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Reshevsky (1) — L’enfant prodige

Samuel Reshevsky, à l'âge de 10 ans, en 1921

Depuis la mort d’Alekhine le 24 mars 1946, le titre était resté vacant et Reshevsky et Keres étaient considérés comme les prétendants les plus sérieux pour être en mesure de s’approprier le titre mondial avec Botvinnik.

Né le 26 novembre 1911 à Ozorkow, une petite ville polonaise à proximité de Lodz, Samuel Reshevsky d’origine juive apprit à jouer aux échecs avant de connaître l’alphabet. De nombreuses photos le montre en culotte courte affrontant des adultes expérimentés en simultanée.

En 1917 le petit Sammy se rendit au club d’échecs de Varsovie et fit très forte impression. Après avoir disputé une partie contre le grand Akiba Rubinstein (1882-1961), qu’il perdit logiquement, ce dernier lui prédit :« Un jour tu seras champion du Monde. »

Samuel Reshevsky à 9 ans

Comme petit garçon, à peine âgé de huit ans, Reshevsky était capable de jouer des parties dont le jeu puissant le fit entrer dans la catégorie des enfants prodiges. Très rapidement ses parents utilisèrent ce don pour l’exhiber dans des tournées, notamment dans les empires centraux et l’Europe de l’Ouest. Le champion du monde Max Euwe (1901-1981) témoigna :

Max Euwe et Samuel Reshevsky

« En 1919 Reshevsky a joué plusieurs séances de simultanées en Hollande. Dans l’une d’elles, j’étais alors âgé de dix-huit ans, je fus le seul de ses huit adversaires en mesure de partager le point. Ceci provoqua une grande sensation. »

Samuel Reshevsky en simultanée en 1920

La même année à Vienne, il joua une partie « sérieuse » contre le professeur Vidmar (1885-1962), un éminent Grand-Maître capable de rivaliser avec les meilleurs du monde. La rencontre provoqua quelques sourires amusés chez les spectateurs qui ne pouvaient imaginer qu’un enfant de huit pouvait mettre en danger un joueur aussi expérimenté. Mais peu à peu, alors que le jeune Reshevsky réussissait à s’imposer avec une position supérieure, ils changèrent d’attitude devant l’exploit apparemment impossible de l’enfant prodige. Vidmar ne trouva son salut qu’après une gaffe commise par son jeune adversaire qui n’eut plus qu’à s’incliner avec les honneurs.

Samuel Reshevsky en 1922

En 1920 il émigra avec sa famille aux Etats-Unis et pendant deux ans il poursuivit ce genre de pérégrinations qui fascinaient les foules et permirent à sa famille de vivre dans une relative aisance. Edward Lasker (1885-1981) avait payé 1600 dollars pour 4 séances de simultanées et une partie à la pendule et fut complètement épaté par la prestation du jeune prodige. Il lui fallut près de 70 coups pour remporter le duel. Furieux le jeune Sammy s’exclama : « Ceci est la dernière partie que vous pourrez gagner contre moi ! »

Samuel Reshevsky en 1921

Toutefois ce genre de spectacle fut assimilé à de l’exploitation du travail d’un enfant et, en 1924, un tuteur imposa une scolarisation conforme à celle de tout enfant de son âge. Pour la première fois de sa vie, Reshevsky fut contraint de s’asseoir sur les bancs d’école.

Pasadena 1932

Son retour à la compétition, au contraire, passa presque inaperçu. Son premier grand tournoi international fut celui de Pasedena 1932 où il dut se battre, après avoir encaissé 4 défaites, pour obtenir la 3ème place en compagnie de Dake et H. Steiner derrière Alekhine et Kasdhan.

En 1934 il termina des études supérieures à l’université de Chicago et c’est aussi l’année où il remporta son premier grand succès, le tournoi de Syracuse auquel participaient les meilleurs maîtres américains. Puis les échecs redevinrent sa priorité et il enchaîna les succès. 1935 une première place à Margate devant Capablanca, un premier titre de champion des USA à New York en 1936, une 3ème place en compagnie de Euwe et Fine derrière Botvinnik et Capablanca au super-tournoi de Nottingham la même année. Sa première place ex-aequo avec Flohr et Petrov à Kemeri en 1937 ne faisait que conforter son statut de candidat potentiel au titre de champion du monde.

Nottingham 1936

« Mon année échiquéenne la plus active fut 1937. Je participais à trois tournois individuels et une épreuve par équipes. Après cette longue tournée, je réalisais qu’un maître ne peut donner le meilleur de lui-même dans des compétitions incessantes et je résolus de ne jamais le refaire. » Reshevsky

Pourtant, au vu du calendrier des joueurs d’élite du début du 3ème millénaire, cela ressemble à une sinécure !

Paul Kérès
Samuel Reshevsky

« Reshevsky » commente

Keres,Paul - Reshevsky,Samuel Herman — Kemeri (2) 1937

1.d4 d5 2.f3 f6 3.f4

« Un vrai soulagement de la routine, bien que 3.Ff4 ne pose pas de difficulté pour parvenir à l’égalisation avec les noirs. »

3...c5 4.e3 c6 5.c3 g4

« La conjonction des trois derniers coups noirs apporte définitivement l’initiative au centre (si 6.dxc5? e5). Puisque les perspectives du fou de cases blanches ne sont pas brillantes, les noirs jouent pour l’échanger contre le plus actif cavalier f3. »

6.bd2 e6 7.a4

« Avec l’intention 8.Ce5, l’autre possibilité était 7.Db3 Db6 (mais pas 7…Fxf3? 8.Dxb7 Ca5 9.Fb5 +– etc.) 8.Ce5. »

La pratique récente retient 7.b3 c8 8.e5 xe5 9.xe5 c4 10.c2 f5 11.d1 avec des chances égales (GM K. Georgiev)

7...xf3

« Evite un éventuel Ce5. »

8.xf3 b6 9.b1

« Puisque la dame est maintenant inactive, il aurait été plus précis de jouer 9.Dc2. »

9...e7 10.d3 0–0 11.0–0 fd8

« La position est approximativement égale. Les noirs ont de bonnes perspectives sur l’aile dame, alors que les blancs espèrent faire un bon usage de leur paire de fous et du contrôle de la case e5 pour construire une attaque sur l’autre aile. »

12.g3

« Une perte de temps. »

« Le bon coup était 12.h3 pour pouvoir retirer le fou avec l’intention de jouer Ce5 suivi de f4. Si alors 12...d6 13.g5 (mais pas 13.e5? xe5 14.dxe5 d7) et les noirs n’ont rien de mieux que » 13...e7 »

12...ac8 13.e5 h5!

« Un coup excellent qui effectivement écarte les possibilités d’une attaque de la part des blancs. »

14.c2 g6!

« Ce coup est mieux que 14…h6 car il prépare la marche générale entraînant les pions noirs. Toutefois les conséquences du coup de la partie doivent être calculées avec prudence, au vu des possibilités de sacrifice à disposition des blancs. »

15.xc6

15.xg6? hxg6 16.xg6 fxg6 17.xg6+ g7 18.h4 f8 19.h5 f6 les blancs sont perdus, incapables de poursuivre l’attaque. »

15...xc6 16.e5 f6

Après 16...f6

17.g3

« Initialement Keres voulait sacrifier par 17.xg6 hxg6 18.xg6+ g7 19.xf6 xf6 20.xf6 f8 avec une position qui aurait été difficile à évaluer, mais les noirs étaient mieux ; l’indécision des blancs aura un effet néfaste sur la suite de la partie. »

17...xg3 18.hxg3 g7

« Bannissant une fois pour toutes les possibilités d’un sacrifice. Les chances des noirs sont excellentes malgré les fous de couleurs opposées et les possibilités blanches sur la colonne h. »

19.g4?

« Probablement joué avec l’intention de poursuivre avec g3, Rg2 et Th1. 19.f4 était aussi inefficace à cause de l’intéressante réplique 19…e5! Le mieux était 19.dxc5 suivi de 20.e4. »

19...e5!

« Les noirs s’emparent de l’initiative au centre. Il est maintenant assez difficile de trouver un bon plan pour les blancs. »

20.e2 e6!

« Il est important d’éviter toute action prématurée au centre. Ainsi si 20...exd4 21.exd4 et les blancs peuvent tirer quelques avantages de la colonne e ouverte car les noirs ne peuvent jouer 21...e8 à cause de 22.b5; Et si 20...cxd4 21.exd4 e4 22.c2 suivi de 23.f3 avec des chances égales. »

21.be1 c7!

« Un coup utile qui consolide le jeu noir en apportant une protection supplémentaire au fou et facilitera le doublement des tours dans certaines circonstances. »

22.f3?

« Crée une nouvelle faiblesse sur l’aile roi. Les blancs auraient dû essayer 22.dxe5 fxe5 23.c4 e4 (23...d4 24.exd4 xd4 25.b3=) 24.b1 dxc4 25.f3 exf3 26.xf3 et bien que les blancs aient un pion de moins, ils ont de bonnes chances de nulle grâce au contrôle de la colonne f et par le fait que leurs tours jouent efficacement. » Optimiste après 26...cd7! 27.ef1 b5–+ le contrôle de la colonne "d" et la majorité noire sur l’aile dame apportent un avantage décisif. (Georges Bertola)

22...h8!

« Un bon coup qui menace 23…h5. »

23.c2?

« Donne une opportunité aux noirs de faire des progrès immédiats. Mais la position blanche était compromise dans tous les cas. »

23...b6!

« L’attaque simultanée de deux pions force l’échange qui va suivre, ce qui améliore grandement la position noire. »

Un logiciel préfère 23...exd4 24.exd4 b6 qui affaiblit davantage la diagonale et après l’intéressant 25.xe7+!? xe7 26.xe7+ f8 27.fe1 cxd4! 28.h1 les noirs ont des difficultés pour développer la tour h8. (Georges Bertola) (28.e8+? g7 29.1e7+ h6 30.xh8 d3+!–+)

24.dxe5

« L’autre possibilité était 24.b3 c4 (24...cxd4!?) 25.d1 d6 ui laissait les blancs avec une position très resserrée. »

24...fxe5 25.b3?

« Cela va s’avérer bientôt fatal à cause de la faiblesse résultant du pion b. 25.Fb1 était la seule chance. »

Après 25.b3?

25...c4!

« Décisif .»

26.d2

« Si 26.b4 d4! avec une position gagnante.; Ou si 26.bxc4 xc4 27.b3 xc3 28.xd5? xe3–+ »

26...d8!

« Menace 27…d4! Les perspectives sont maintenant définitivement sur l’aile dame. »

27.h1 cxb3 28.xb3

« Ou 28.axb3 c5 gagnant le pion c. »

28...a5! 29.c1 d4!

« Les deux derniers coups noirs ont forcé le gain d’un pion. La position blanche va s’écrouler très rapidement maintenant. »

30.exd4 exd4 31.fd1 dxc3 32.e3 xd1+ 33.xd1 g5!

« L’échange des dames est la voie la plus facile. »

Après 25...♕g5!

34.d4+

« Si maintenant 34.xg5 xg5 35.c2 e7 et gagne. »; « Mais pas 34.e6? h4+ 35.g1 c5+ 36.f1 f2# »

34...h6 35.f2

« Les noirs menaçaient de gagner la dame avec 35…Dh4 suivi de 36…Fc5. »

35...h4+ 36.xh4+ xh4 37.h2

« Ou 37.g1 g3 38.c2 e7 39.f1 e3 suivi de la centralisation du roi noir. Les fous de couleurs opposées sont sans importance dans cette finale. »

37...g5 38.c2 e7 39.d3 d2 40.g3 e2 0–1

Après 40...♖e2 0–1

« Si 41.Fd1 c2 42.Fxc2 Fe1 avec gain d’une pièce. »

« Une victoire dont je suis très fier. »

Des commentaires essentiellement stratégiques qui n’ont pas la profondeur d’Alekhine mais néanmoins très instructifs.

Reshevsky faiblit vers la fin du tournoi et c’est grâce à une dernière victoire hasardeuse contre Karlis Ozols (1912-2001) qu’il réussit à se maintenir dans le trio de tête.

Son adversaire, un Letton qui endossera l’uniforme « SS » dès 1941 pour contribuer activement à la solution finale trouvera refuge en Australie après la seconde guerre mondiale. Il fut dénoncé comme criminel de guerre pour son engagement au service des nazis à la tête d’un « escadron de la mort ».

Karlis Ozols

Il sera accusé d’être responsable de milliers d’assassinats en Lettonie et dans le ghetto de Minsk et son procès s’ouvrira en 1992 mais son décès mettra un terme à cette affaire qui sera classée sans suite en 2003. (Kings, Commoners and Knaves E. Winter – p. 246-47 Russell Enterprises 1999)

Samuel Reshevsky en 1937

Ozols,Karlis - Reshevsky,Samuel Herman, Kemeri (15), 1937

1.c4 e5 2.c3 c6 3.g3 g6 4.g2 g7 5.e3 ge7 6.ge2 0–0 7.0–0 d6 8.d5 f5 9.d3 b8 10.ec3 a6 11.a4 d7 12.b1 xd5 13.xd5 a7 14.e4 g4 15.f3 e6 16.e3 c8 17.b4 c6 18.b6 xb6 19.xb6 d5 20.c2 f5 21.exd5 cxd5 22.c5 h5 23.b5 axb5 24.axb5 fc8 25.fe1 f6 26.c1 g7 27.e2 e8 28.c3 d7 29.b3 f7 30.c2 h4 31.g4 e6 32.b4 d7 33.h3 d4 34.d2 g5 35.d1 d5 36.a5 fxg4 37.fxg4 xg2 38.xg2 d5 39.b6 e4 40.dxe4 xe4 41.e1 d3 42.e2 f8 43.c7 bc8 44.d6 f7 45.h2 c4

Après 45...♕c4

46.b4?

Le livre du tournoi indique 46.f2! d3 47.e3 suivi de 48.Tbf1 etc. avec une position peu claire.

46...d5 47.h1??

La gaffe qui perd sur le champ !

47...xc5!! 48.xc5 e5+ 49.xe5 xe5+ 50.g1 e1+ suivi du mat. 0–1

Après 50...♕e1+ 0–1

Rapidement Reshevsky fut considéré par ses pairs comme un lutteur tenace en défense, jouant pour le gain, n’hésitant pas à prendre des risques mais son jeu révélait quelques faiblesses. Elles lui barrèrent sans doute la route pour le titre mondial comme le pointa le GM Stahlberg (1908-1967) :

Gideon Stahlberg

« Son point faible réside sans doute dans sa méthode de traiter les ouvertures, même si Reshevsky a produit de nombreux chefs-d’œuvre stratégiques. Son répertoire d’ouvertures est très limité et c’est seulement au cours de ces dernières années qu’il s’est mis à étudier la théorie moderne, un domaine dans lequel les maîtres russes ont joué un rôle important et obtenu des résultats sans égal. Il ne possède pas la richesse des idées d’Alekhine ni la capacité de s’emparer de l’initiative de Botvinnik et, en dépit de sa volonté de lutter, beaucoup de ses parties donnent une impression incolore.» (Chess and Chessmasters G. Bells and Sons 1955)

Alexandre Alekhine en 1938

Un autre problème récurrent chez Reshevsky fut sa difficulté de gérer sa pendule, entrant régulièrement en « zeitnot », ce qui fit dire à Alekhine :« Je réussirais certainement à vaincre Reshevsky dans un match. Il entre toujours en crise de temps dans ses parties. Un handicap que l’on ne peut pas se permettre face à un adversaire de valeur égale. »

New York 1936

Champion des USA

Après avoir remporté quatre titres consécutifs de champion des USA (1936, 1938, 1940 et en 1942 à égalité avec Kashdan) Samuel Reshevsky était considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde. Sa victoire en 1942 fut toutefois entachée par un parfum de scandale car elle n’avait pas été sans problème. Lors de la 6ème ronde, face à Arnold Denker (1914-2005), survint un incident notoire. Denker avec les noirs avait obtenu, malgré un pion de moins, une finale facilement nulle. Le drapeau de Reshevsky tomba et Denker logiquement pensait avoir gagné au temps. Le directeur du tournoi s’empara alors de la pendule puis revint pour faire face à Denker après quoi il déclara que la partie était perdue pour Denker ! Bien que plusieurs témoins fussent présents, le directeur du tournoi, Walter Stephens, maintint sa décision et donna le point à Reshevsky. L’attitude de Reshevsky face à ce cadeau fut loin d’être glorieuse puisqu’il se tint à l’écart sans chercher à contester la décision et accepta le point. (Source: Samuel Reshevsky S. W. Gordon McFarland 1997). Pour clarifier cette situation peu honorable, il fut décidé d’un match de départage en quatorze parties, joué d’octobre à décembre 1942 à New York, contre Isaac Kashdan (1905-1985). Il lui permit de s’imposer sur le score sévère de 7,5 à 3,5 points. (+6 -2 =3). Pourtant il débuta de manière incertaine car après quatre parties les deux antagonistes étaient à égalité avec deux victoires chacun. De plus, le jeu de Reshevsky ne ralliait pas tous les suffrages, voici le jugement porté par Lasker (1) et Euwe (2):

« Le style de Reshevsky est souvent critiqué et décrié. Les critiques se résument à deux points essentiels. Il gagne parce qu’il a de la chance (1) et son jeu est extrêmement ennuyeux. (2) »

Samuel Reshevsky et Isaac Kashdan en 1942

Voici la première partie qui opposa Reshevsky à Kasdhan, pour alimenter le débat :

Reshevsky « commente »

Reshevsky,Samuel – Kashdan,Isaac, Ch playoff–1 USA, New York 1942

1.d4 f6 2.c4 g6 3.c3 d5 4.f4 g7 5.e3 0–0 6.b3

Reshevsky évite d’entrer dans le débat engendré par la prise du pion qui survient après 6.cxd5 xd5 7.xd5 xd5 8.xc7 a6 9.xa6 (Retirer le fou est risqué après 9.g3 e5!? 10.xe5 xe5 11.dxe5 a5+ 12.d2 b4 13.f3 f5 suivi de l’arrivée des tours sur les colonnes ouvertes.) 9...xg2 10.f3 xf3 11.xf3 bxa6 12.c1 f6! empêche le cavalier d’être actif. 13.g1 f7 qui offre des chances égales après plusieurs décennies de luttes.

6...c5!

« Après ce coup, qui engendre des complications sans fin, je réalisais que mes soupçons d’une préparation adverse étaient fondés. »

7.dxc5

« Le gain d'un pion avec 7.cxd5 cxd4 8.exd4 bd7 9.e2 b6 10.f3 ne me plaisait pas car après 10...g4 les noirs regagnaient bientôt leur pion avec au moins l’égalité. »

7...e4!

« Un coup difficile à contrer de manière adéquate. »

8.cxd5

« Ainsi 8.xe4 dxe4 9.e2 (Une autre possibilité est 9.a3 e5 10.g3 f5 11.e2 e6 et à nouveau les blancs ont une position difficile. ») 9...a5+ 10.c3 a6 et les noirs regagnent le pion dans d’excellentes conditions, le pion e5 restreint grandement le développement des pièces blanches tout en accentuant la pression sur d3. »; 8.xd5? a5+–+

8...a5 9.ge2 xc5 10.d1!

« Plus sûr que le coup de Capablanca contre Flohr (AVRO 1938). Après 10.Dc4 les noirs disposent de la puissante riposte 10…e5! »

10...e5 11.g5!

« Une manœuvre profonde et bien calculée. »

11...f6

« Si 11...e4 12.e7 e8 13.a3 assurait une partie sans problème car 13...b5? (13...d7 Fine) était réfuté par 14.b3! Alekhine

12.a3!

« Une ressource inattendue. »

Après 12.a3!

12...e4

Après 12...fxg5 13.b4 b6 14.bxc5 xc5 15.e4 les noirs auraient l’égalité sur le plan matériel mais la position faible des pions restait un problème pour eux. 15...a5+ 16.d2 xd2+ 17.xd2 g4 18.2c3 ,etc. Alekhine

13.h4 g5 14.g3 f5 15.f3 xc3 16.xc3 f4 17.f2 e4 18.c1

Après 18.♖c1

18...f5

« Fine recommandait 18...exf3 19.gxf3 fxe3 20.xe3 e8 mais le simple 21.d2! conservait l’avantage. »

19.e2

« Enfin le roque est en vue. »

19...exf3 20.gxf3

Plus simple que 20.xf3 qui créait des complications après 20...e8 21.d2 fxe3 22.xe3 b6 23.f2? (23.e4! Georges Bertola) 23...xe3! etc. Alekhine

20...fxe3 21.xe3 d7 22.0–0!?

« Après avoir utilisé beaucoup de temps, les blancs préfèrent mettre le roi à l’abri plutôt que d’entrer dans des complications douteuses, si 22.xg5 ac8 (22...b6!? Alekhine) 23.d2 fe8 etc. Les blancs ont un bon pion de plus et devraient être capables de continuer leur progression avec un jeu prudent. »

22...ae8 23.d4

« Consolide la position. 23.Fxg5 aurait permis de répondre efficacement avec 23…Db6. »

23...e5 24.h1 a6

« Autrement les blancs pourraient jouer 25.Cb5 avec les menaces 26.Cd6 ou 26.b4. »

25.d6 h8

« Pour parer la menace 26.Db3. L’avance du pion d6 peut paraître audacieuse mais j’étais confiant que je réussirai à le conserver ou obtenir une compensation pour sa perte. »

26.b4!?

« Jouant pour les complications. Le prosaïque 26.Ce4 était aussi très bon. »

Après 26.b4!?

26...d8

Selon Fine l’erreur fatale, il préférait 26...xa3 mais 27.d5! indiqué comme gagnant par Alekhine semble correct, si 27...a2 28.c4!? l’idée de Reshevsky. 28...xc4 29.xg7+? (ici le coup intermédiaire 29.f2! était sans doute décisif.) 29...xg7 30.d4+ h6! et la position n’est pas claire. Les blancs ont plusieurs manières de gaffer 31.xc4? (ou si 31.xc4? il y a l’incroyable 31...e4!!–+ qui gagnait sur le champ.) 31...xc4 32.xc4 d3–+

27.d5 g4?

« Si 27...xd6 28.c5 gagnait la qualité. » Sans doute mais c’était la meilleure façon de naviguer en eau trouble.

28.c7! gxf3

Si 28...h4? 29.xe8 g3 30.f2! (30.g1? h3 31.f2 gxf2 32.xg7 fxg1+ 33.xg1 g8=) 30...gxf2 31.xg7+– Alekhine

29.xf3 xf3 30.xg7+ xg7 31.xe8+ xe8

« Ou 31...xe8 32.c7+ h6 33.xf3 e4 34.d2+ g5 35.xh7+! »

32.c7+ g8 33.e7 g6 34.d5+ h8 35.xf3 1–0

Après 35.♖xf3 1–0

Reuben Fine (1914-1993) se fit l’avocat de la défense du jeu de Reshevsky et, face à l’argument de Lasker, il constata qu’après un examen objectif il n’y avait pas vraiment une aide anormalement élevée du facteur « chance » dans ses parties. (Pas plus que dans celles de Lasker !). Le point de vue d’Euwe était plus pertinent :

Rueben Fine

« Reshevsky aime et joue toutes sortes de positions avec aisance, c’est ce qui le distingue des autres prétendants. Même des positions qui n’amènentrien, ou qui pour les autres semblent ne rien apporter, il les conduit avec une vivacité pareille à nul autre. Pour Reshevsky les positions ennuyeuses n’existent tout simplement pas. Ce jugement, en ce qui le concerne pourrait être revu et corrigé : - Les positions que ses adversaires trouvent ennuyeuses- » (Source : Meet the Masters Euwe Pitman & Sons 1940)

Isaac Kashdan, 1942
Samuel Reshevsky, 1942

Le véritable point fort de Reshevsky nous est révélé par la partie suivante.

« Reshevsky est le tacticien par excellence ! Quelle que soit la nature de la position, il est rarement disposé à accepter tout jugement conventionnel et il épuisera toutes ses ressources avant d’admettre qu’il a tort. Ceci est l’essence de sa philosophie aux échecs. » Fine

Reshevsky,Samuel – Kashdan,Isaac, Ch playoff USA (3), New York 1942

1.d4 f6 2.c4 g6 3.c3 d5 4.b3 dxc4 5.xc4 e6 6.d3 g7 7.e4 c6 8.f3 0–0 9.e2 e8 10.0–0 d6

Une manoeuvre qui vise à échanger les fous de cases blanches encensée par Alekhine et qui laissa Reshevsky dubitatif.

11.c2

11.b3 c5! 12.dxc5 (12.e5 cxd4!; 12.d5 g4) 12...xe4! Reshevsky; À considérer était l’immédiat 11.e5!? c4 12.d2 xe2 13.xe2 f5 14.d1 avec la case e4 pour le cavalier et la menace de rupture e5–e6.

11...c4 12.f4 xe2 13.xe2 b6

« Comme les blancs clairement n’ont pas intérêt à échanger les dames, cette dernière va occuper une forte position sur a6 et en même temps exercer une certaine pression sur l’aile dame. » Alekhine

14.ad1 a6 15.d3

« Accepte le défi. Les blancs réalisent que, dans certaines variantes, la tour peut être en danger ; mais la difficulté momentanée sera compensée par une éventuelle possibilité pour cette tour de participer à l’attaque sur l’aile roi. » Reshevsky

Après 15.♖d3

15...d7 16.e5 b5!?

« Si 16...f5 17.g4 h6 18.h3 e malheureux cavalier était hors-jeu pour le reste de la partie. » Reshevsky

17.g5

Selon Alekhine et Reshevsky l’impétueux 17.e6 ne conduisait nulle part après 17...xc3 18.bxc3 fxe6 19.xe6+ h8 20.e3 xf4 21.xd7 f6 etc. Pourtant 22.Tfe1 +– qui menace 23.Txe7 infirme ce jugement.

17...xc3 18.bxc3 h6 19.e4 c5!

« Maintenant les noirs ont obtenu une situation favorable, la colonne c et une majorité de pion sur dame. » Alekhine

20.fd1 cxd4 21.cxd4 ac8 22.d2 fd8!

« Kasdhan a mené sa partie admirablement jusqu’ici ! » devait reconnaître Reshevsky.

23.h4!

« Si 23.xh6 xe5! 24.dxe5 xd3 25.xd3 xd3 26.xd3 xh6 27.g3 est à peu près égal. » Reshevsky

23...h7?! 24.h5 g5 25.g3

« 25.xg5! était très tentant et probablement gagnant après 25...hxg5 » Reshevsky. Une variante convaincante est 26.e6! f8 27.xg5+ g8 28.h6! xh6 29.h3+–

25...c4 26.f4 f5 27.c3 gxf4 28.xf4

« Jusqu’ici Kashdan a très bien joué. » Alekhine

Après 28.♗xf4

28...e6?!

Reshevsky pensait que ce coup était une triple faute, parce qu’il coupait la dame de l’aile roi, affaiblissait les cases noires et négligeait la ressource défensive 28...b6! 29.d5 a4 pointé par Fine avec du contre-jeu.; 28...e6!? Alekhine

29.g3 f8?

L’erreur fatale qui coupe la tour de la défense de l’aile roi.

30.xg7+!! xg7 31.xh6+ h7

« Si 31...f7 32.g5 b6 33.f6+ e8 34.xf8 gagnait. » Alekhine

32.g5 d7 33.xf8 xc3 34.g6+ h8 35.e8?

Après 35.♕e8?

La suite gagnante était loin d’être évidente dans cette situation de zeitnot, elle passait par 35.h6! cc7 36.g7+ xg7 37.hxg7+ xg7 38.h5+ h7 (38...g8 39.c1+–) 39.e8+ g7 40.e7+! h6 (40...g8 41.d8+ g7 42.f6+ g8 43.c1+–) 41.f6+ h5 42.f2! et l’arrivée de la tour sur la colonne h est imparable 42...xa2+ 43.g3! b3+ 44.f4! avec le mat en bout de variante.

35...cc7?

Reshevsky jugeait la position désespérée mais le coup à la fois agressif et défensif 35...g3!! sauvait la partie, par exemple 36.e7+ (36.xd7? e2–+) 36...h7 37.xd7 xg2+! avec un échec perpétuel si 38.xg2 (38.h1 h2+!=) 38...e2+=

36.e7+ g7 37.f8+ h7 38.f7+ 1–0

Après 38.♕f7+ 1–0

Cependant Reshevsky, après son match de départage victorieux pour le titre de champion des USA contre Kasdhan, cessa pratiquement de jouer pendant une année et demie. Depuis décembre 1941, suite à l’attaque des Japonais contre Pearl Harbor, les Etats-Unis étaient entrés en guerre aux côtés des Alliés. Les temps devenaient difficiles et Reshevsky avait axé son avenir sur d’autres priorités. La rareté des tournois et un emploi de comptable qui l’accaparait de plus en plus l’obligèrent à réduire son activité échiquéenne au strict minimum. Il ne défendra pas son titre en 1944 qui sera remporté par Arnold Denker.

Chess Review Janvier 1943

Donnons la parole à Alekhine qui écrivit à propos de Reshevsky en 1945 :

« Peut-on considérer que Reshevsky dispose de capacités suffisantes pour briguer le titre mondial ? Au vu de ses succès, de l’opinion de ses collègues (dont je fais partie) et de la presse d’avant-guerre, ceci nous permet d’affirmer qu’il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet. Mais pour être en mesure de se former une opinion définitive sur cette question, il serait nécessaire de connaître le point de vue de l’intéressé : Qu’est-ce que Reshevsky pense de ses chances ? Désire-t-il vraiment jouer un match pour le titre mondial ? Ceci est d’importance car, sans pouvoir compter sur la ferme décision du candidat, personne ne serait intéressé à l’heure actuelle à organiser une telle rencontre. Avant 1940 j’étais absolument certain que deux maîtres, Botvinnik et Flohr, voulaient combattre pour le titre. Aucun des deux matches n’a pu avoir lieu, et les prétendants mentionnés ci-dessus savaient parfaitement que j’étais décidé à les affronter. En ce qui concerne Keres, sa position en 1938-39, était moins résolue, il donnait l’impression de préférer laisser passer quelques années. Mais en 1943, peut-être influencé par les résultats désastreux qu’il a obtenu contre moi dans nos récentes rencontres (+3 =3 -0 en ma faveur) il a résolument déclaré qu’il n’avait plus la moindre intention de me défier dans un match. Fine aussi, en 1940, fit une déclaration analogue. Pour ma part, bien entendu, j’étais disposé à accepter tous les défis qui me viendraient de candidats compétents, tel est mon devoir en tant que sportif, je considère que le problème le plus difficile (et donc le plus intéressant pour le monde des échecs et moi-même) serait un match contre Botvinnik ou Reshevsky. Les deux joueurs ont cette stature, chacun avec sa propre personnalité, tous deux sont des lutteurs aguerris, tous deux ont poursuivi leurs activités échiquéennes dans leurs pays respectifs et ont démontré leurs capacités à maintenir leur fort niveau de jeu.»

(Source: 107 Great Chess Battles E.G. Winter Oxford University Press 1980)

A l’issue de la seconde guerre mondiale le meilleur joueur soviétique, Botvinnik, évacué de Leningrad peu avant l’arrivée des Allemands allait ainsi échapper au siège le plus long de l’histoire moderne (872 jours!) qui engendra des pertes colossales avec 1.800.000 victimes dont un million de civils. Reshevsky, juif d’origine polonaise, qui avait émigré aux Etats-Unis avait aussi échappé à l’extermination de la plus grande communauté juive par les Nazis, avec trois millions de victimes, soit 90% des juifs vivant en Pologne.

Keres, devenu citoyen soviétique en 1939 suite à l’invasion de l’Estonie par l’Armée Rouge, avait vu son pays passer ensuite sous occupation allemande dès 1941. Considéré comme un traître lors du retour des Soviétiques en 1944, il ne dut son salut, sans doute, qu’à sa notoriété de grand joueur d’échecs. Ce furent trois des plus grandes figures qui allaient marquer l’histoire des échecs de l’après-guerre, contraints bientôt de lutter dans une atmosphère très politisée avec le début de la guerre froide.

Reshevsky était-il en capacité de vaincre les meilleurs joueurs soviétiques ? Il était très talentueux mais une dure épreuve l’attendait et, lors du match par radio contre l’URSS en 1945, il s’inclina à deux reprises contre la nouvelle étoile montante Vassily Smyslov (1921-2010). Les lacunes de son jeu apparurent et révélèrent que les joueurs russes étaient mieux préparés, plus « professionnels », alors que Reshevsky avouait consacrer l’essentiel de sa préparation en jouant pleinement devant l’échiquier ce qui apparemment n’était pas suffisant.

Vassily Smyslov et Samuel Reshevsky

Cette partie fut citée en exemple dans « L’école d’échecs soviétique » (Moscou 1959 Kotov et Joudovitch) comme une contribution d’une analyse solutionnée « jusqu’à la fin ».

Smyslov,Vassily - Reshevsky,Samuel, USA-URS m radio (1), 01.09.1945

1.e4 e5 2.f3 c6 3.b5 a6 4.a4 f6 5.0–0 xe4

« En choisissant cette variante, Reshevsky espérait évidemment que je ne connaisse pas suffisamment à fond ce vieux plan d’attaque qu’il avait préparé pour notre partie. » Smyslov

6.d4 b5 7.b3 d5 8.dxe5 e6 9.c3 c5 10.bd2 0–0 11.c2 f5 12.b3 b6 13.bd4 xd4 14.xd4 xd4 15.cxd4 f4 16.f3 g3

Après 16...♘g3

17.hxg3 fxg3 18.d3

Cette position était survenue dans une partie Duras-Maroczy (Ostende 1906) qui s’était poursuivie avec 18.e1 h4 19.e3 g4 et une forte attaque.

18...f5!

« Les blancs menacent 19.Dxh7 avec une attaque dévastatrice, si 18...h4 19.xh7+ xh7 20.xh7+ xh7 21.d2 suivi par 22.Fe1 et 23.Fxg3 et les blancs ont un pion de plus.; « Ou 18...g6 19.e3 h4 20.h6 met un terme à l’attaque noire. » Reshevsky

19.xf5 xf5 20.xf5 h4 21.h3 xd4+

« Avec seulement une dame pour une tour et deux fous, les noirs doivent essayer de capturer le plus de pions possibles. Leur seule chance est d’avancer leurs pions passés avant que les fous ne se mettent au travail. » Reshevsky

22.h1 xe5 23.d2

Après 23.♗d2

23...xb2

Ici la partie Boleslavsky-Botvinnik se poursuivit avec 23...c5 24.ae1 xb2 25.f4 d4 26.xg3 d3 avec un jeu complexe. Reshevsky ne connaissait sans doute pas cette partie. ½–½ (89) Boleslavsky,I-Botvinnik,M Sverdlovsk 1943

24.f4 c5?

« Meilleur 24...d4! avec l’idée de limiter l’action des pièces blanches en avançant rapidement le pion d. » Smyslov

25.e6+

« Il est intéressant de constater que Smyslov avait utilisé moins de 6 minutes pour jouer ses 25 premiers coups alors que Reshevsky était déjà en sérieux zeitnot. » Botvinnik

25...h8 26.xd5 d8 27.ad1 c4 28.xg3 c3

Après 28...c3

« J’ai surestimé la force de ce coup. 28...f6 29.fe1 (29.e4 c3 30.xd8+ xd8 31.c2 et les pions passés sont bloqués. Smyslov) 29...h6+ 30.g1 c3 offrait de meilleures chances. » Reshevsky

29.e5! b4

« Les fous blancs ont conquis une position dominante au centre. Si 29...e2 30.xc3 xd5 31.de1! h5+ 32.g1 et grâce aux menaces de mat sur la 8e traverse, les blancs obtiennent un avantage décisif. » Smyslov

30.b3 d2 31.f4 h5 32.b1 f2 33.fe1 d2 34.bd1 b2 35.d8+ h7 36.g8+ g6 37.d6+ f5 38.e6+ g6 39.d5+ h7 40.e4+ g8 41.g6 1–0

Après 41.♗g6 1–0

« Entre les tournois Sammy ne regarde jamais un échiquier. Il débute un tournoi hors de toute pratique. Il retrouve la forme au cours des premières rondes pour être à son meilleur niveau lors des dernières parties critiques. Ce qui caractérise son jeu c’est qu’il débute mal pour terminer en force. » Horowitz & Kmoch

Un jeu basé sur le talent et l’improvisation en utilisant beaucoup de temps à la pendule était à l’opposé de l’attitude de Botvinnik. Il était au contraire exemplaire dans le travail préparatoire, voire scientifique des ouvertures, et, du point de vue sportif, il suivait un entraînement très rigoureux accompagné d’un régime strict pendant les compétitions.

Mikhaïl Botvinnik et Samuel Reshevsky en 1946

Les deux hommes allaient se retrouver à Moscou en septembre 1946 dans le match revanche URSS-USA. Reshevsky n’avait pas participé au tournoi de Groningue 1946, le plus important depuis la cessation des hostilités, qui s’était terminé quelques jours avant et avait vu la victoire de Botvinnik devançant Euwe et Smyslov. C’était le champion américain en titre Denker qui représentait les USA et les absences de Reshevsky et Keres furent particulièrement remarquées. Depuis la mort d’Alekhine le 24 mars 1946, le titre était resté vacant et Reshevsky et Keres étaient considérés comme les prétendants les plus sérieux pour être en mesure de s’approprier le titre mondial avec Botvinnik.

Le grand duel allait les opposer en 1948 et, pour la première fois depuis la création de la FIDE, un joueur américain était un candidat au titre de champion du Monde. Ceci fera l’objet de ma prochaine chronique.

 
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Je tiens à remercier Gérard Demuydt et le Musée Suisse du Jeux de La Tour-de-Peilz http://museedujeu.ch/fr/ pour m’avoir permis de consulter l’importante bibliothèque de feu Ken Whyld.

Georges Bertola

Rédacteur en Chef de la revue Europe-Echecs

Georges Bertola

Publié le 02/07/2018 - 08:00 , Mis à jour le 02/07/2018 - 18:06
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