4 exf4 21.fxg6 fxg6 22.d5 a5 23.c2 xd5 24.xd5 c4 25.d7+?! h6 26.xc7 hc8 27.xc8 xc8 ½-½ (60) Ostrowski,A (2245)-Zimmerman,Y (2340) Oberwart 1998

15...xd5

Après 15...♘xd5

16.exd5?!

Un coup intéressant mais pas clair. Il ne faut pas imaginer qu'un GMI ne comprenne pas que le « sec » 16.cxd5 était plus sûr. Mais Mestel voit que dans ce cas les Noirs ont deux possibilités prometteuses : 16...xg5+ (ou 16...f6 17.d2 d8 suivi de ... Cf7, ... Tfd8, ...Fd7, ...Tbc8 et ...c6.) 17.hxg5 a5 18.c3 b7 suivi de ...Cd6 et ...c6. Par conséquent il concède l'importante case f5 et fait une tentative désespérée pour ranimer son Fou malade en recherchant des complications tactiques. Nous sommes maintenant témoins du duel tendu entre les deux Cavaliers. Le Cavalier noir envisage d'aller en d4, et le Cavalier blanc attend que le Cc6 ait quitté sa place pour permettre à son Fou d'entrer en action.

16...f6

Le seul coup. Si 16...xg5+ 17.hxg5 le Cavalier noire doit se retirer et les Blancs ont l'avantage : ils contrôlent la case e4 et le pion e5 est un peu faible.

17.d2

Pratiquement forcé. Mais où le Cavalier noir peut-il aller à présent ? Après 17.e3 a5! les Blancs ne pourraient pas organiser la coordination de leurs forces et ils pourraient subir une forte attaque.

17...d8!

Après 17...♖d8!

Ce clouage est le leitmotiv de la stratégie noire ! Le Cc6 demeure en position pour contrôler la case névralgique d4.

18.g4!

Mestel adhère au principe « La meilleure défense c'est l'attaque ». Le coup du texte procède logiquement du jeu blanc précédent et je l'avais évidemment attendu. Il semble qu'après gxh5 et Thg1 la position noire soit vite critique, lointaine conséquence de ... h7-h5.

18.c3 est contré par 18...d4! suivi par la préparation de ...c6. Il en ressort que les Blancs ne peuvent pas achever leur développement de leur aile-Roi. Que peuvent-ils faire ?; La Dame blanche devrait peut-être se retirer, mais 18.e3 est mauvais à cause de 18...a5.

Aussi ne reste-t-il que 18.e1!? Stop ! C'est le moment d'un calcul détaillé des variantes. Si jusqu'à présent les Noirs se sont basés sur les lois générales du combat échiquéen et la compréhension théorique de problèmes variés, il est temps de redescendre au niveau des calculs concrets. Et si nous y parvenons nous aurons une unité particulière de la théorie et de la pratique. Comme disait Fischer : « La beauté réelle du jeu d'échecs réside dans l'analyse des variantes ». 18...c5!! 19.dxc6! (19.c3? d4 20.e4 Le Cavalier en d4 est beaucoup plus stable que son collègue blanc, et en plus il est dans le camp adverse. « Un jugement confirmé par la partie suivante : 20...e7 21.c3 f5 22.d3 bxc4 23.xc4 xe4 24.fxe4 b6?! (24...c6!-+) 25.b1 db8 26.b3 a3 27.b2 b4 28.c1 a5 0-1 (35) Kobylkin,E (2347) -Shvyrjov,I (2413) Lugansk 2007 » Europe-Echecs) 19...e3+ 20.b1 (20.d2? bxc4-+) 20...f5+ 21.a1 bxc4 22.g3 xd1+ 23.xd1 d8 24.xf5+ gxf5 25.b1

« Nous avons donné jusqu'ici les variantes de Goufeld, mais maintenant Stockfish trouve la seule manière de continuer pour les Noirs : 25...d4! (25...c3? analysé par Goufeld est réfuté par 26.c4!+- Stockfish) Goufeld donne seulement les lignes suivantes : 26.xa6? d2 27.g1 (27.b3 d4 28.g1 b4-+) 27...cxb2+ 28.b1 c3-+ et les Noirs gagnent.; b) 26.b3 c2 27.xc2 e1+-+; ) 26.xc4 xc4 27.xf5 c1+ 28.xc1 xc1+ 29.b1 xc6 avec une nulle probable. » Europe-Echecs

18...bxc4!

Je ne cède jamais l'initiative pour un gain matériel. Plus encore, durant la partie je crus que 18...hxg4 19.h5 (J'étais plus embarrassé par 19.fxg4 xg4 20.h3 (Dangereux est 20.g1 f5 21.e3 a5 22.d4 (22.f4 xd1 (22...xc4 23.xc4 bxc4 24.e6+ g8 25.xe5 d7 26.de1 et rien n'est clair.) 23.xg6+ h7 24.e6 f7 (24...xh4? 25.xe5+-) 25.xe5 e8 et rien n'est clair.) 22...b6! 23.e1 xc4 24.xc4 bxc4 25.e6+ avec attaque.

« Mais Stockfish donne 25...xe6! 26.dxe6 d5!-+ et les Noirs sont gagnants. » Europe-Echecs) 20...xh3 21.xh3 c5!) 19...g5 perdait à cause de 20.c2 gxf3 21.g3 Certes, je vis plus tard qu'après 21...d4! 22.g6+ h8! le pion blanc protégeait le Roi noir et que rien de réel ne le menaçait.

19.c3

Après 19.♘c3

Ce coup de Mestel requérait un calcul extrêmement précis. 19.gxh5 b4! 20.c3 f5 21.xc4 c5 Et qu'arrive-t-il après 22.b3 Ce coup me tint en éveil un mois durant : il est clair que les Noirs sont O.K., mais peuvent-ils gagner ? Je me torturai en essayant de trouver le gain, mais je crus que, tel un problème d'algèbre, tout devait finalement « coller ». M'étant réveillé un matin, je ne pus en croire mes yeux : il apparaissait qu'il y avait le simple coup 22...xd5!! gagne ! 23.xd5 (23.xd5 xd5-+) 23...xc4+!-+ 24.c3 (24.bxc4 b1#) 24...xc3+ 25.xc3 gxh5 avec un avantage noir décisif.

Sur 22.b3 Vous pouvez imaginer combien je fus heureux que je découvris le coup tranquille meurtrier 22...a5!! Les Noirs menacent 23...a4 24.Fxa4 Cxa2 mat. La seule défense est 23.e2 a4 24.c4 et maintenant 24...d3!! 25.xd3 xa2+ 26.c2 a3! (26...xb2+ 27.xb2 xc3! (27...xc3+? 28.xa2 b8 29.b1+-) 28.c2 b8+ 29.c1 a3+ 30.d2 b2-+) 27.b1 xb2+! 28.xb2 xc3+ 29.b1 axb2 30.c2 b8-+ et la position blanche est sans espoir. Ces découvertes m'emplirent de joie et de satisfaction créative parce qu'avant tout j'apprécie la logique et la constance de l'art des échecs.

19...hxg4!

« 19...d4! est aussi très bon, même après le 20.g2 qui, selon Goufeld, "pouvait changer radicalement la position". En fait il n'en est rien après 20...b4 21.h2 b5 22.gxh5 f5 23.e4 c3 24.hxg6 xe4 25.fxe4 a3 26.b3 c2 27.h5 cxd1+ 28.xd1 d4+ 29.e1 h8-+ » Europe-Echecs

20.xc4

Le tempo de l'attaque blanche faiblit et la position s'effondre comme un château de cartes. Je devais prêter une sérieuse attention à la menace principale : 20.h5! g5 21.c2 les Blancs menacent de prendre en c6 et la Dame a l'intention d'envahir la forteresse du Roi noir, mais 21...d4! 22.g6+ f8 23.d6 (23.xc4 g7!-+) 23...cxd6 24.h6 (24.xd4 exd4 25.xc4 g7-+) 24...f5 25.h7 xg6 26.h8+ f7 27.xc4+ d5 28.xd5+ xd5 29.xb8?!

Après 29.♕xb8?! (analyse)

29...e2+! 30.xe2 c5+ 31.c3 e3+ 32.d2 xd2# Je dus calculer toute la variante en jouant 19...hxg4 parce que si il n'y avait pas le mat, les Noirs devaient abandonner.

20...d4

Après 20...♘d4

Le rêve du Cavalier est devenu réalité : il envahit la case centrale avec un effet considérable.

21.fxg4 xg4 22.df1 b4! 23.h5

23.b3 xc4 24.bxc4 b8-+; 23.xa6 db8 24.b3 xb3-+

23...xc4 24.hxg6 xc3+! 25.xc3

25.bxc3 a3+ 26.b2 (26.b1 b8+ 27.a1 b3+-+) 26...e2+ 27.c2 xb2+ 28.xb2 g3 et les Noirs gagnent.

25...e2+ 26.c2 xc3 27.h7+ xg6 0-1

Après 27...♔xg6 0-1

Après 27...xg6 si 28.xe7 xd5 et la Tour blanche est capturée. — David Bronstein a entièrement raison en affirmant : « Nourrir de la haine envers un adversaire, sacrifier toutes les richesses de son âme pour marquer un point, c'est misérable ! Votre adversaire est aussi un partenaire parce que vous créez ensemble la beauté sur l'échiquier ».

Mestel,A Jonathan (2505) - Gufeld,Eduard (2480), Hastings, 1986 — Défense Est-Indienne [E84]

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Les réactions (2)

  • PetitPrince

    Bel article !!!!!
    Merci beaucoup pour toutes ces explications
    et tous ces conseils...

  • ludor

    Superbe explication!!!!